Européennes

27 mai 2019 04:45; Act: 27.05.2019 06:35 Print

Bouleversement politique au Parlement européen

Après 40 ans de bipartisme, le Parlement européen se retrouve fragmenté comme jamais après les élections de dimanche.

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Le Parlement européen, à Strasbourg, dimanche soir. (Photo: AFP)

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Les forces pro-UE ont conservé une nette majorité au sein du Parlement européen, mais l'assemblée va devoir tourner la page de son bipartisme historique après un scrutin dont elle ressort plus fragmentée que jamais.

Premier enseignement: les chrétiens-démocrates du PPE et les sociaux-démocrates du S&D ne sont plus en mesure de constituer à eux seuls une majorité, tout en restant les deux plus grandes formations dans l'hémicycle. Les progrès des nationalistes et populistes, mais aussi ceux des libéraux et des Verts leur ont en effet coûté des dizaines de sièges sur les 751 dont est composé le Parlement européen.

Leurs groupes, avec environ 180 sièges pour le PPE et 150 pour S&D selon des projections, ne pourront plus rééditer la «grande coalition» qui leur a permis de bâtir des compromis sur des textes législatifs et de se partager les postes de pouvoir. C'est la fin d'une époque, celle d'un bipartisme en vigueur depuis près de quarante ans au Parlement européen.

Les Libéraux 3e

Selon des estimations à confirmer, la Ligue de Matteo Salvini pourrait devenir le parti national ayant le plus de membres au Parlement européen, à moins que cela ne soit le Parti du Brexit du Britannique Nigel Farage. Les résultats définitifs le diront.

L'ENL, où siègent actuellement des députés RN et de la Ligue, passerait de 36 membres à une soixantaine dans le nouveau Parlement, selon des projections. Le groupe populiste EFDD gagnerait lui une douzaine de sièges (pour atteindre 56 membres).

Les nationalistes, populistes et autres eurosceptiques, même s'ils progressent, restent toutefois loin de pouvoir revendiquer les premiers rôles au sein du Parlement européen. Et ce d'autant plus qu'ils sont divisés, en désaccord profonds sur certains sujets, et que les recompositions attendues de leurs alliances restent floues.

Si le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui n'a pas quitté le PPE malgré sa suspension après ses provocations anti-UE, «ne bouge pas, je ne vois pas comment les lignes des groupes actuels pourraient bouger», estime Eric Maurice, de la Fondation Robert Schuman.

«Ce ne sont pas les populistes et les nationalistes qui ont gagné le plus de sièges, c'est notre groupe pro-européen», a lancé dans la nuit de dimanche à lundi le patron du groupe libéral ALDE au Parlement européen, Guy Verhofstadt.

Ce groupe va en effet devenir, avec une centaine de sièges selon des projections, le troisième du Parlement. Grâce notamment à l'apport de la liste «Renaissance» soutenue par le président français Emmanuel Macron, même si elle n'a pas réussi son pari de devancer le RN de Marine Le Pen. «Aucune majorité solide ne sera possible au Parlement européen sans notre nouveau groupe», a prédit M. Verhofstadt.

Verts «indispensables»

Les Verts ont eux aussi revendiqué dimanche d'être devenus «indispensables», selon leur patron au Parlement Philippe Lamberts, après leur poussée remarquée de dimanche, qui leur permet d'envisager environ 70 sièges (contre 51). Ce nouveau paysage politique fragmenté va rendre la recherche de compromis plus complexe, que ce soit sur des grandes réformes ou sur des répartitions de postes de pouvoir à Bruxelles.

La course à la succession de Jean-Claude Juncker (PPE) à la présidence de la Commission européenne va fournir un premier test. Et ce dès lundi matin, avec le début de tracations entre les groupes politiques du Parlement européen.

Car si le nom d'un candidat à la présidence de l'exécutif européen doit être décidé entre chefs d'Etat et de gouvernement des 28, il doit ensuite obtenir une majorité, soit 376 voix, auprès des eurodéputés pour être élu. Après la recomposition du Parlement, une entente entre au moins trois groupes sera nécessaire.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Djaydjay le 27.05.2019 06:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pro Europe ?

    Alors les pro européens ? Enclin à rejoindre la droite dure de l'Europe ? Si même eux votent la fermeture c'est qu'il y a peut-être un message à comprendre non ? Allez les bisounours chantons tous en coeur !!!!

  • Marie le 27.05.2019 06:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Que de bonnes nouvelles ce matin

    La principale bonne nouvelle à retenir c'est qu'on sera enfin débarrassé de junker, cet incompétent notoire au bilan désastreux et aux addictions pathologiques. Il mérite d'être oublié comme un erreur de parcours. L'autre bonne nouvelle c'est la montée en puissance de la droite. La megalo soros doit en trembler, que c'est jouissif. L'heure des comptes approche

  • a morf le 27.05.2019 06:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et alors ?

    Ce parlement n'a aucun pouvoir. Il est un alibi pour faire croire a la democratie...et remplir les caisses des partis

Les derniers commentaires

  • Tom Granger le 27.05.2019 11:34 Report dénoncer ce commentaire

    Pas si mal

    Une plus grande pluralité politique est en soi une bonne chose. En outre, en contraignant les populistes à sortir du bois de l'opposition et à effectuer des actions concrètes on les placera face à leurs responsabilités sur les devants de la scène Européenne. En bon accélérationniste, j'ai hâte de voir les Farage, Salvini et autre Le Pen à loeuvre. Je prépare le pop-corn, quelqu'un en veut un peu ?

    • Johnson le 28.05.2019 14:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Tom Granger

      C'est ça qui est terrible, c'est qu'une fois de plus on prend les peuples pour des cons, ce parlement n'a aucun pouvoir. Donc quels que soient l'issue des votes, ils ne pourront rien faire. C'est la Commission qui détient le pouvoir d'initiative et de veto, ils font ce qu'ils veulent. Et comme on ne sait pas trop comment ils sont nommés... Mais comme par hasard elle est toujours composée d'europhiles zélés...

  • Jean Risdeja le 27.05.2019 10:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    toujours la même rengaine

    Les suisses anti UE jubilent dès que l'Europe se fragilise. Mais croient-ils vraiment que notre pays se portera mieux si elle disparaît ? On n'est plus en 1980, la mondialisation (malheureusement on ne peut pas y échapper) oblige les petits pays à former des alliances face aux mastodontes US, Chine, Inde, Russie etc...

    • Johnson le 28.05.2019 15:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Risdeja

      Malheureusement on ne peut pas y échapper. Donc parce que c'est foutu, on ne doit plus se battre ?? Je reste très fataliste face à la montée de la globalisation, car pour moi elle utilise les peuples comme chair à canon. C'est aux antipodes de la protection des peuples. Malgré mon fatalisme, cette globalisation et cet ultra libéralisme, je n'en veux pas. Et j'ai le droit d'être contre et le dire.

    • Johnson le 28.05.2019 15:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Risdeja

      Et puis, j'insiste, mais on peut être dans une alliance sans devoir transférer sa souveraineté !! Arrêtez de nous sortir les mêmes poncifs de propagande à chaque fois ! Les gens doivent réfléchir deux mêmes et faire un choix. Ce projet qu'est l'UE va au delà du projet économique, il a pour but la dissolution des peuples et des nations et le transfert des souverainetés. Sinon on en serait resté à la CEE. Les peuples ne sont JAMAIS consultés sur les lois européennes. Bientôt avec l'accord cadre, ce sera identique en Suisse.

  • Info le 27.05.2019 10:52 Report dénoncer ce commentaire

    cela se dégrade

    On vois la décadence de cette Europe elle commence a se démolir gentiment et cela dans tous les pays de lUE , enfin une bonne nouvelle .

    • Peursurlaville le 27.05.2019 12:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Info

      Mais oui mon brave Monsieur et vous le disiez déjà en 427 ... avant JC !

  • Norbert Rösti le 27.05.2019 10:43 Report dénoncer ce commentaire

    Rien de bon pour nous

    Les grandes puissances mondiales se frottent les mains de voir un rival affaibli. Les USA, la Chine et la Russie (bientôt le Brésil et lInde) vont nous piétiner avec délectation, sur le plan économique. Ils vont juste rigoler si lEurope se lézarde et disparaît.

    • Johnson le 28.05.2019 15:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Norbert Rösti

      C'est qui "nous"? L'UE piétine déjà la Suisse, avec des tels alliés pas besoin d'ennemis.

  • Jean Dupont le 27.05.2019 10:27 Report dénoncer ce commentaire

    Attendons de voir

    Pourvu qu'on foute un peu plus la paix à la Suisse, tout va bien.

    • Jean Dutunnel le 27.05.2019 12:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Dupont

      Mais oui personne ne touchera jamais plus à Jean Dupont ! Promis !