Norvège

05 septembre 2014 12:55; Act: 05.09.2014 16:55 Print

Breivik veut se lancer en politique

L'extrémiste norvégien, qui avait tué 77 personnes en 2011, veut créer un parti politique «fasciste» pour porter son combat dans le système démocratique auquel il assure s'être converti.

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22.07 Quatre ans jour pour jour après les sanglantes attaques - 77 morts - commises par Anders Behring Breivik, la Norvège a inauguré mercredi un centre consacré au drame. Vêtue de noir, la Première ministre norvégienne Erna Solberg a déclaré que «le centre d'information doit diffuser le savoir de façon à nous prémunir contre la haine, la violence et le terrorisme». Des objets ayant été utilisés par Anders Behring Breivik sont exposés dans le centre. Parmi les objets exposés figurent les restes méconnaissables de la camionnette dans laquelle il avait caché sa bombe. 22.09 'archevêque Desmond Tutu, artisan de la réconciliation dans l'Afrique du Sud post-apartheid, a proposé aux Norvégiens à pardonner à l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik, le pire criminel de l'histoire contemporaine du pays. 05.09 Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes en 2011, veut créer un parti politique «fasciste» pour porter son combat dans le système démocratique auquel il assure s'être converti, dit-il dans un courrier reçu vendredi par l'AFP. 20.08 Le géniteur du tueur norvégien Anders Behring Breivik va publier en octobre un ouvrage intitulé «De ma faute? L'histoire d'un père». 22.07.2014 Le tueur de masse a renoncé à la violence, a déclaré son avocat mardi, alors même que la Norvège commémorait le troisième anniversaire du massacre dans lequel 77 personnes ont péri. 24.02 «La plainte a été examinée à la lumière de la réglementation en vigueur», a déclaré à l'AFP le commissaire de police, Ingrid Wirum. Breivik (photo) avait porté plainte en janvier 2013 contre la ministre de la Justice d'alors, Grete Faremo, et contre Knut Bjarkeid, directeur de la prison d'Ila près d'Oslo, un des deux établissements où il purge sa peine de 21 ans. 14.02 Le tueur norvégien menace d'une grève de la faim pour faire cesser la «torture» subie depuis son arrivée en prison. 01.11 Jens Breivik, le père du tueur norvégien, a dénoncé vendredi le livre écrit sur son ex-femme, et dans lequel son nom apparaît. 10.04 Selon une contre-expertise psychiatrique, citée par un journal norvégien, Anders Breivik, auteur des massacres d'Oslo au mois de juillet 2011, est pénalement responsable de ses actes. Déclaré psychotique et donc pénalement irresponsable par une première expertise psychiatrique l'an dernier, Behring Breivik a fait l'objet de nouveaux examens dont les résultats seront publiés le 10 avril. 16.03 La police fait son mea culpa, expliquant qu'elle aurait pu intervenir plus vite. 22.02 Les jeunes du Parti travailliste norvégiens ne se rendront pas, comme de coutume, sur l'île d'Utoeya pour leur camp d'été en 2012, après le massacre perpétré sur l'île l'été dernier. 08.02 Cette image est montrée au public pour la première fois. Elle montre Anders Breivik, menotté, qui vient de tuer 78 personnes. 06.02 L'auteur des attaques ayant ensanglantées la Norvège au mois de juillet, Anders Behring Breivik a demandé lundi sa «libération immédiate devant le tribunal d'Oslo. 31.01 Le responsable de la tuerie de l'île d'Utoeya souhaiterait donner une interview télévisée avant son procès. Les experts psychiatres chargés de se prononcer sur la responsabilité pénale d'Anders Behring Breivik ont estimé que l'auteur des attaques du 22 juillet en Norvège n'était pas en possession de ses moyens au moment des faits, a révélé le site internet du journal «VG», le 29 novembre 2011. 20.08 Plusieurs centaines de rescapés de la fusillade d'Utoeya étaient attendus samedi, pour la première fois depuis le drame. 19.08 Des proches des victimes déposent des fleurs à Utoya Le 9 août le journal norvégien «Aftenposten» relate que la police recherche une vidéo du massacre qu'Anders Behring Breivik aurait tournée, selon certains témoins. Anders Behring Breivik, Norvégien «de souche» et âgé de 32 ans, a avoué être l'auteur d'une fusillade contre un rassemblement de jeunes vendredi sur une île près d'Oslo et de l'explosion d'une bombe qui a secoué le centre de la capitale auparavant. Au terme d'une vidéo de 12 minutes alternant hommages aux croisés du Moyen-Age, textes anti-communistes et violentes attaques islamophobes, le suspect apparaît sur trois photographies différentes, dont l'une le présentant en position de tir avec un fusil d'assaut. Un manifeste de 1500 pages rédigé pendant des années et diffusé juste avant les attaques d'Oslo éclaire les haines du suspect Anders Behring Breivik, «chasseur de marxistes» lancé dès 2002 dans une croisade contre l'islam, le socialisme et les médias. Le vendredi 22 juillet, une forte explosion a brisé des vitres et provoqué vendredi après-midi l'évacuation d'immeubles de bureaux près du siège du gouvernement dans le centre d'Oslo. La déflagration, qui a eu lieu au siège d'un grand journal, a fait plusieurs victimes. Elle a soufflé de nombreuses fenêtres de l'immeuble de 17 étages qui abrite les bureaux de Jens Stoltenberg, ainsi que les façades de plusieurs ministères situés à proximité, dont le siège du ministère du Pétrole, qui a pris feu. Vendredi, une bombe a d'abord explosé au coeur d'Oslo, tuant sept personnes. Environ deux heures plus tard, une fusillade éclatait sur l'île voisine d'Utoya, où 85 personnes ont péri quand un homme habillé en policier a ouvert le feu lors d'un camp d'été des jeunesses travaillistes. L'île se trouve à environ 500 mètres d'une berge du lac Tyrifjorden, à environ 35km d'Oslo. Les recherches se poursuivaient dans les eaux du lac où nombre de jeunes paniqués se sont précipités pour tenter d'échapper au tireur. D'autres ont fait semblant d'être morts pour survivre à la fusillade, d'après les témoignages de rescapés. 25.07 Le suspect des attaques qui ont endeuillé la Norvège, vendredi, doit être entendu par la justice lundi. Anders Breivik a demandé une audience publique et de pouvoir revêtir son uniforme. Adrian Pracon, un rescapé du massacre de l'île d'Utoya le 22 juillet, parlant à la presse le 24 juillet. Vendredi, un bateau défectueux a ralenti l'arrivée des agents sur l'île, accentuant l'ampleur du massacre. Sur l'île d'Utoya, lieu de la fusillade meurtrière, les recherches de corps ont duré longtemps. La Norvège se recueille après le double attentat sanglant d'Oslo et Utoya. Anders Behring Breivik, le suspect des attaques qui ont ensanglanté la Norvège vendredi, sera présenté lundi à un juge pour une décision sur son placement en détention provisoire, a indiqué la police norvégienne dimanche. Les médias se pressaient, dimanche, devant la villa du père d'Anders Behring Breivik, principal suspect des attaques qui ont touché la Norvège. Le père d'Anders reste invisible. La voiture transportant le suspect a emprunté une entrée située derrière le tribunal. Lors de cette audience à huis clos, le juge Kim Heger s'est prononcé sur la mise en détention provisoire. Anders Behring Breivik est arrivé lundi 25 juillet au tribunal d'Oslo pour sa première comparution. Lors de sa comparution à huis clos, qui a duré 40 minutes, Anders Behring Breivik a reconnu avoir perpétré les attaques qui ont fait 76 morts, selon un bilan révisé encore provisoire. Le juge a annonce que le suspect a mentionné «deux autres cellules». 25.07 Anders Behring Breivik, le suspect du carnage de vendredi en Norvège, a été placé en détention lundi après sa première comparution devant la justice. Voici un modèle de fusil Ruger qui coûte environ 1600 francs. C'est le montant qu'aurait dépensé Anders Breivik pour s'offrir son arme à feu. 27.07 Psychose post-attentats ou réelle menace? La gare centrale d'Oslo a été partiellement évacuée mercredi matin à cause d'un bagage suspect. A son jardin d'enfance... ...et à sa confirmation. 27.07 Le site du quotidien allemand Bild a sorti de nouvelles photos de la jeunesse d'Anders Behring Breivik. Ici avec sa mère lors du mariage d'une amie. Julie Bremnes, ici avec sa mère a tenu une conversation SMS émouvante tout au long de la fusillade. 03.08 L'auteur des attentats d'Oslo aurait modifié son apparence par un opération afin de se rapprocher de son idéal d'«homme européen».

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Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes en 2011, veut créer un parti politique «fasciste» en Norvège pour intégrer le système démocratique plutôt que de commettre une nouvelle «barbarie». Dans une lettre de 17 feuillets reçue vendredi par l'AFP, l'extrémiste lance «un ultimatum» au ministère norvégien de la Justice, le sommant de lever les obstacles placés délibérément, selon lui, pour l'empêcher de fonder le «Parti fasciste norvégien» (NFP) et «la Ligue nordique» (NL).

Le 22 juillet 2011, Breivik, aujourd'hui âgé de 35 ans, avait tué 77 personnes au nom de la lutte contre le multiculturalisme et de «l'invasion musulmane». Il avait d'abord fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit victimes, puis ouvert le feu sur un rassemblement de Jeunes travaillistes sur l'île d'Utoeya, tuant 69 autres personnes, des adolescents pour la plupart.

Breivik assure aujourd'hui s'être «converti» à la cause démocratique depuis août 2012, disant avoir été inspiré par le succès électoral en Grèce du parti néonazi Aube dorée, et voudrait créer un parti pour défendre son idéologie --inchangée-- sans avoir à recourir à la violence. «En tant qu'ex-militant, mon coeur pleure pour la barbarie que j'ai perpétrée le 22 juillet», écrit-il dans la lettre rédigée depuis la prison où il purge une peine de 21 ans, susceptible d'être prolongée ultérieurement.

«Pour que quelque chose de comparable ne se reproduise plus»

«En tant qu'ex-militant, le plus important dans ma vie est d'oeuvrer pour que quelque chose de comparable ne se reproduise plus jamais. Tout le but du NFP et de la NL est que cela ne se reproduise pas», écrit-il avant de signer «Anders Behring Breivik, secrétaire du parti et candidat à la députation du NFP et de la NL». Il aurait retenu le qualificatif «fasciste» pour éviter d'être estampillé comme «nazi». «Puisque l'on sera de toute façon diabolisé, il est tactiquement justifié de l'endosser», se justifie-t-il.

Ce n'est pas la première fois que Breivik tente de communiquer avec le monde extérieur: il a dans le passé envoyé aux médias plusieurs courriers sur son engagement idéologique ou dans lesquels il déplore ses conditions de détention. Ses propos trouvent généralement peu d'écho en Norvège, où les gens souhaitent tourner la page et ne plus entendre parler de lui, mais ont un certain retentissement dans le reste du monde, qui reste stupéfait par l'atrocité du crime dans un pays d'ordinaire si paisible.

«C'est impossible d'y croire», a réagi vendredi le groupe de soutien aux familles de ses victimes. «Ce qu'il écrit est plein de contradictions». En février, l'AFP avait reçu une autre lettre dans laquelle Breivik menaçait d'entamer une grève de la faim s'il n'obtenait pas satisfaction sur 12 exigences, y compris sur l'obtention d'une console de jeux Playstation 3 à la place de la Playstation 2 dont il dispose en prison. Une plainte qu'il avait déposée pour «torture grave», notamment à cause de son maintien en isolement quasi total, a été classée sans suite à la même période.

En 2012, le grand enjeu de son procès avait été la question de sa santé mentale, les experts psychiatriques ayant des avis divergents sur ce point. Le tribunal d'Oslo l'avait finalement jugé pénalement responsable et condamné à la peine maximale. En Norvège, les détenus conservent tous leurs droits civiques, quelle que soit la lourdeur de leur peine. «Rien dans notre réglementation ne l'empêche de créer un parti. Il a en parfaitement le droit pour peu qu'il remplisse les conditions requises», a réagi Andreas Skulberg, un haut-fonctionnaire du ministère de la Justice, auprès de l'AFP.

Mais Breivik affirme que, dans la pratique, les autorités pénitentiaires entravent ses droits en confisquant les lettres destinées à recueillir les signatures nécessaires à l'enregistrement de son parti. Selon les termes de son «ultimatum», il donne 30 jours, à compter du 18 août, au ministre de la Justice Anders Anundsen pour contribuer à lever ce blocage, faute de quoi il menace de l'assigner devant les tribunaux. Les autorités carcérales ont démenti les allégations de Breivik mais expliqué qu'elles devaient censurer les courriers de détenus susceptibles d'inciter à des faits criminels.

«Ce n'est absolument pas une tentative délibérée de faire traîner les choses pour l'empêcher de créer un parti», a expliqué à l'AFP Karl Hillesland, directeur par intérim de la prison de Skien où Breivik est actuellement détenu. «Mais nous avons un cadre réglementaire que nous essayons de mettre en pratique de notre mieux».

(afp)