Primaires démocrates

12 novembre 2019 23:23; Act: 12.11.2019 23:23 Print

Buttigieg en ascension, Bloomberg à l'affût

Le jeune maire de l'Indiana est passé devant Joe Biden dans l'Iowa, tandis que l'ex-maire de New York se prépare à entrer en course.

Une faute?

Le jeune maire américain Pete Buttigieg s'est hissé jusqu'aux sommets de la primaire démocrate dans l'État-clé de l'Iowa, menaçant l'ancien vice-président Joe Biden qui fait aussi face à la perspective inquiétante de l'entrée en lice du milliardaire Michael Bloomberg dans la course à la Maison Blanche.

La lutte est rude pour prendre, ou garder, sa place dans le peloton de tête alors qu'il reste encore près d'une vingtaine de candidats à l'investiture démocrate, tous désireux de défier le républicain Donald Trump en novembre 2020.

À l'échelle nationale, l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, reste en tête mais son avantage s'est réduit. Et à ce stade de la campagne, tous les regards se tournent vers les premiers États à organiser des primaires en 2020 car ils pourront profondément influencer la suite de la course.

Un modéré rassembleur

Or dans l'Iowa, premier à voter le 3 février, le jeune modéré Pete Buttigieg, 37 ans, a dépassé les poids lourds dans un sondage publié mardi. C'est la première fois qu'il arrive en tête, tous États confondus.

Le maire enregistre 22% des intentions de vote dans l'Iowa, selon ce sondage de l'institut de Monmouth University, devant Joe Biden (19%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (18%) et le sénateur indépendant Bernie Sanders (13%). La marge d'erreur est importante, à 4,6 points, mais ce nouveau sondage vient confirmer l'ascension de Pete Buttigieg dans l'Iowa depuis plusieurs semaines.

Encore inconnu du grand public il y a un an, le maire de South Bend, dans l'Indiana, s'est depuis forgé un nom en se posant en modéré capable de rassembler l'Amérique pour battre Donald Trump. Ancien militaire, polyglotte et utra-diplômé, Pete Buttigieg a récemment déclaré à l'AFP être «aussi différent de ce président qu'il est possible de l'être».

Marié depuis 2018 à un enseignant, Chasten, il est le premier candidat homosexuel avec de réelles chances dans la course à la Maison Blanche. Dans l'Iowa, «Buttigieg émerge comme un choix de premier plan pour un large éventail de démocrates», quel que soit leur niveau d'«éducation ou leur idéologie», a écrit Patrick Murray, directeur de l'institut de sondage Monmouth University.

«Battre Trump»

Sur les 17 candidats encore en lice pour l'investiture démocrate, Joe Biden reste favori au niveau national mais est en perte de vitesse (26,8%), suivi par Elizabeth Warren (20,8%), Bernie Sanders (17%), avec, loin derrière, Pete Buttigieg (7,5%).

Un nouveau venu pourrait bouleverser la course: l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, qui a franchi mardi un nouveau pas en direction d'une candidature à la Maison Blanche. «Nous devons battre Trump», a tweeté le milliardaire de 77 ans, tandis qu'il déposait en personne sa candidature à la primaire démocrate dans l'Arkansas.

Fondateur de l'agence d'informations financières portant son nom, maire de New York entre 2002 et 2013, Michael Bloomberg est l'une des dix plus grandes fortunes du monde, avec plus de 50 milliards de dollars, selon le magazine «Forbes». Son entrée tardive en lice viendrait surtout menacer les candidats modérés, avec en premier lieu Joe Biden.

«S'il se présente, il va aller dans des États où les démocrates ne vont jamais lors de la campagne des primaires», a déclaré au «New York Times» son porte-parole Jason Schechter.

«Le petit Michael échouera»

Michael Bloomberg avait déjà déposé vendredi sa candidature dans l'Alabama, parmi les premiers États à clore les listes de candidats. L'Arkansas et l'Alabama organiseront leurs primaires lors du «Super Tuesday», avec une autre douzaine d'États le 3 mars prochain.

Très actif dans la lutte contre le changement climatique, Michael Bloomberg s'est par le passé revendiqué indépendant et républicain, et pourrait avoir du mal à rallier les suffrages des électeurs plus à gauche.

Septuagénaire et milliardaire comme lui, Donald Trump avait réagi vendredi avec dédain à l'annonce de sa possible candidature. «Le petit Michael échouera», avait-il assuré en référence à la taille de l'ex-maire, environ 1,70 mètre, avant d'estimer qu'il risquait surtout de «nuire à Biden».

Joe Biden, 76 ans, s'était lui montré confiant, souhaitant la «bienvenue» à Michael Bloomberg, tout en se présentant comme le meilleur rempart contre Donald Trump.

(nxp/afp)