Armée en France

16 décembre 2011 11:43; Act: 16.12.2011 12:11 Print

Camion transportant du nucléaire renversé

L'armée a gardé le secret au sujet d'un accident durant 18 mois; un camion de transport nucléaire s'était renversé sur une base militaire en juin 2010.

Une faute?

Un militaire sans qualification a renversé un camion de transport nucléaire sur une base militaire du sud de la France, un accident qui a coûté 50 millions d'euros à l'armée française qui l'a tenu secret depuis 18 mois, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP.
Le chauffeur sera jugé à huis clos le 16 janvier par un tribunal militaire à Marseille.

Le caporal-chef de 28 ans est poursuivi pour blessures involontaires, mise hors service d'un matériel à l'usage des forces armées et violation de consignes, selon cette source judiciaire.

L'accident s'est produit le 9 juin 2010 sur la base aérienne d'Istres (sud).

Dans un virage

Selon le quotidien La Marseillaise, trois militaires, deux chauffeurs et leur supérieur, se trouvaient à bord du camion de transport nucléaire. Ce véhicule de 33 tonnes s'est renversé dans un virage alors qu'il roulait trop vite, en tentant d'éviter un soldat qui faisait son footing à l'intérieur de la base.

Les trois militaires ont été blessés, dont l'un, avec deux fractures aux cervicales, a passé six mois alité.

Les pertes matérielles ont été estimées à 50 millions d'euros par l'armée.

Excès de vitesse

L'enquête a pointé des excès de vitesse à répétition sur le trajet du camion - jusqu'à 105 km/h alors que le moteur est théoriquement bridé à 80 km/h, sauf urgence - et des ennuis mécaniques récents sur le véhicule.

Les investigations ont également mis au jour que le chauffeur n'avait pas la qualification requise pour conduire le camion et que l'armée lui a décerné le brevet nécessaire «par équivalence» deux semaines après l'accident... avec effet rétroactif au 1er mars 2010.

Aucune existence officielle

De même, l'armée n'aurait donné une existence officielle à «l'escadron de transport de matériels spécialisés», impliqué dans cet accident du 9 juin 2010, que le 7 avril 2011, en l'ajoutant à la liste des unités militaires dont les missions exigent, pour des raisons de sécurité, le respect de l'anonymat des personnels.

Le Délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la défense, Bernard Dupraz, cité par la Marseillaise, a reconnu que l'affaire décelait «des choses inacceptables».

(afp)