Soudan

06 juillet 2019 19:15; Act: 06.07.2019 19:17 Print

Campagne de désobéissance civile annulée

Le Conseil militaire et les chefs de la contestation ont accepté une présidence alternée à la tête de la future instance qui va diriger une période de transition d'environ trois ans.

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Des manifestants célèbrent l'accord dans les rues de Khartoum. (Photo: Keystone)

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La contestation au Soudan a annulé samedi une campagne de désobéissance civile prévue le 14 juillet. De son côté, un général du Conseil militaire au pouvoir a aussi appelé à «l'unité» du pays pour soutenir un accord dessinant les grandes lignes de la transition démocratique.

Le Conseil militaire qui dirige le Soudan et les chefs de la contestation ont accepté vendredi une présidence alternée à la tête de la future instance qui va diriger une période de transition d'environ trois ans. L'accord, parrainé par les médiateurs de l'Ethiopie et de l'Union africaine (UA), est synonyme de détente au Soudan, après plusieurs mois de tensions ayant suivi la destitution par l'armée du président Omar el-Béchir en avril.

Samedi, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a publié sur les réseaux sociaux un nouveau programme d'évènements hebdomadaires qui ne fait pas mention de cette journée de «désobéissance civile et grève», fixée initialement au 14 juillet.

Quant à un «cortège» organisé le 13 juillet pour marquer les 40 jours après la dispersion meurtrière d'un sit-in de manifestants devant le QG de l'armée à Khartoum, il a été transformé en une «commémoration» en l'honneur des martyrs, dans la capitale et le reste du pays. Le drame du 3 juin avait fait des dizaines de morts et provoqué un tollé international, aggravant les tensions entre les contestataires et le Conseil militaire.

Transition en deux temps

La contestation avait organisé du 9 au 11 juin une campagne de désobéissance civile qui avait quasiment paralysé Khartoum. Deux leaders de l'ALC ont confirmé à l'AFP l'annulation de la campagne de désobéissance civile.

Avec l'accord de vendredi, les militaires vont d'abord présider la transition pendant 21 mois et les civils prendront la relève durant 18 mois, pour une période totale de trois ans et trois mois. L'instance de transition sera composée de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l'ALC.

«L'accord que nous espérions depuis longtemps a eu lieu», s'est réjoui samedi le numéro deux du Conseil militaire, le redouté général Mohammed Hamdan Daglo dit «Hemeidti». «Cet accord a besoin de l'unité de tous», a-t-il dit, dans une allocution retransmise par la télévision publique. «Maintenant, c'est une nouvelle phase de l'histoire du Soudan qui a débuté, nécessitant le consensus de toutes les composantes du peuple soudanais, pour la stabilité et la renaissance», a-t-il martelé.

(nxp/ats)