Japon

25 avril 2019 04:31; Act: 25.04.2019 18:41 Print

Ghosn peut espérer sortir de prison, une 2e fois

La justice japonaise a approuvé jeudi la demande de libération de l'ex-patron de Nissan pour 4,5 millions de francs. Le parquet a fait appel.

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Image d'archive de Carlos Ghosn. (Photo: Keystone)

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Carlos Ghosn est sorti de prison dans la soirée de jeudi à Tokyo, libéré sous caution mais selon des conditions strictes qui lui interdisent de voir sa femme sans l'autorisation préalable du tribunal.

La cour de Tokyo avait à la mi-journée approuvé sa requête, mais le bureau des procureurs avait aussitôt fait appel, jugeant «regrettable» que le juge ait donné son feu vert «en dépit de craintes de destruction de preuves».

Carlos Ghosn a réagi après sa sortie et jugé vendredi que restreindre ses contacts avec son épouse, comme l'a décidé un tribunal de Tokyo, était «cruel et inutile», dans un communiqué en anglais diffusé par ses avocats.

«Restreindre les communications et le contact entre ma femme et moi est cruel et inutile», a déclaré Carlos Ghosn.

Sous les flashes

Un recours avait été effectué contre la sortie de Carlos Ghosn, mais il a été rejeté quelques heures après et la libération a été effective peu après. L'ex-PDG de Renault-Nissan est sorti à 22h22 (13h22 GMT) d'un pas assuré, encadré de gardiens, vêtu d'un costume sans cravate, sous les flashes des médias, avant de monter dans un véhicule noir, selon des journalistes de l'AFP sur place.

L'image tranchait avec celle de sa première libération sous caution le 6 mars: il était alors apparu déguisé, portant une casquette bleue, un uniforme d'ouvrier de voirie, des lunettes et un masque de protection blanc, un accoutrement qui avait fait de lui la risée des médias alors même qu'il visait à duper les journalistes massés devant la prison. L'avocat à l'origine de ce scénario avait dû s'excuser ensuite pour cet «échec» ternissant la réputation de son illustre client.

Strictes conditions

Le magnat de l'automobile déchu de 65 ans, qui était retourné dans le centre de détention de Kosuge (nord de Tokyo) début avril après une ré-arrestation surprise, a dû payer une deuxième caution de 500 millions de yens (4 millions d'euros).

Carlos Ghosn s'était déjà acquitté d'une grosse somme -- un milliard de yens -- pour obtenir le droit de quitter le 6 mars la prison, où il avait passé 108 jours dans la foulée de son interpellation initiale le 19 novembre dernier pour des malversations financières présumées.

L'ancien grand patron est désormais à l'air libre mais soumis à de strictes conditions: «assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions visant à empêcher destruction de preuves et fuite», a précisé le tribunal.

Surtout, il n'a le droit de voir son épouse «que si le tribunal approuve une requête» en ce sens, a expliqué son avocat, Me Junichiro Hironaka, à la presse. Carole Ghosn, dans le viseur des procureurs pour son rôle supposé dans un des volets de l'affaire, est en outre soupçonnée par le parquet d'avoir contacté des protagonistes du dossier.

Affaire hors normes

Lors de sa précédente remise en liberté, Carlos Ghosn avait pu retrouver sa famille dans un appartement de location à Tokyo, enregistré auprès du tribunal et dont il n'avait pas le droit de s'absenter plus de trois jours. Il retournera dans le même logement, selon Me Hironaka.

Si un nouveau rebondissement n'est pas à exclure dans cette affaire hors normes, qui a vu la chute d'un des plus puissants PDG de la planète au moment où il s'apprêtait à tirer sa révérence, la dernière mise en examen de Carlos Ghosn semble clore les investigations du parquet.

La justice critiquée

Le dirigeant franco-libanais-brésilien est sous le coup de quatre inculpations: deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux cas différents d'abus de confiance aggravé.

La dernière affaire, qui apparaît la plus sérieuse aux yeux des experts, porte sur des détournements présumés de fonds de Nissan, pour un montant de 5 millions de dollars, selon le bureau des procureurs.

Face à ce qu'il qualifie d'«acharnement judiciaire», M. Ghosn a usé de plusieurs moyens -- interview à quelques médias dont l'AFP, communiqués, comparution à sa demande devant un tribunal -- pour clamer son innocence et dénoncer un «complot» ourdi par Nissan à son encontre.

Dans une récente vidéo, enregistrée la veille de sa ré-arrestation le 4 avril mais rendue publique quelques jours plus tard, il a encore insisté sur la thèse du piège tendu par les dirigeants du groupe japonais afin de le faire tomber et stopper ainsi le processus de fusion Renault-Nissan qu'il préparait.

Sa femme le défend

Son épouse Carole se mobilise depuis des semaines pour dénoncer le traitement dont fait l'objet son mari. Sa campagne est soutenue par plusieurs avocats étrangers comme japonais et des organismes internationaux, qui estiment que le système judiciaire nippon ne respecte pas les droits de la défense, dénonçant des interrogatoires répétés, sans avocat, pendant la garde à vue.

Maintenant qu'il a la possibilité de passer autant de temps qu'il le souhaite avec ses avocats, Carlos Ghosn va pouvoir se consacrer activement à la préparation de son procès qui n'est pas attendu avant plusieurs mois.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Monsieur Ouille le 25.04.2019 07:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bizarre

    Je suis quand même tres surpris par cette affaire. On dirait qu'il était devenu gênant et que tout ça ne soit qu'un complot pour le "casser". Il a remonté Renault, Nissan et Mitsubishi d'une façon spectaculaire, sans lui une ou deux de ces marques n'existeraient probablement plus. Et tout d'un coup cet homme ne serait qu'un vulgaire larcineur ? Étrange...

  • Petitcoucou le 25.04.2019 07:49 Report dénoncer ce commentaire

    Impartialité et intraitabilité

    Cela fait plaisir de voir une justice qui traite de la même façon les riches et les misérables! On pourrait envoyer nos procureurs y faire un stage :)

  • FanDu46 le 25.04.2019 11:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Laideur et manipulation

    La justice japonaise sert les fesses ! Scandal international pour bientôt ? Le Japon est-il en train de donner la plus mauvaise image de son histoire ?

Les derniers commentaires

  • FanDu46 le 25.04.2019 11:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Laideur et manipulation

    La justice japonaise sert les fesses ! Scandal international pour bientôt ? Le Japon est-il en train de donner la plus mauvaise image de son histoire ?

  • P-A. le 25.04.2019 09:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Guerre commerciale

    Résultats lorsque l'Europe empiète sur les plates bandes Niponnes !

  • Petitcoucou le 25.04.2019 07:49 Report dénoncer ce commentaire

    Impartialité et intraitabilité

    Cela fait plaisir de voir une justice qui traite de la même façon les riches et les misérables! On pourrait envoyer nos procureurs y faire un stage :)

  • Monsieur Ouille le 25.04.2019 07:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bizarre

    Je suis quand même tres surpris par cette affaire. On dirait qu'il était devenu gênant et que tout ça ne soit qu'un complot pour le "casser". Il a remonté Renault, Nissan et Mitsubishi d'une façon spectaculaire, sans lui une ou deux de ces marques n'existeraient probablement plus. Et tout d'un coup cet homme ne serait qu'un vulgaire larcineur ? Étrange...

    • pat#### le 25.04.2019 08:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Monsieur Ouille

      c est toujours ceux qui en ont le plus qui en veulent encore davantage..... donc... à suivre...

    • Jules de la Veveyse le 25.04.2019 08:50 Report dénoncer ce commentaire

      @ Monsieur Ouille

      Eh bien je partage entièrement votre point de vue. La fusion Renault-Nissan aurai privé le Japon d'un joyau de l'industrie automobile qu'est devenu Nissan. Et ça ce pays avec ses politiciens et sa justice n'a pas apprécié. Ils font tout pour que Nissan reste dans le giron de ces "intrigants". Exact aussi que sans ce patront dérangeant et efficace Nissan aurait été mis en faillite.