France

15 décembre 2011 19:12; Act: 15.12.2011 19:19 Print

Carlos avertit les juges à la fin de son procès

Carlos a mis en garde les magistrats, à la fin de son procès, jeudi. Le prévenu risque la perpétuité pour quatre attentats il y a 30 ans.

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Carlos risque la perpétuité. (Photo: Keystone)

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Après six semaines de procès à Paris, la défense d'Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a abattu jeudi ses dernière cartes pour lui éviter une nouvelle peine de prison à perpétuité. Le prévenu, jugé une seconde fois en France pour quatre attentats commis il y a près de 30 ans, a lancé un avertissement aux sept magistrats de la cour.

Au président qui lui posait la question rituelle de fin de procès («Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense?»), il a répondu: «Je ne parle pas pour ma défense mais pour la vôtre».

«Vous êtes indépendants, et la décision que vous allez prendre, vous en serez, chacun de vous, personnellement responsable», a-t-il dit aux magistrats professionnels de la cour d'assises spéciale, précisant immédiatement qu'il ne les menaçait pas.

Il s'est ensuite lancé dans un monologue de plusieurs heures, déclarant «assumer la responsabilité politique et militaire» de certains attentats, mais pas de ceux qui sont jugés, et a livré sa vision du monde.

Critique

«Je ne veux pas qu'on dise une fois de plus dans le reste du monde que les magistrats français se sont couchés», avait dit auparavant une de ses avocates, Me Isabelle Coutant-Peyre, 58 ans, qui a également noué en 2001 une union religieuse, sans valeur légale, avec le prévenu qu'elle défend depuis 1997. Elle a par ailleurs dénoncé un «procès politique».

Le verdict était attendu dans la nuit. L'accusation a elle demandé mardi la perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans et les avocats de Carlos ont plaidé l'acquittement jeudi.

Le Vénézuélien de 62 ans est détenu depuis 1994 en France, où il purge une première condamnation à perpétuité prononcée en 1997 pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers, en 1975.

Une éventuelle nouvelle perpétuité pourrait retarder l'échéance pour une première demande de libération conditionnelle, actuellement fixée à 2012.

3 autres prévenus

Jugé pour la première fois pour des actions terroristes présumées, il est accusé d'avoir organisé une campagne d'attentats pour obtenir la libération de sa compagne allemande Magdalena Kopp et du Tessinois Bruno Breguet, tous deux membres de son groupe, arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et des explosifs.

Les quatre attentats pour lesquels Carlos est jugé ont fait 11 tués et près de 150 blessés. Le 29 mars 1982, une bombe a explosé dans un train Paris-Toulouse. Le 22 avril 1982, une voiture piégée explosait devant le siège du magazine «Al Watan Al Arabi», rue Marbeuf à Paris. Les deux autres attentats ont été perpétrés le 31 décembre 1983 en gare Saint-Charles de Marseille (sud-est) et contre un TGV Marseille-Paris.

Trois membres de son organisation révolutionnaire sont jugés en même temps que Carlos pour certains des attentats.

Mais ils sont absents. Johannes Weinrich, l'ancien bras droit de Carlos, est détenu en Allemagne pour d'autres faits, Christa Fröhlich un temps détenue en France, est en fuite en Allemagne, tandis que le Palestinien Ali Kamal Al Issawi est toujours recherché.

(ats/afp)