Espagne

03 octobre 2014 15:42; Act: 03.10.2014 15:42 Print

Catalogne: les pro-référendum avancent

La Catalogne a fait un pas de plus vendredi dans l'organisation d'un référendum sur son indépendance contre la volonté de Madrid en créant une commission électorale pour le superviser.

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Le décret avait été signé jeudi soir par le président catalan Artur Mas, pressé par l'aile gauche de la coalition de partis favorables à ce référendum d'aller de l'avant en dépit de la «suspension» ordonnée lundi par le tribunal constitutionnel, qui interdit de fait la consultation tant qu'il ne se sera pas prononcé sur sa constitutionnalité.

Mais une incertitude demeurait sur son entrée en vigueur, alors que chaque nouveau pas risque de faire basculer la Catalogne dans l'illégalité et provoquer une crise institutionnelle sans précédent depuis la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.

Au cours de la semaine, M. Mas avait semblé choisir la voie de la modération en gelant à son tour la campagne officielle pour le référendum, pour ne pas heurter le tribunal.

Tensions entre les partis

Mais vendredi le décret a bien été publié dans le journal officiel de la Generalitat, l'exécutif catalan, comme si M. Mas cherchait ainsi à donner des gages à ses alliés, qu'il devait justement rencontrer au même moment vendredi pour accorder les violons sur la ligne à suivre.

Depuis le début de la semaine, des tensions se manifestaient entre les quatre partis favorables au référendum, certains, comme Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) étant favorable à la «désobéissance civile». Des milliers de personnes ont encore manifesté mardi pour la tenue de ce referendum.

Une telle démarche passerait outre la décision du tribunal constitutionnel et mettrait en difficulté des milliers de fonctionnaires payés par Madrid qui risqueraient des mesures de rétorsion en participant à l'organisation du vote.

Le temps presse

Selon des données de l'exécutif catalan, 4834 fonctionnaires et 9200 policiers devraient être mobilisés, et près de 24'390 personnes pour les bureaux de vote, alors que la région compte quelque 315'000 employés publics et près de 21'000 membres des forces de l'ordre.

«La commission de contrôle des consultations populaires», composée de 7 membres, peut donc en théorie commencer à travailler, à six semaines de la consultation, alors que le temps commence à presser pour la mise en place logistique, dans cette région comptant quelque 7,5 millions d'habitants. Mais à 600 km à l'est de Barcelone, à Madrid, il reste hors de question que ce référendum, même consultatif, se tienne.

«Mensonge collectif à la société catalane»

«Le gouvernement et le Parti populaire (parti conservateur au pouvoir) de Catalogne au pouvoir contesteront le décret illégal d'Artur Mas», a annoncé sur son compte tweeter Alicia Camacho, présidente du parti dans cette région.

Pour elle, le referendum «est un mensonge collectif à la société catalane. On ne peut pas retirer aux Catalans le droit d'être catalans et en même temps espagnols et européens», avait-elle déclaré la veille, avant de reprendre la ligne de Madrid, qui considère que le sort de la région doit être décidé par tous les Espagnols: «On ne peut voler aux 47 millions d'Espagnols le droit de décider du présent et de l'avenir de notre grande nation».

Pendant ce temps, le secrétaire général du Parti socialiste (PSOE) Pedro Sanchez, favorable à une réforme constitutionnelle, a continué à se poser en arbitre sans s'opposer frontalement au gouvernement mais en dénonçant sur son compte twitter son «immobilisme (...) carburant de l'indépendantisme».

dbh-mck/ia

(joc/afp)