Crise sociale

18 novembre 2019 02:57; Act: 18.11.2019 04:29 Print

Chili: Piñera condamne les violences policières

Le président chilien a reconnu dimanche les abus commis par la police lors des manifestations de ces dernières semaines.

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L'ONU a dénoncé vendredi dans un rapport les «multiples violations des droits humains» commises par la police lors des manifestations au Chili. (Samedi 14 décembre 2019) Des milliers de manifestants ont défilé vendredi au Chili comme chaque semaine depuis le 18 octobre. (6 décembre 2019) Le parlement chilien a approuvé un projet de loi du gouvernement augmentant jusqu'à 50% le minimum vieillesse. (Jeudi 5 décembre 2019) Le gouvernement du Chili compte mettre plus de 5 milliards de dollars sur la table pour trouver une solution à la crise. (2 décembre 2019) Des dizaines de manifestants ont pris d'assaut mercredi un grand centre commercial à Santiago. (27 novembre 2019) Rien ne semble entamer la détermination des manifestants chiliens, 40 jours après le début d'un mouvement réclamant des mesures sociales qui tardent à se concrétiser. (Mardi 26 novembre 2019) Le gouvernement chilien a lancé vendredi un appel au calme. (Samedi 23 novembre 2019) Pour Amnesty International, les forces de l'ordre ont mis en place une «politique pour punir» les manifestants. Le gouvernement chilien a rejeté ce rapport. (Vendredi 22 novembre 2019) La police chilienne a annoncé mardi suspendre l'utilisation de munitions controversées qui ont provoqué de graves lésions oculaires chez plus de 200 manifestants. (19 novembre 2019) Les Chiliens ont commémoré lundi les neuf mois de la contestation qui secoue le pays. (18 novembre 2019) Le président Sebastian Piñera a condamné dimanche pour la première fois les violences commises par la police depuis le début du mouvement de contestation. (17 novembre 2019) En pleine crise sociale au Chili, plusieurs manifestations ont eu lieu jeudi pour commémorer la mort d'un jeune Indien mapuche tué il y a un an lors d'une opération policière dans le sud du pays. (14 novembre 2019) Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont une nouvelle fois descendus dans les rues mardi au Chili, une persistance de la crise sociale qui commence à peser sur l'économie du pays. (12 novembre 2019) Le siège d'une université de Santiago a été incendié vendredi au cours de violents incidents en marge d'une grande marche pacifique. (Vendredi 8 novembre 2019) Les manifestations de contestation sociale qui durent depuis près de trois semaines au Chili et au cours desquelles 20 personnes ont été tuées se sont étendues mercredi aux quartiers aisés de la capitale Santiago. (6 novembre 2019) Le président chilien Sebastian Pinera a affirmé mardi qu'il n'allait pas démissionner malgré les violentes manifestations contre son régime qui secouent le pays. (5 novembre 2019) Un cocktail Molotov met le feu à une policière des forces anti-émeutes, à Santiago. (Chili, 4 novembre 2019) Une policière des forces anti-émeutes court alors que son équipement prend feu lors d'affrontements avec des manifestants, à Santiago. (Chili, 4 novembre 2019) Affrontements entre forces de l'ordre et manifestants pour la 3e semaine de contestations au Chili. (4 novembre 2019) Troisième semaine de contestations au Chili. (4 novembre 2019) Les manifestations dans la capitale chilienne ont été émaillées de nombreux incidents. (4 novembre 2019) Une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi laquelle de nombreux étudiants, s'est rassemblée lundi soir à Santiago, sur la plaza Italia, lieu emblématique du mouvement de colère initié le 18 octobre.(Chili, 4 novembre 2019) Le mouvement social, débuté il y a plus de trois semaines, ne faiblit pas au Chili. (4 novembre 2019) Le mouvement social, débuté il y a plus de trois semaines, ne faiblit pas au Chili. (4 novembre 2019) Quelque 1305 personnes ont été blessées à ce jour lors des manifestations. (Chili, 4 novembre 2019) La crise sociale, provoquée le 18 octobre par une augmentation du prix du ticket de métro (depuis annulée), a fait 20 morts. (Chili, 4 novembre 2019) Déguisés en clown ou en «Joker», les manifestants défient la police. (Chili, 4 novembre 2019)

Une faute?

Pour la première fois depuis le début de la contestation sociale il y a un mois au Chili, le président Sebastian Piñera a condamné les violences perpétrées par les forces de l'ordre contre les manifestants.

«Il y a eu un recours excessif à la force, des abus ou des délits ont été commis et les droits de tous n'ont pas été respectés», a reconnu le chef de l'État dimanche dans une allocution télévisée depuis le palais présidentiel de La Moneda.

La crise sociale sans précédent qui secoue le pays sud-américain depuis le 18 octobre a fait 22 morts, la plupart dans des incendies lors de pillages et cinq à la suite d'interventions des forces de sécurité, ainsi que plus de 2000 blessés.

«Pas d'impunité»

Selon l'Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant, près de 200 personnes ont notamment été touchées aux yeux par des tirs de chevrotine en caoutchouc utilisés par la police pour disperser les manifestants.

Le président chilien a assuré qu'il n'y aurait «pas d'impunité», «ni pour ceux qui ont commis des actes d'une violence exceptionnelle», en référence aux destructions et pillages perpétrés par les manifestants les plus radicaux, «ni pour ceux qui ont commis (...) des abus», les policiers et militaires. «Nous ferons notre possible pour aider les victimes», a ajouté Sebastian Piñera, qui a également adressé ses condoléances aux familles des personnes décédées.

Actes de torture, violences sexuelles, tabassages, humiliations, blessures : les accusations et plaintes pour violations des droits de l'homme par des policiers se sont multipliées depuis le début de la contestation, poussant l'ONU à envoyer une mission d'enquête dans le pays.

Référendum

Vendredi, lors d'une nouvelle manifestation à Santiago, sur l'emblématique Plaza Italia, les forces de l'ordre ont été accusées par plusieurs organismes de défense des droits humains d'avoir ralenti le transfert à l'hôpital d'un jeune homme victime d'une crise cardiaque et finalement décédé, en lançant des gaz lacrymogènes sur le personnel médical.

Le président conservateur a également salué l'accord conclu vendredi au Parlement par les partis politiques sur l'organisation d'un référendum en avril 2020 pour remplacer la Constitution actuelle, héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) et accusée de maintenir de fortes inégalités dans la société.

«Si les citoyens le décident, nous avancerons vers une nouvelle Constitution, la première élaborée en démocratie», s'est félicité Sebastian Piñera, dont la coalition de droite s'était jusque-là montrée opposée à un tel changement.

Le référendum comportera deux questions : l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, un «Congrès mixte» composé de citoyens et de parlementaires, ou une Assemblée constituante de citoyens, comme le réclament de nombreux manifestants.

«Le Chili a changé»

«Au cours des quatre dernières semaines, le Chili a changé. Les Chiliens ont changé, le gouvernement a changé, nous avons tous changé», a reconnu le chef de l'État, tout en admettant que le «dénouement de ces quatre semaines n'est pas encore écrit».

Sebastian Piñera a notamment évoqué la nécessité de conclure plusieurs accords sociaux, en priorité sur le régime des retraites, totalement privatisé et fortement décrié par les Chiliens car condamnant une grande majorité d'entre eux à des pensions en-dessous du salaire minimum.

La contestation au Chili a démarré le 18 octobre pour protester contre une hausse du ticket de métro à Santiago et s'est vite transformée en une explosion sociale contre les inégalités et contre une élite politique jugée déconnectée de la réalité quotidienne du plus grand nombre.

Les protestataires réclament de profondes réformes structurelles du modèle économique ultra-libéral, dans lequel la santé et l'éducation relèvent quasi exclusivement du secteur privé.

Selon un sondage de l'institut Cadem publié dimanche, la cote de popularité du président chilien est passée de 15 à 17%, et 67% des personnes interrogées considèrent comme positif le référendum constitutionnel.

De nouveaux appels ont été lancés pour des manifestations lundi, un mois tout juste après le début de cette fronde sociale inédite dans ce pays considéré comme un des plus stables d'Amérique latine.

(nxp/afp)