Indonésie

07 juillet 2014 11:12; Act: 07.07.2014 11:16 Print

Choix crucial pour élire un nouveau président

Troisième démocratie du monde, l'Indonésie choisit mercredi un nouveau président lors d'un scrutin qui oppose Joko Widodo, gouverneur de Jakarta, à un seul rival, un ex-général controversé.

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Cette élection sera la plus cruciale depuis la chute du régime autoritaire de Suharto. (Photo: AFP/str)

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Près de 190 millions d'électeurs sont appelés à voter dans les 17'000 îles et îlots de l'archipel. Ils devront choisir entre Joko Widodo, surnommé Jokowi et considéré par ses partisans comme le candidat qui poursuivra les réformes démocratiques de l'ère post-Suharto (1967-1998), et Prabowo Subianto, ancien gendre de Suharto.

Cette élection est «importante» dans la mesure où elle va «indiquer si l'Indonésie va de l'avant ou amorce un retour en arrière», a expliqué à l'AFP l'analyste politique indépendant Paul Rowland.

Le vainqueur du scrutin succédera au président Susilo Bambang Yudhoyono, à qui la Constitution interdit de se représenter après deux mandats de cinq ans.

Maire auparavant

Jokowi et Prabowo Subianto sont les seuls candidats à avoir obtenu le soutien de partis totalisant au moins 20 % des 560 sièges de la chambre basse du Parlement, renouvelée en avril. Ce seuil constitue le minimum pour participer à la présidentielle prévue de 07h00 à 13h00 (02h00 à 08h00 en Suisse).

Issu d'un milieu modeste, Jokowi, 53 ans, a connu une ascension fulgurante en politique après avoir transformé la ville de Solo dont il a été maire pendant sept ans.

Son action lui a valu d'être propulsé en 2012 gouverneur de la capitale Jakarta, où il a notamment établi des cartes d'accès aux soins et à l'éducation pour les plus pauvres, dans un pays où près de la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

Jokowi a soulevé l'espoir d'une nouvelle classe de dirigeants politiques en Indonésie, qui reste gouvernée par une élite issue de l'époque de Suharto, renversé en 1998.

Jokowi à la baisse

Pendant plusieurs mois, il a été largement en tête dans les sondages face à Prabowo Subianto, 62 ans, qui a reconnu avoir enlevé des défenseurs de la démocratie à la fin de l'ère Suharto.

Au cours des dernières semaines, l'ex-général, un homme à poigne aux accents nationalistes, a toutefois effectué une remontée spectaculaire dans les enquêtes d'opinion, dont certaines l'ont même récemment donné gagnant.

Ayant fait fortune après s'être reconverti dans les affaires, Prabowo Subianto bénéficie du soutien de magnats de l'audiovisuel et de leurs chaînes de télévision.

Corruption et aide

Une campagne de dénigrement a notamment accusé Jokowi de ne pas être un musulman, alors que l'Indonésie est le pays où cette religion est la plus répandue, ce qui lui a probablement coûté des points.

Les programmes deux candidats sont très similaires. Ils ont mis en avant la lutte contre la corruption endémique et l'aide aux plus démunis.

Jokowi semble être le candidat préféré des marchés, Prabowo faisant craindre la fuite de nombre d'investisseurs étrangers, selon certains analystes.

Economie à la baisse

Quelle que soit l'issue du scrutin, le vainqueur devra entreprendre des réformes impopulaires telles l'amélioration de la faible productivité de la main-d'oeuvre ou la réduction des coûteuses subventions accordées pour l'essence, dont le prix est l'un des plus bas de la région.

Il devra relancer la première économie d'Asie du Sud-Est, peuplée de quelque 250 millions d'habitants, dont le rythme de croissance autour de 6 % depuis une décennie a légèrement ralenti depuis un an.

Les estimations de sondages à la sortie des urnes seront publiées peu après la clôture des bureaux de vote.

(ats)