Canada

25 mars 2011 20:30; Act: 25.03.2011 20:36 Print

Chute du Premier ministre, élections en mai

Le parlement canadien a voté vendredi une motion de censure contre le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper.

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Le gouvernement de Stephen Harper est tombé sur un vote de confiance. (Photo: EPA)

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Comme on s'y attendait, les trois partis d'opposition ont fait front commun vendredi, renversant le gouvernement du Premier ministre conservateur Stephen Harper via le vote d'une motion de censure. Le Canada s'achemine donc vers ses quatrièmes élections en sept ans.

La motion de censure, qualifiée d'«historique», car motivée par «l'outrage au parlement» reproché au gouvernement, a été appuyée par 156 voix, soit l'ensemble des députés d'opposition présents, contre 145 voix des conservateurs.

Effectivement, il s'agit d'une première dans l'histoire du parlementarisme britannique, dont le modèle est suivi au Canada, pays du Commonwealth dont la reine Elizabeth II est le chef d'Etat en titre.

Outrage au parlement

Pour porter cette accusation d'outrage au parlement, l'opposition avait invoqué notamment le refus du gouvernement de livrer aux députés des renseignements précis sur le coût de son programme de lutte contre la criminalité, de l'achat d'avions de chasse et d'exonérations d'impôts offertes aux entreprises.

Dès la fin de la séance, le Premier ministre sortant Stephen Harper et le chef de l'opposition libérale Michael Ignatieff ont fait des déclarations inaugurant la campagne électorale, l'un attirant l'attention sur l'économie, l'autre sur les questions éthiques et la démocratie.

M. Harper a passé sous silence les raisons invoquées par l'opposition pour censurer son gouvernement.

Il a en revanche défendu son budget, affirmant qu'il n'y avait rien dans ce projet «que l'opposition ne pouvait pas ou ne devait pas soutenir» et invoquant la nécessité de défendre la reprise encore «fragile» de l'économie.

Harper va présenter sa démission

«Malheureusement, a-t-il affirmé, M. Ignatieff et ses partenaires de la coalition, le NPD (Nouveau parti démocratique, gauche) et le Bloc Québécois ont bien fait comprendre qu'ils avaient déjà décidé d'aller aux élections», dont «les Canadiens et les Canadiennes ne voulaient clairement pas».

M. Harper a indiqué qu'il allait se rendre samedi chez le gouverneur général David Johnston pour lui annoncer sa démission et lui demander de dissoudre le parlement. Selon la tradition, en sortant de chez le représentant de la reine d'Angleterre, le Premier ministre sortant annoncera la date des élections, les quatrièmes en sept ans.

Volée de bois vert

De son côté, M. Ignatieff a envoyé une nouvelle volée de bois vert à M. Harper et a affirmé représenter, avec son équipe, «une alternative claire» aux conservateurs.

«Cela veut dire un gouvernement qui respecte la démocratie, qui veut que le Canada devienne un pays vert, un pays fier sur la scène internationale et qui s'occupe des familles et de leurs priorités au lieu des avions de chasse», a-t-il poursuivi, avant d'affirmer que «plus de 60% de la population ne veut pas simplement restreindre (l'action de) M. Harper, mais le remplacer».

Si l'opposition est parvenue à surmonter ses divisions pour faire tomber le gouvernement conservateur, il n'est pas du tout certain qu'elle puisse se retrouver au pouvoir à l'issue du scrutin. Et celui-ci pourrait finalement offrir aux conservateurs l'occasion d'obtenir une majorité au parlement, après cinq ans de gouvernement minoritaire.

La formation du Premier ministre sortant est créditée de 43% des intentions de vote, contre 24% pour le Parti libéral, la principale formation d'opposition, selon un sondage publié jeudi par l'Institut Ipsos Reid pour le groupe de presse Postmedia News.

Le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) bénéficie quant à lui de 16% des intentions de vote, selon cette enquête réalisée mardi après la présentation du budget, aussitôt rejeté par l'opposition.

(ap/afp)