Tunisie - Egypte

18 février 2011 19:57; Act: 18.02.2011 19:59 Print

Chute du pouvoir rime avec mauvaise santé

Il faut voir plusieurs liens entre l'éjection du pouvoir des présidents tunisiens et égyptiens et l'état moribond qui leur est attribué actuellement, estime le professeur de psychologie Philip Jaffé.

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Si le stress des événements a pu entraîner la dégradation de leur santé, tous deux ont aussi intérêt à ne pas être en forme.

L'accident vasculaire cérébral, (AVC, dont aurait été victime le Tunisien Zine Ben Ali, ndlr) est très lié au stress, indique le professeur à l'Université de Genève. «On peut imaginer qu'à sa chute, lorsque tout s'effondre pour lui du jour au lendemain, un dictateur passe par un pic de stress extrêmement aigu», poursuit-il.

L'homme relève aussi que ces dirigeants sont également «prisonniers d'un système». «Tout dictateurs qu'ils soient, ils sont exploités par leur famille et de nombreux groupes d'intérêts qui les maintiennent au pouvoir le plus longtemps possible», ce qui, selon l'expert, a pour conséquence une situation d'»angoisse» permanente.

L'âge et la santé déjà fragile des deux hommes (Zine Ben Ali, 74 ans souffre d'un cancer de la prostate, tandis qu'Hosni Moubarak, 82 ans, a subi une ablation de la vésicule biliaire il y a un an) pourrait aussi les avoir rendus «plus renversables», estime M. Jaffé. Il imagine également que la propagande ne fonctionne plus pour cacher leur réel état de santé.


Intérêt à mal se porter

Quelle que soit la réalité, «les deux hommes ont tout avantage à exagérer leur mauvaise santé pour mieux se placer en vue d'un éventuel procès», pense le psychologue. «On l'a vu avec Pinochet: plus on est vieux et affaibli et moins on a de chances d'être convoqué». Il souligne qu'il y a «toujours une exception médicale» dans les procédures judiciaires.

Des proches de M. Ben Ali ont annoncé jeudi que l'ancien président tunisien se trouvait «dans le coma» depuis deux jours dans un hôpital de Jeddah suite à un AVC. Un autre proche de la famille a annoncé à l'agence RIA Novosti que son épouse Leïla Trabelsi n'était pas à ses côtés, les autorités saoudiennes ne l'ayant pas laissée entrer dans le pays.

Quant à Hosni Moubarak, son état de santé s'est «sérieusement dégradé», selon le quotidien saoudien «Ach Chark al Aoussat». Il serait reclus dans sa résidence de Charm el-Cheikh où il ne penserait plus qu'à mourir, selon un responsable saoudien qui indiquait mercredi que l'ex-président égyptien avait décliné une invitation de l'Arabie saoudite.

(ats)