Ouganda

21 novembre 2014 15:15; Act: 21.11.2014 16:09 Print

Cinq condamnations pour excision

Cinq hommes et femmes ont été condamnés à quatre ans de prison en Ouganda pour avoir excisé ou aidé à exciser des filles dans l'est du pays, rapporte le «Daily Monitor».

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Cette décision de justice, rare, est un signe de la volonté des autorités d'éradiquer une pratique parfois mortelle. Les cinq condamnés avaient été arrêtés dans le district de Kapchorwa la semaine dernière. Tous avaient plaidé coupables.

L'excision, qui consiste en l'ablation totale ou partielle des organes génitaux externes féminins (clitoris, petites et grandes lèvres), est interdite en Ouganda depuis 2010. Participer de près ou de loin à ces mutilations est même punissable par la loi dans ce pays d'Afrique de l'Est. Tout comme est punissable le fait de discriminer une femme qui n'a pas été excisée.

Peu de poursuites

Des dizaines d'arrestations ont été réalisées depuis l'entrée en vigueur de la loi. Mais elles ont donné lieu à peu de poursuites. Selon le porte-parole de la police, Fred Enanga, la pratique «s'estompe» dans certaines régions, mais pas encore à Kapchorwa où, considérée comme «une tradition», elle est encore largement pratiquée.

Les excisions sont cependant désormais effectuées en secret. «Les communautés craignent la loi et elles n'organisent plus ces journées culturelles au cours desquelles les familles amènent leurs filles», a-t-il ajouté. «Ce n'est plus un événement culturel comme la circoncision masculine.»


Plus de 125 millions de victimes

Quand elle n'entraîne pas la mort, l'excision peut être source de stérilité, d'incontinence urinaire, ou encore de risques accrus d'infection lors de futurs accouchements. Fin octobre, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé une campagne mondiale contre la pratique depuis Nairobi, afin de l'éradiquer en une génération.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recense plus de 125 millions de victimes d'excision dans 29 pays d'Afrique et du Moyen-Orient. L'Unicef note que la pratique est aussi en hausse en Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis, notamment parmi les populations immigrées.

(ats)