France

06 décembre 2018 17:42; Act: 06.12.2018 21:04 Print

Cinq conséquences de la crise des «gilets jaunes»

La crise aiguë des «gilets jaunes» pourrait laisser des traces durables.

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Dans son allocution lundi soir, Macron annonce une volée de mesures pour apaiser les «gilets jaunes». Le chef de l'Etat français a décrété «l'état d'urgence économique et sociale». (10 décembre 2018) 8'000 membres des forces de l'ordre étaient disposés à Paris et 89'000 dans toute la France. (Samedi 8 décembre 2018) Vers 18h, «il y a eu 1'385 interpellations» et «ce chiffre va encore progresser», a annoncé M. Castaner, le Ministre de l'Intérieur français. (Samedi 8 décembre 2018). La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a déploré samedi soir «des scènes de chaos» dans la capitale et des «dégâts incommensurables» pour l'économie et l'image de la ville. (Samedi 8 décembre 2018) Des voitures et du mobilier urbain ont été incendiés, des vitrines saccagées et des magasins pillés. (Samedi 8 décembre 2018) Des premières scènes de casse et de pillages ont été enregistrées en début d'après-midi, à Paris. (Samedi 8 décembre 2018) Des véhicules blindés ont été utilisés. (Samedi 8 décembre 2018) Quelque 31'000 «gilets jaunes» manifestaient à la mi-journée en France pour la quatrième grande journée d'action qui a déjà donné lieu à plus de 700 interpellations, dont 575 à Paris, selon le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez. (Samedi 8 décembre 2018) Vers 13 heures, on comptait désormais plus de 700 interpellations de «gilets jaunes». (Samedi 8 décembre 2018) Environ 70 personnes ont été arrêtées samedi en amont d'une manifestation de «gilets jaunes» à Bruxelles, en Belgique, où le quartier des institutions européennes a été entièrement bouclé. (Samedi 8 décembre 2018) Vers midi, peu de heurts s'étaient produits entre «gilets jaunes» et forces de l'ordre dans la capitale française. (Samedi 8 décembre 2018) (Samedi 8 décembre 2018) Le Premier ministre français Edouard Philippe s'est exprimé vers 11 heures pour préciser que 481 personnes avaient été interpellées et 211 placées en garde à vue. (Samedi 8 décembre 2018) Une partie du dispositif de sécurité des forces de police prévu pour faire face à la mobilisation attendue des «gilets jaunes» a fuité sur internet. Une enquête a été ouverte. (Samedi 8 décembre 2018) La tension montait samedi matin aux abords des Champs-Elysées, à Paris, où les forces de l'ordre ont lancé les premiers gaz lacrymogènes contre des «gilets jaunes». (Samedi 8 décembre 2018) De nombreux «gilets jaunes» ont rejoint les Champs-Elysées, dans la capitale française, pour ce quatrième samedi de mobilisation. (Samedi 8 décembre 2018) (Samedi 8 décembre 2018) Près de 350 personnes ont été interpellées en début des manifestations des «gilets jaunes». En outre, 127 personnes avaient été placées en garde à vue, vers 10h30. (Samedi 8 décembre 2018) (Samedi 8 décembre 2018) Des véhicules blindés ont également été mobilisés. (Samedi 8 décembre 2018) La Tour Eiffel et Le Louvre étaient fermés au public, comme d'autres édifices. (Samedi 8 décembre 2018) Les forces de l'ordre fouillaient les manifestants avant de les laisser passer, afin d'éviter des débordements, comme le week-end passé. (Samedi 8 décembre 2018) La France redoute une nouvelle journée de violence lors de la quatrième journée de mobilisation des «gilets jaunes». (Samedi 8 décembre 2018) Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé qu'il allait rencontrer des «gilets jaunes libres». (Vendredi 7 décembre 2018) Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner a estimé que «tout laisse à penser que des éléments radicaux, des factieux, vont à nouveau tenter de se mobiliser samedi», lors de la manifestation des gilets jaunes. (Vendredi 7 décembre 2018) Les autorités françaises font tout pour éviter une nouvelle explosion de violence samedi à Paris en marge du mouvement des «gilets jaunes». (7 décembre 2018) La préfecture a appelé les commerces des Champs-Elysées à fermer leurs portes pour le 4e samedi de grogne à venir. Les musées devraient également être fermés. (jeudi 6 décembre 2018) L'exécutif défend mercredi son plan de sortie de crise devant l'Assemblée nationale, au lendemain d'annonces visant à apaiser les «gilets jaunes» et à réduire le risque d'un nouveau week-end de violences. (5 décembre 2018) Le gouvernement «suspend pour six mois» la hausse de la fiscalité sur le carburant et les tarifs du gaz et de l'électricité «n'augmenteront pas pendant l'hiver», a annoncé mardi le Premier ministre Édouard Philippe pour tenter de sortir de la crise des «gilets jaunes». (mardi 4 décembre 2018) Le Premier ministre Édouard Philippe va annoncer ce mardi un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants prévue le 1er janvier. (mardi 4 décembre 2018) Pour remettre en état le seul Arc de Triomphe, il faudra des centaines de milliers d'euros, estime le président du Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval, ce dimanche 2 décembre 2018. Une statue de Marianne, symbole de la France, à l'intérieur de l'Arc de Triomphe. (dimanche 2 décembre 2018) L'arc de triomphe a été tagué. (dimanche 2 décembre 2018) Des voitures ont été brûlées à Paris. (dimanche 2 décembre 2018) Des vitrines commerçantes ont été attaquées et des commerces ont été pillés. (dimanche 2 décembre 2018) A Toulouse, dans le sud de la France, le bilan des manifestations qui ont dégénéré est lourd. Sur les 57 blessés qui sont à déplorer, on dénombre 48 policiers. (dimanche 2 décembre 2018) Un conducteur est décédé suite à un carambolage à cause d'un barrage de «gilets jaunes» près d'Arles (dimanche 2 décembre 2018) Emmanuel Macron a remercié les forces de l'ordre et les pompiers. Il s'est également rendu sur les lieux de manifestations. (Dimanche 2 décembre 2018) Quelques centaines de personnes étaient déjà rassemblées avant 8 heures le matin devant les barrages des forces de l'ordre. (Samedi 1 décembre 2018) Troisième jour de mobilisation nationale des gilets jaunes sur les Champs-Elysées (Samedi 1 décembre 2018) Deux véhicules de police ont été détruits lors d'incidents vendredi à la fin d'une manifestation d'environ 300 «gilets jaunes» à Bruxelles. (Vendredi 30 novembre 2018) La pétition en ligne sur change.org. contre la hausse du carburant à la pompe a dépassé le million de signataires ce jeudi. Un vrai succès! (29 novembre 2018) «Je soutiens les gilets jaunes. Je suis très respectueux de leur cause. Je suis ça avec tristesse et frustration(...). Leur mouvement est compréhensible», a déclaré Michel Polnareff au quotidien Le Parisien.(Mercredi 28 novembre 2018) Brigitte Bardot soutient le mouvement des «gilets jaunes». «Avec vous», écrit-elle sur Twitter. (Mercredi 28 novembre 2018) Franck Dubosc, Pierre Perret, Kaaris ont manifesté sur les réseaux sociaux leur soutien aux «gilets jaunes.» (Mercredi 28 novembre 2018) Face au mouvement des «gilets jaunes», Emmanuel Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes carburant et une «grande concertation». Il n'entend toutefois pas renoncer à sa stratégie sur l'environnement et le nucléaire. (Mardi 27 novembre 2018) Une barricade en feu sur le haut de l'avenue des Champs-Elysées, devant l'Arc de Triomphe. (Samedi 24 novembre 2018) C'est sur l'avenue des Champs-Elysées, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, que les incidents ont été les plus marquants. (Samedi 24 novembre 2018) Il y a eu au total 130 personnes placées en garde à vue, dont 42 à Paris. (Samedi 24 novembre 2018) 106'301 «gilets jaunes» ont été recensés samedi à 17h00 dans toute la France, dont 8000 à Paris. (Samedi 24 novembre 2018) Le président Emmanuel Macron a exprimé sa «honte» face à ces incidents, dénonçant ceux qui ont «agressé» les forces de l'ordre et «violenté d'autres citoyens». (Samedi 24 novembre 2018) La manifestation des «gilets jaunes» samedi sur les Champs-Elysées a donné lieu à des échauffourées et des interpellations. (Samedi 24 novembre 2018) Seize policiers ont été blessés lors d'échauffourées lors de manifestations des gilets jaunes. L'un des policiers a eu la main arrachée par une grenade. (Mercredi 21 novembre 2018) (Mercredi 21 novembre 2018) Troisième jour de blocage et une première condamnation: les «gilets jaunes» poursuivaient lundi les opérations de blocage en ciblant autoroutes et dépôts pétroliers, tandis que les autorités affichaient leur fermeté. (19 novembre 2018) La conductrice qui, prise de panique samedi matin, a tué une manifestante à Pont-de-Beauvoisin en Savoie, a été mise en examen pour violences volontaires avec arme par destination ayant entraîné la mort sans intention de la donner. (Lundi 19 novembre 2018) Au lendemain de la mobilisation qui a rassemblé près de 288'000 personnes dans toute la France, la mobilisation continue par endroits. (dimanche 18 novembre 2018) Des barrages ont été tenus par les «gilets jaunes» dans la nuit du 17 au 18 novembre. Quelque 288'000 personnes se sont mobilisés la veille contre la hausse des prix du carburant. On déplore un mort et quelque 400 blessés au lendemain de ce mouvement social. (dimanche 18 novembre 2018) Une manifestante est décédée samedi matin en Savoie après avoir été heurtée par une voiture lors d'un barrage organisé par les «gilets jaunes» et 227 personnes ont été blessées dont sept gravement au cours d'autres incidents, a indiqué le ministère de l'Intérieur. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) Près de 283'000 personnes ont participé à 2000 rassemblements recensés dans tout le pays, au cours desquels 117 personnes ont été interpellées dont 73 placées en garde à vue. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) A Quimper, deux policiers ont été blessés après avoir été volontairement heurtés par un véhicule. L'un des deux a dû être hospitalisé, selon la préfecture. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) Près de Bordeaux, quatre membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés en fin de journée lors de heurts avec les manifestants lors d'une opération d'évacuation du péage de Virsac, sur l'A10, où la circulation était filtrée depuis la matinée, selon la préfecture. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) Rennes, le 17 novembre 2018. Rennes, le 17 novembre 2018. Dans le Bas-Rhin, un piéton est entre la vie et la mort. On dénombre par ailleurs au moins 16 blessés en fin de matinée ce 17 novembre 2018. Ici, la mobilisation à Vendenheim, dans l'est de la France. Une manifestante a été tuée à un barrage en Savoie quand la conductrice, dont la voiture était secouée par les manifestants, a été prise de panique et a appuyé sur le champignon pour se tirer de ce mauvais pas. (17 novembre 2018) A Morbecque, même la mairie s'est mise aux couleurs de la protestation contre la hausse des prix du carburant. (17 novembre 2018) Un manifestant en colère. (17 novembre 2018) Un autre manifestant en colère. (17 novembre 2018) Un conducteur professionnel en colère. (17 novembre 2018)

Une faute?

Voitures brûlées, magasins pillés, les images des violences samedi dernier à Paris, qui ont fait le tour du monde, «sont une catastrophe pour l'image de la France», déplore Jean-Virgile Cance, président du Groupement national des chaînes hôtelières.

Un coup au tourisme et à l'économie

Les réservations pour les fêtes de fin d'année ont déjà chuté de 10 à 15% sur un an, selon lui. Les barrages routiers et les blocages de dépôts pétroliers à travers le pays ont désorganisé plusieurs secteurs clés de l'économie, notamment le transport de marchandises et le commerce.

Dans l'agroalimentaire, les fêtes de fin d'année peuvent représenter jusqu'à 20% du chiffre d'affaires annuel, selon les professionnels du secteur, qui craignent plus de 13 milliards d'euros de manque à gagner.

Par ailleurs, les concessions des autorités auront un coût budgétaire : 4 milliards d'euros selon le gouvernement, qui assure néanmoins que le déficit français restera sous la barre des 3% du PIB exigé par l'Union européenne.

L'image écornée d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, arrivé au pouvoir lors d'une ascension fulgurante, s'était affiché en «réformateur» déterminé et avait promis à son arrivée de sortir la France du marasme et d'en faire une «start-up nation».

Mais sa politique est aujourd'hui perçue comme inégalitaire par une partie de l'opinion. Et l'ancien banquier d'affaires est de plus en plus souvent accusé par certains «d'arrogance» et de manque d'écoute. Sa popularité est au plus bas dans les sondages, à 23% d'avis favorables.

La fiscalité écologique en suspens

Revendication phare des «gilets jaunes», l'abandon «pour l'année 2019» des hausses de taxes sur les carburants a finalement été concédé par le gouvernement, qui a annoncé une série de concertations à travers le pays notamment sur la manière de parvenir à une transition énergétique.

Après le renoncement à la taxe poids lourds sous le président François Hollande et celui de la taxe carbone sous Nicolas Sarkozy, le recul du gouvernement est un nouveau coup de massue pour les écologistes, qui ont fustigé cette semaine une écologie «bouc émissaire» qui «se prend une balle perdue».

Une revanche des «populistes»

L'élection d'Emmanuel Macron - héraut d'une Europe forte et du multilatéralisme - avait été perçue comme une victoire pour le camp des «progressistes» après une année 2016 marquée par le Brexit et l'élection de Donald Trump.

Dans la perspective des élections européennes de mai prochain, le jeune président français s'est ainsi posé en défenseur d'un arc «progressiste» en Europe contre le «repli nationaliste», incarné à ses yeux par le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini ou le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Une remise en question du système politique

Dans leurs interventions, nombre de «gilets jaunes» fustigent avec virulence les partis politiques traditionnels - auxquels ils disent ne plus croire ou faire confiance du tout - et une «déconnexion» des élus par rapport au peuple.

Ce mouvement illustre aussi un rejet de plus en plus violent du concept de l'«hyper président» sous la Vème République, concentrant trop de pouvoirs et cible première des critiques, et qui a déjà coûté leurs postes aux ex-présidents Hollande et Sarkozy.

Autre critique parmi ces contestataires issus des classes moyennes et populaires, notamment de milieux ruraux et de villes moyennes : la sous-représentation des catégories les plus modestes au Parlement français, qui leur fait réclamer un recours accru au scrutin proportionnel et aux référendums.

(nxp/afp)