New Delhi

01 janvier 2016 08:32; Act: 01.01.2016 08:58 Print

Circulation alternée pour juguler la pollution

Les rues de la capitale indienne étaient interdites vendredi à plus d'un million de véhicules privés.

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Un Indien tente de se protéger de la pollution. (Photo: AFP)

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La capitale la plus polluée au monde tente la circulation alternée pour mieux respirer. De nombreux policiers et volontaires étaient déployés pour contrôler la mise en oeuvre de cette expérimentation, dans une ville où les règles du code de la route, en temps normal, sont allègrement contournées.

Jusqu'au 15 janvier, les véhicules privés dotés de plaques d'immatriculation impaires rouleront les jour impairs et les autres les jours pairs. La restriction court de 08h00 à 20h00, mais pas le dimanche. Et elle ne concerne pas les VIP, les femmes seules et les deux-roues qui contribuent pourtant beaucoup au brouillard ambiant.

Amende importante

Sur l'une des principales avenues de la capitale, la plupart des véhicules étaient effectivement dotés de plaques impaires, tandis que de nombreux cyclistes portant gilets fluorescents et masques de protection pédalaient vers leur travail.

«La circulation est clairement moins intense aujourd'hui», confirme Mohammad Shahid, un volontaire de 58 ans posté à l'un des carrefours les plus denses de Delhi. «Mais je ne sais pas si c'est à cause de la circulation alternée ou du fait que les gens ont trop fait la fête hier.»

Des agents de circulation se sont de leur côté étonnés de l'apparent civisme des automobilistes. Quelques resquilleurs toutefois se sont vus imposer l'amende de 2000 roupies (environ 30 francs), coquette somme pour bon nombre d'habitants.

Pollution dix fois supérieure aux normes

L'initiative avait été annoncée début décembre pour répondre à l'inquiétude grandissante face à des niveaux de pollution dix fois plus élevés que les normes fixées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une étude menée en 2014 par l'agence onusienne sur 1600 villes du monde a montré que Delhi affiche la plus haute concentration annuelle de particules fines à pm 2,5, c'est-à-dire d'un diamètre de 2,5 microns.

Ces particules, qui s'installent profondément dans les poumons et peuvent passer dans le système sanguin, sont responsables de taux plus élevés que la moyenne de bronchites chroniques, cancers du poumon et maladies cardiaques.

Trois millions de véhicules concernés

Plus de 8,5 millions de véhicules circulent dans les rues de Delhi et 1400 nouvelles voitures viennent s'y ajouter chaque jour. Les seuils de pollution grimpent encore en hiver, lorsque des milliers d'Indiens allument des feux pour se chauffer. Un peu moins de trois millions de ces véhicules sont privés, donc concernés par la circulation alternée.

Les sceptiques pensent que les Indiens seront nombreux à recourir au «jugaad», technique qui consiste à trouver une solution alternative pour pas trop cher, en se procurant de fausses plaques ou en achetant une deuxième voiture bon marché.

Delhi a indiqué que la mesure pourrait être généralisée si l'expérience s'avérait concluante.

(nxp/ats/afp)