Inde

19 mai 2019 10:36; Act: 19.05.2019 16:50 Print

Clôture du scrutin pour les législatives

Dimanche, le peuple indien vote. Les nationalistes hindous espèrent être reconduits.

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Près de 120 millions d'électeurs, sur les 900 au total que compte la démocratie la plus peuplée du monde, sont appelés aux urnes dimanche. (Photo: AFP)

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L'Inde a conclu dimanche son vote marathon de six semaines pour les législatives, qui décideront de la reconduction ou non du Premier ministre nationaliste Narenda Modi à la tête de la démocratie la plus peuplée du globe.

Devenu en 2014 l'un des premiers représentants de la vague populiste mondiale actuelle à accéder au pouvoir, M. Modi espère décrocher un deuxième mandat de cinq ans, mais la société indienne, polarisée comme rarement à l'issue d'une campagne acrimonieuse, pourrait aussi retourner à une formule politique plus traditionnelle avec une coalition autour de l'historique parti du Congrès.

Les urnes livreront leur verdict jeudi, jour du dépouillement. Une demi-heure après la fermeture des derniers bureaux de vote à 18 h, heure locale , les grands médias indiens ont publié leurs sondages sortie des urnes, même si les études d'opinion sont notoirement peu fiables en Inde.

La plupart de ces sondages s'accordaient pour prévoir une majorité parlementaire à la coalition sortante, emmenée par M. Modi et son Bharatiya Janata Party (BJP). Principale formation d'opposition, le parti du Congrès serait en progression, mais pas suffisamment pour espérer pouvoir former le gouvernement.

Doté d'un sens politique redoutable, Narendra Modi a fait de ces législatives un quasi-référendum sur sa personne et la campagne du BJP a été dominée par un discours sécuritaire.

Le charismatique fils d'un vendeur de thé du Gujarat (ouest) affronte une myriade de puissants partis régionaux bien décidés à le faire chuter, ainsi que le parti du Congrès emmené par l'héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, Rahul.

Participation de 66%

En raison des dimensions géographiques et démographiques de l'Inde, géant d'Asie du Sud, les régions votent à tour de rôle depuis le 11 avril. Les derniers bureaux de vote fermeront à 18 heures locales (14h30 en Suisse), pour un comptage des voix jeudi 23 mai.

Des villages en haute altitude du Ladakh en passant par la poussiéreuse plaine du Gange ou les mégapoles polluées, la participation s'est établie à 66% aux précédentes phases du scrutin, un niveau habituel pour ces élections, temps fort de la vie de la troisième économie d'Asie.

Calcutta scruté de près

Calcutta et la ville sacrée de Varanasi sont les principaux points d'attention de cette dernière journée de vote. Dans la matinée, aucune violence majeure n'a été signalée à Calcutta, où partisans du premier ministre sortant Narendra Modi et de l'opposition se sont affrontés dans des combats de rue cette semaine.

La police locale avait procédé à plus d'une centaine d'interpellations. En ce jour de vote, les forces de sécurité sont déployées en nombre dans la capitale du Bengale occidental (est) pour éviter de nouveaux heurts.

Au vu de la campagne électorale agressive qui tient en haleine la nation de 1,3 milliard d'habitants depuis des semaines, «le niveau de la politique indienne a gravement baissé», déclare Asit Banerjee, professeur d'histoire de Calcutta, en se rendant au bureau de vote. «Le combat de boue sans fin et les déclarations vitupératrices ont imprégné la campagne», estime-t-il.

Majorité absolue compliquée

Le nationaliste hindou Narendra Modi brigue un deuxième mandat de cinq ans. Il a en face de lui une myriade de puissants partis régionaux décidés à le faire chuter, ainsi que l'historique parti du Congrès emmené par l'héritier Rahul Gandhi.

Natif du Gujarat (ouest) et vendeur de thé dans son enfance, le chef de gouvernement bénéficie d'une grande popularité due à ses origines modestes et à l'image d'homme fort qu'il cultive. Les analystes doutent toutefois qu'il parvienne à réitérer son exploit de 2014 d'obtenir la majorité absolue avec son seul parti. Il pourrait devoir former une coalition pour se maintenir à son poste, ce qui constituerait un retour à la norme pour la politique indienne.

A l'épreuve des urnes

Le premier ministre de 68 ans est personnellement à l'épreuve des urnes dimanche. Sa circonscription de Varanasi (Bénarès, nord), ville sacrée de l'hindouisme située sur le bord du Gange, vote à l'occasion de cette septième phase. Sa formation, le Bharatiya Janata Party (BJP), a axé sa campagne sur la personne de Narendra Modi et la sécurité nationale, se présentant en rempart au Pakistan, plutôt que sur le développement de l'économie, programme qui l'avait propulsé au pouvoir il y a cinq ans.

Au lieu de défendre son bilan, Modi «a joué sur nos insécurités et fait vibrer nos peurs intérieures profondes», estime dimanche le commentateur politique Karan Thapar dans les colonnes du quotidien Hindustan Times. «Son but était de nous rappeler la vulnérabilité de l'Inde. Il a donc attisé la peur, au point de créer la paranoïa», sans parler de sujets pressants comme la crise rurale ou le chômage, juge l'éditorialiste, égratignant aussi la campagne de Rahul Gandhi pour son manque de souffle.

(nxp/ats)