Italie

12 mai 2012 10:20; Act: 12.05.2012 16:12 Print

Cocktails Molotov contre un bureau des impôts

Des cocktails Molotov ont été lancés contre un bureau de l'agence de perception de l'impôt Equitalia dans la ville de Livourne, dans le centre de l'Italie.

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Un nouvel attentat contre un symbole de la politique d'austérité a frappé samedi un bureau de l'agence de perception de l'impôt Equitalia à Livourne, au centre de l'Italie. La colère monte contre le gouvernement de «techniciens» de Mario Monti, qui a notamment augmenté les impôts pour réduire le déficit budgétaire.

Le chef du gouvernement entend par ailleurs élargir les pouvoirs d'Equitalia dans le cadre de son offensive contre la fraude et l'évasion fiscales, qui privent le Trésor d'environ 120 milliards d'euros par an.

Selon l'agence de presse italienne ANSA, des bombes artisanales ont endommagé la façade du bâtiment ou se trouve Equitalia. La police n'a fourni aucun détail supplémentaire.

Des heurts entre contribuables mécontents et policiers ont déjà récemment éclaté devant plusieurs perceptions du Trésor public, notamment à Naples.

La semaine dernière, un commerçant de 54 ans a pris en otage pendant plusieurs heures un responsable d'Equitalia, sous la menace d'une arme, avant de se rendre à la police. Des groupes anarchistes ont également envoyé ces derniers mois des lettres piégées à Equitalia.

Colis suspect

Vendredi, un colis suspect contenant une poudre blanche mais pas de détonateur a ainsi été reçu par le bureau romain de l'entreprise publique chargée de la perception des impôts et des contraventions.

Vendredi, à Legnano, à 30 km au nord-ouest de Milan, des affiches portant les mots «Brigades rouges» et l'étoile à cinq branches du groupe armé d'extrême gauche ont été collées sur les murs de bâtiments publics, dont une perception.

En décembre, le directeur général d'Equitalia avait été blessé au doigt par une lettre piégée. En janvier, trois engins explosifs avaient sauté devant une succursale de l'entreprise à Naples.

Violence extrémiste ravivée?

Les attentats de ces derniers jours contre des symboles de la politique d'austérité ravivent les craintes d'une résurgence de la violence extrémiste qui a ensanglanté la péninsule dans les années 1970 et 1980.

Un groupe anarchiste, la «Fédération anarchiste informelle-Front révolutionnaire international», a aussi revendiqué vendredi l'attentat dans lequel le directeur général d'Ansaldo Nucleare, une société spécialisée dans le nucléaire, a été blessé par balle lundi dernier à Gênes. Il promet de s'en prendre ensuite à Finmeccanica, le deuxième groupe industriel du pays.

«Finmeccanica, c'est la mort et l'exploitation», écrit-il dans une lettre reçue par le quotidien Corriere della Sera, qui évoque l'accident nucléaire de Fukushima l'an dernier et accuse notamment le groupe italien d'être l'un des fournisseurs de la police «raciste» américaine.

Ambassade de Suisse

En décembre dernier, le même groupe anarchiste avait revendiqué l'envoi d'un colis piégé qui avait blessé le responsable d'un centre du fisc à Rome.

La même semaine, une autre lettre piégée adressée au président de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, avait été interceptée en Allemagne avant d'atteindre son destinataire. Des enquêteurs allemands ont rapporté que l'envoi était aussi revendiqué dans un message par la «Fédération anarchiste informelle».

Peu avant Noël 2010, le groupe avait revendiqué l'envoi de colis piégés aux ambassades du Chili et de Suisse à Rome. Il y a avait eu deux blessés. Il a aussi affirmé être responsable de l'explosion d'un colis piégé qui a fait deux blessés en mars 2011 dans les bureaux du groupe Swissnuclear dans le nord de la Suisse.

(ats)