Syrie

18 octobre 2019 09:03; Act: 18.10.2019 18:47 Print

Quatorze civils tués dans un raid aérien en Syrie

Malgré l'accord de cessez-le-feu annoncé jeudi, quatorze civils ont été tués vendredi dans une attaque turque au nord de la Syrie.

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Le raid aérien turque a visé un village près de la ville frontalière de Ras al-Aïn, au nord de la Syrie. (Photo: AFP)

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Au moins quatorze civils ont été tués vendredi dans le nord de la Syrie dans un raid aérien de la Turquie visant un village près de la localité frontalière de Ras al-Aïn, où des forces kurdes résistent toujours à une offensive d'Ankara, selon une ONG.

«Quatorze civils ont été tués dans une frappe aérienne de la Turquie sur le village de Bab al-Kheir», a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), malgré une trêve acceptée par Ankara jeudi soir. L'OSDH fait également état de huit combattants kurdes décédés pendant l'attaque.

Des bombardements aériens et des tirs d'artillerie de la Turquie ont visé des positions des forces kurdes et des civils dans le nord de la Syrie en «violation» du cessez-le-feu, a estimé vendredi un porte-parole des forces kurdes Mustafa Bali.

«Malgré l'accord pour un arrêt des combats, les attaques aériennes et à l'artillerie continuent de viser des positions des combattants, des zones civiles et l'hôpital de Ras al-Aïn», a dénoncé sur son compte twitter Mustafa Bali.

Combats sporadiques à Ras al-Aïn

Désormais les combats se concentrent à Ras al-Aïn, conquise à moitié par les forces turques, d'après l'OSDH, même si les FDS ont livré une résistance farouche.

Vendredi matin, des combats sporadiques se déroulaient dans cette ville frontalière du nord syrien.

«Il y a des tirs d'artillerie sporadiques et on peut entendre des tirs dans la ville de Ras al-Aïn», avait indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, après que la Turquie a accepté de suspendre son offensive pendant cinq jours sous certaines conditions.

Côté turc de la frontière, une correspondante de l'AFP pouvait entendre des tirs d'artillerie et des explosions tandis que des volutes de fumée blanche s'élevaient dans le ciel du côté syrien.

Les autorités kurdes ont tenté de dépêcher vendredi une équipe médicale à Ras al-Aïn pour tenter d'évacuer les blessés des derniers jours, a indiqué à l'AFP Hassan Amin, un responsable de l'hôpital de Tal Tamr, une ville plus au sud.

«La situation des blessés est critique et leur nombre élevé», a indiqué M. Amin, assurant que «l'équipe médicale n'avait pas été autorisée à entrer» dans la ville, l'OSDH accusant les rebelles proturcs.

Plus tard un correspondant de l'AFP à Tal Tamr a rapporté le départ d'un autre convoi de 200 véhicules qui doit aider à évacuer les civils.

L'opération turque a tué 72 civils, et 235 combattants des FDS, selon un dernier bilan de l'OSDH, qui indique également que 187 combattants proturcs ont péri. Environ 300'000 personnes ont été déplacées par les combats, selon l'OSDH.

La Turquie a fait état de la mort de six soldats turcs en Syrie et de 20 civils tués dans les villes frontalières par des tirs des combattants kurdes syriens.

Cessez-le-feu de cinq jours

Jeudi soir à Ankara, le vice-président américain Mike Pence a annoncé que la Turquie allait suspendre pendant cinq jours son offensive en Syrie voisine et y mettre fin si les forces kurdes se retiraient d'un secteur frontalier durant ce délai.

Les forces kurdes devront se retirer d'un secteur d'une profondeur de 32 kilomètres censé se transformer à terme en «zone de sécurité», souhaitée depuis des mois par la Turquie. Son objectif est d'éloigner de la frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), mais aussi d'y installer une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie.

Ankara n'a pas immédiatement précisé la longueur de ce secteur. Par le passé le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré que cette zone devrait s'étirer, à terme, du fleuve Euphrate à la frontière irakienne, soit une longueur de 480 kilomètres.

A la faveur de leur offensive lancée le 9 octobre, les forces turques et les supplétifs syriens ont pu conquérir une bande frontalière de près de 120 kilomètres allant de la ville de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn.

(nxp/ats)