Tuerie en direct

31 août 2015 09:59; Act: 31.08.2015 13:55 Print

Comédiens, balles à blanc: revoilà les complotistes

Comme après chaque tuerie aux Etats-Unis, les adeptes des théories du complot se déchaînent. Certains crient à une mise en scène visant à durcir la loi sur les armes.

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16.09 Vicki Gardner, qui était interviewée quand Vester Lee Flanagan a ouvert le feu, s'est confiée publiquement pour la première fois après la tuerie survenue le 26 août. Elle était sûre de perdre la vie. 31.08 Selon les adeptes des théories du complot, la fusillade n'était qu'une mise en scène visant à durcir la loi sur les armes. Et le petit ami et le père d'Alison Parker ne sont que des comédiens payés pour rendre le drame crédible. 29.08 L'homme, qui a tué deux journalistes en direct à la télévision mercredi aux Etats-Unis, avait l'intention de commettre d'autres actes de violence, a indiqué vendredi le gouverneur de Virginie. 28.08 Vicki Gardner a échappé par miracle à la tuerie du 26 août. Elle a livré un premier témoignage à son mari. 28.08 Selon des documents judiciaires retrouvés par le «New York Daily News», la mère de Vester Lee Flanagan était violente et menaçait de mort son mari et ses enfants. L'enfant était âgé de 8 ans quand ses parents ont divorcé. 28.08 Le journaliste, qui a tué deux anciens confrères en direct à la télévision mercredi, «embêtait» ses collègues. Son attitude au travail ne laissait toutefois pas présager le drame à venir, a dit son ancien patron jeudi. 27.08 La chaîne WDBJ7 a rendu hommage aux deux employés abattus en direct à la TV mercredi. 27.08 Selon le Huffington Post, Adam Ward (droite) avait filmé le moment où Vester Flanagan se faisait virer manu militari de la chaîne WDBJ7. 26.08 Une journaliste et un caméraman d'une chaîne de télévision locale ont été abattus en plein direct mercredi en Virginie, dans l'est des Etats-Unis. Pris en chasse par la police, le tireur, un ancien employé de la chaîne, s'est tiré une balle et a succombé à ses blessures. Les deux journalistes abattus ont été identifiés comme étant Alison Parker et Adam Ward. Avant de commettre son acte barbare, l'ancien employé de la chaîne a filmé son acte. Sur sa vidéo, on le voit s'approcher de ses futures victimes... ... avant de se retrouver à un pas du caméraman... ... et de pointer son arme sur la journaliste, avant de faire feu. L'auteur de la fusillade, identifié comme étant Vester Lee Flanagan II, s'est donné la mort après avoir tiré sur une journaliste et un caméraman en direct à la TV. En fuite, le tireur est sorti de la route. Quand les agents de police se sont approchés, ils ont constaté qu'il s'était tiré dessus. Il est décédé de sa blessure à l'hôpital. La zone a été bouclée. Le tireur, de son vrai nom Vester Lee Flanagan II, mais qui se faisait appeler Bryce Williams pour son travail, avait envoyé un fax à la chaîne ABC près de deux heures après la fusillade. L'homme y explique avoir «souffert de discrimination, de harcèlement sexuel et de bizutage au travail».

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A chaque événement tragique, ils se déchaînent sur le web à coup de démonstrations, de théories et d'accusations. Et la
fusillade survenue mercredi dernier en direct à la télévision n'y échappe pas, rapporte le «Daily Star». Pour les adeptes des théories du complot, cette tuerie n'était qu'une mise en scène visant à forcer une interdiction des armes, à rétablir la loi martiale ou encore à déclencher une guerre raciale. Et tant pis si les preuves qu'ils pensent avancer ne tiennent pas la route.

Des «crisis actors»

Premier argument avancé par les complotistes: le père et le petit ami d'Alison Parker ne sont en fait que des «crisis actors», c'est-à-dire des comédiens payés par le gouvernement pour rendre une attaque terroriste ou un autre drame plus crédible. Sur YouTube, différentes interviews de Chris Hurst sont passées au crible. Certains estiment que le jeune homme ne semble absolument pas accablé par le décès de sa bien-aimée et que sa façon de montrer leur album de souvenirs à tout va est une «manière grossière de prouver que leur liaison était bien réelle».



La mine «souriante» d'une des collègues des deux victimes au moment de leur rendre hommage n'a pas non plus échappé à certains internautes, qui n'expliquent cependant pas où seraient passés Alison Parker et Adam Ward s'ils étaient encore en vie.


Mais ce qui fait particulièrement mousser les complotistes, ce sont deux tweets publiés par Chris Hurst où il rend hommage à Alison Parker. Alors que la tuerie est survenue à 6h45 heure locale, les deux publications du petit ami de la victime affichent 6h31 et 6h34. Avides d'apporter de l'eau à leur moulin, les internautes n'ont pas cru bon de tenir compte du décalage horaire entre la côte ouest et la côte est. Il était donc 9h30 heure locale quand le jeune homme a publié ses messages.


Vidéos remises en question

Certains estiment qu'il est impossible que les trois victimes de la fusillade n'aient pas vu Vester Lee Flanagan arriver. Ils relèvent également l'absence de sang alors que la journaliste se fait tirer dessus presque à bout portant, évoquant l'utilisation de balles à blanc. D'autres complotistes estiment que la main tenant l'arme n'est pas celle de Vester Lee Flanagan, mais qu'elle appartient à un homme blanc. Ils se demandent également d'où peut bien provenir l'arrêt sur image montrant le meurtrier en train de pointer son arme sur le caméraman. Selon eux, cette capture d'écran ne provient pas des images filmées par la caméra d'Adam Ward. «D'où vient-elle donc?» s'interroge un utilisateur de YouTube.


A coup d'arrêts sur images et d'analyses poussées, certains experts autoproclamés du «fake» affirment que les deux femmes visées par le tireur jouent la comédie. Ils n'expliquent cependant pas ce qu'il a pu advenir d'elles après cette «mise en scène».



Deux journalistes muselés

Un blogueur relève que deux journalistes de la BBC ont reçu l'ordre de la police de l'Etat de Virginie d'effacer la vidéo qu'ils avaient réalisée de la voiture accidentée de Vester Lee Flanagan. Franz Strasser et Tara McKelvey couvraient la course-poursuite entre les policiers et le tireur quand ils ont été interrompus dans leur travail, rapporte le site pri.org. La porte-parole de la police et l'Association nationale des photographes de presse ont ouvert une enquête sur l'incident. Cette péripétie n'a pas manqué de mettre la puce à l'oreille des complotistes, qui y voient là une tentative de cacher ce qui s'est vraiment passé. Ils ne précisent évidemment pas si Flanagan est réellement coupable ni ce qui a pu advenir de lui.


(joc)