France

14 octobre 2019 06:26; Act: 15.10.2019 06:54 Print

Commando de Notre-Dame: verdict attendu

Cinq femmes accusées d'un projet d'attentat contre la cathédrale Notre-Dame de Paris doivent connaître leur sort ce lundi.

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Inès Madani, Ornella Gilligmann et Sarah Hervouet (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison. Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre. Cinq femmes comparaîtront lundi aux assises, à Paris, pour avoir tenté de perpétrer un attentat près de la gare de Lyon, en septembre 2016. Des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture. (Samedi 21 septembre 2019) Ornella G. était fichée «S» en raison de ses velléités de départ vers la Syrie. Arrêtée avec son compagnon mardi sur une aire d'autoroute près d'Orange (sud), elle avait été déférée devant le juge plus tôt dans la journée. La garde à vue de son compagnon a été levée. (Samedi 10 septembre 2016) Ornella G., une des suspectes dans la tentative présumée d'attentat aux bonbonnes de gaz, a été mise en examen et écrouée samedi soir. (Samedi 10 septembre 2016) Le procureur de la République de Paris François Molins a fait un point sur le déroulement des événements liés à l'attentat déjoué en France lors d'une conférence de presse initialement prévue à 17h30 et qui s'est finalement tenue à 18h. (vendredi 9 septembre 2016) Le but du commando des 3 femmes arrêtés juste à temps était de perpétrer un attentat à la gare de Lyon à Paris. La zone a été sécurisée. (vendredi 9 septembre 2016) L'arrestation du compagnon de l'une des trois suspectes interpellées dans l'enquête sur la voiture chargée de bonbonnes de gaz. Arrêté jeudi soir, il est connu des services de renseignement français pour islamisme radical. (Vendredi 9 septembre 2016) Le véhicule contenant au moins six bouteilles de gaz (dont cinq pleines), a été découvert jeudi 8 septembre non loin de la cathédrale de Notre Dame à Paris. Quatre personnes ont été arrêtées. La principale suspecte - fille du propriétaire de la voiture - et deux de ses amies. Elles préparaient un attentat imminent à la gare de Lyon à Paris. (Vendredi 9 septembre 2016) Un policier contrôle une voiture à Boussy-Saint-Antoine, au sud de Paris. (8 septembre 2016) Un homme, menotté, est conduit dans l'appartement où des suspectes se trouvent. (8 septembre 2016) La police avait lancé un avis de recherche jeudi pour retrouver la jeune fille qui avait l'intention de faire exploser la gare de Lyon avec des bonbonnes de gaz. (9 septembre 2016) Une femme arrêtée jeudi soir à Boussy-Saint-Antoine, au sud de Paris. (8 septembre 2016) Des policiers inspectent l'appartement d'une des filles arrêtées. (8 septembre 2016) Contrôles près de l'immeuble des suspectes. (8 septembre 2016) Le véhicule d'une des femmes arrêtée est emmené par les forces de sécurité. (8 septembre 2016) Un policier fait le gué devant l'immeuble où habitent les suspectes. (8 septembre 2016)

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Elles sont devenues le «visage du djihad au féminin»: après trois semaines de débats, la cour d'assises spéciale de Paris rend son verdict lundi au procès du commando de Notre-Dame, où sont jugées cinq femmes pour avoir participé à des projets d'attentats.

«J'ai eu le pire des comportements», a déclaré Inès Madani, pull gris et cheveux réunis en chignon, en prenant la parole lundi matin. «Je n'avais que des projets de morts à l'époque. Aujourd'hui, j'ai des projets de vie», a-t-elle poursuivi.

«Je demande pardon et je demanderai pardon toute ma vie à tous ceux qui ont été victimes du terrorisme», a dit Ornella Gilligmann, confiant d'une voix émue sa «honte» - avant que les magistrats se retirent pour délibérer.

Aujourd'hui âgées de 22 à 42 ans, les accusées sont soupçonnées d'avoir voulu lancer des attaques terroristes en septembre 2016, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe Etat islamique (EI) et inspirateur quelques semaines plus tôt de l'assassinat d'un policier et de sa femme à Magnanville (Yvelines).

Deux d'entre elles, Inès Madani et Ornella Gilligmann, ont notamment tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris. Seul le choix de ce carburant, impossible à enflammer, a permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou, à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), sur les conseils de Rachid Kassim. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët, originaire du sud de la France, guidée elle aussi par le djihadiste.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier de la DGSI. Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

«Détermination» et «improvisation»

Les avocats généraux ont réclamé de 10 à 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre des cinq protagonistes de cette affaire qui a révélé le rôle actif des femmes dans le djihad.

Les peines les plus lourdes ont été réclamées contre Inès Madani (30 ans) et Ornella Gilligmann (25 ans). Vingt ans ont été requis contre Sarah Hervouët et Amel Sakaou, qui a refusé d'assister au procès, et dix ans contre Samia Chalel, accusée d'avoir aidé Inès Madani à trouver un point de chute après l'attentat raté.

Ces cinq femmes ont été «le bras armé» en France du groupe Etat islamique, a souligné l'un des deux avocats généraux. «Elles étaient animées» par une «volonté de tuer» et fait preuve d'une «détermination sans faille», a-t-elle insisté.

Une lecture des faits contestée par les avocats d'Inès Madani. Les accusées ont fait preuve d'une «improvisation constante», a estimé lundi Me Laurent Pasquet-Marinacce, en insistant sur la fragilité psychologique de sa cliente, à l'époque dans une logique «suicidaire».

Décrite comme «isolée» et en pleine «crise identitaire», Inès Madani avait rencontré Ornella Gilligmann sur internet trois mois plus tôt. La jeune femme, alors âgée de 19 ans, se faisait alors passer pour un homme, appelé «Abou Jounayb», dont Ornella Gilligmann était tombée amoureuse.

Leur relation a été «passionnelle, déséquilibrée, déterminante», a assuré l'avocate d'Ornella Gilligmann, Me Cosima Ouhioun, assurant que sa cliente - alors mariée et mère de trois enfants - avait agi par amour. «Le passage à l'acte relève plus d'un crime passionnel», a-t-elle insisté.

Un contexte qui ne doit pas tendre, selon l'accusation, à minimiser la gravité des faits.

«Si les bonbonnes de gaz avaient explosé, si des victimes étaient décédées, on ne se poserait pas la question de la sanction: il serait naturel de prononcer la réclusion criminelle à perpétuité», a rappelé l'un des avocats généraux.

(nxp/afp)