Justice indienne

01 mars 2011 10:01; Act: 01.03.2011 10:16 Print

Condamnés à mort pour meurtres

Onze personnes ont été condamnées à mort pour l'incendie d'un train en 2002 et pour les violences qui en ont découlé ensuite.

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Un train avait été incendié en Inde, en 2002. Les coupables ont été condamnés à mort. (Photo: AFP)

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Onze musulmans ont été condamnés mardi par la justice indienne à la peine de mort, une semaine après avoir été reconnus coupables de meurtres dans l'incendie d'un train en 2002. Cette attaque avait entraîné de violents heurts interconfessionnels qui avaient fait 2000 morts.

Vingt autres musulmans, eux aussi jugés coupables la semaine dernière, ont été condamnés à la prison à vie. Cette vague de violence communautaire dans l'ouest du pays, l'une des plus sanglantes depuis l'indépendance de l'Inde, déferla après la mort de 59 hindous qui périrent dans l'incendie de leur train alors qu'ils rentraient d'un pèlerinage.

Le train prit feu à la gare de Godhra, dans l'Etat du Gujarat (ouest). Les hindous de cet Etat accusèrent les musulmans et lancèrent pendant trois jours des expéditions punitives qui se transformèrent en bain de sang dans les quartiers musulmans de plusieurs villes.

Un tribunal d'exception de la ville d'Ahmedabad, la capitale du Gujarat, avait examiné le sort de 94 accusés, tous musulmans, soupçonnés d'avoir été impliqués dans l'incendie du Sabarmati Express le 27 février 2002. Son verdict, rendu la semaine dernière, avait accrédité la thèse d'une attaque planifiée.

L'origine de l'incendie du train n'a jamais été clairement établie et l'affaire est depuis restée un épineux sujet de discorde entre les deux communautés. En 2005, une enquête avait conclu à un accident mais d'autres enquêtes officielles ont contredit cette thèse.

Collusion présumée de la police

Les musulmans affirment ne pas être les auteurs de l'incendie même si une immense foule en colère s'était ce jour là rassemblée à la gare pour manifester contre les vexations émanant de passagers hindous dont s'estimaient victimes chaque jour les colporteurs musulmans.

Les pèlerins hindous revenaient de la ville sainte d'Ayodhya, un site disputé par les deux communautés qui donna aussi lieu à des violences interconfessionnelles après la démolition d'une mosquée en 1992 par des fanatiques hindous. Ces heurts avaient fait des milliers de morts.

De nombreux témoignages ont suggéré que la police avait aidé les hindous à trouver des maisons de musulmans, dans le Gujarat. Très peu d'hindous ont été ensuite condamnés par la justice.

Des enquêtes mandatées par le gouvernement du Gujarat ont blanchi la police locale et le gouvernement des accusations de collusion avec la violence qui a fait fuir 200.000 personnes. De nombreux musulmans ne sont jamais revenus dans cet Etat, aujourd'hui prospère.

(ats/afp)