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19 juin 2018 20:25; Act: 20.06.2018 11:24 Print

Conseil des droits de l'homme: exit les USA

Washington a annoncé mardi soir par son ambassadrice Nikki Haley son retrait du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

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Les Etats-Unis se sont retirés mardi du Conseil des droits de l'homme de l'ONU en accusant l'institution basée à Genève d'«hypocrisie» et de parti pris contre Israël, une décision aussitôt dénoncée par des organisations de défense des droits humains.

«Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d'une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l'homme un sujet de moquerie», a lancé devant la presse à Washington l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, aux côtés du secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

«Pendant trop longtemps, le Conseil des droits de l'homme a protégé les auteurs de violations des droits de l'homme et a été un cloaque de partis pris politiques», a-t-elle ajouté.

Mme Haley et M. Pompeo ont insisté sur le fait que les Etats-Unis resteraient un héraut des droits de l'homme dans le monde mais, pour beaucoup, cette décision reflète la défiance du gouvernement américain envers les organismes multilatéraux.

«Biais continu»

Cette annonce intervient au lendemain de vives critiques du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein contre la politique «inadmissible» et «cruelle» des autorités américaines de séparation d'enfants de leurs parents sans-papiers à la frontière mexicaine.

Mais Nikki Haley et Mike Pompeo ont assuré que la décision était liée à l'échec des tentatives de réforme du CDH. «Malheureusement, il est maintenant clair que notre appel à la réforme n'a pas été entendu», a dit Mme Haley.

Le CDH a été créé en 2006 pour promouvoir et protéger les droits humains à travers le monde mais ses rapports ont souvent contredit les priorités américaines. En particulier, le fait qu'Israël soit le seul pays au monde ayant un point fixe (appelé point 7) à l'ordre du jour de chaque session, soit trois fois par an, provoque la colère des Etats-Unis.

Washington, dont le mandat au Conseil s'achevait en principe en 2019, avait aussi réclamé que l'exclusion des Etats membres commettant de graves violations des droits de l'homme soit votée à la majorité simple et non aux deux tiers, et que le processus de sélection des Etats membres soit renforcé.

«Les pays (membres) se sont entendus pour saper la méthode actuelle de sélection des membres», a déclaré M. Pompeo. «Et le biais continu et bien documenté du Conseil contre Israël est inadmissible. Depuis sa création, le Conseil a adopté plus de résolutions condamnant Israël que contre le reste du monde», a-t-il ajouté.

Critiques

Si l'ambassadeur d'Israël à l'ONU Danny Danon s'est réjoui de ce retrait et a remercié les Etats-Unis pour leur refus «de la haine aveugle à l'égard d'Israël dans les institutions internationales», le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dit qu'il «aurait préféré que les Etats-Unis restent au Conseil des droits de l'homme», a déclaré son porte-parole.

Quant à l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), elle a vivement critiqué ce nouveau repli. Le CDH a «joué un rôle important dans des pays comme la Corée du Nord, la Syrie, la Birmanie et le Soudan du Sud», a dit le patron de l'ONG Kenneth Roth. «Mais Donald Trump n'est intéressé que par la défense d'Israël», a-t-il dénoncé.

Le Conseil «est loin d'être parfait, mais il est une force importante pour la reddition de comptes et la justice. En se retirant, les Etats-Unis sapent délibérément les droits de l'homme de tous les peuples partout dans le monde et leurs luttes pour la justice», a de son côté critiqué Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

Depuis l'arrivée début 2017 du républicain Donald Trump à la Maison Blanche, les Etats-Unis se sont retirés de l'Unesco, ont coupé plusieurs financements à des organes de l'ONU et ont annoncé notamment leur retrait de l'accord de Paris sur le climat et de l'accord nucléaire avec l'Iran endossé par les Nations unies.

Le départ des Etats-Unis du Conseil des droits de l'homme n'est pas une première. Il y a douze ans, l'administration du républicain George W. Bush avait déjà boycotté le CDH, avant que le démocrate Barack Obama ne décide d'y faire participer son pays à nouveau.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Sans Espoir le 20.06.2018 09:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Désarmer

    Cest comme la conférence sur le désarmement !! Cela fait des décennies quelle ne donne aucun résultat concret! Des milliards dépensés pour rien! Juste pour le confort des diplomates qui viennent à GVA et vivent en paix dans le luxe et la luxure.

  • ric67 le 20.06.2018 08:19 Report dénoncer ce commentaire

    Ce truc est un gadget inutile !!!

    Il est grand temps que des pays se retirent de ces gadgets onusiens inutiles

  • Khesanh68 le 20.06.2018 08:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Doigts de lhomme

    Un machin totalement inutile mais coûteux comme de bien entendu.Les hommes naissent égaux en doigts.point final.

Les derniers commentaires

  • Serge le 21.06.2018 12:55 Report dénoncer ce commentaire

    Mais où s'arrêtera t'il?

    Eh ben, il va en avoir du job le prochain président pour réparer tout ce que l'actuel est en train de détruire!

  • Ami Na le 20.06.2018 13:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Logique...

    Cest assez cohérents avec leur politique ... dailleurs tous les pays qui produisent et vendent des armes a feu (destinées a tuer lhumanité) devraient en sortir... hypocrisie quand tu nous tient...

  • Clearview le 20.06.2018 12:59 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne décision Mr Trump

    Trump a raison même si c'est pour une mauvaise raison. Les droits de l'homme 2018 ne ressemblent plus du tout à ceux de 1789. Ils sont devenus les droits de ceux qui veulent envahir les autres (soit-disant pacifiquement) et leur IMPOSER leur culture et leur manière de vivre, les droits de ceux qui veulent vivre aux crochets des autres parce qu'ils estiment que tout leur est dû, les droits des délinquants et des criminels (cf Cottier ce matin à la RTS) mais des devoirs c'est ZERO. Croire au respect des autres c'est mal connaitre l'autre. Droit c'est TOUS LES DROITS enfin les miens

  • Hein le 20.06.2018 12:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cest bien fait

    Sans USA, ils peuvent continuer leur droits de lhomme. Mais ils doivent dépenser moins de fric et prendre économie classe au lieu de first classe dans leurs déplacements!

  • Realiste le 20.06.2018 12:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Elle na jamais protégé vraiment le doit de lhomme

    Cette organisation ne sert à rien! Que a fait-elle cette organisation pour le doit de lhomme quand un président se fait nommer le présidant à vie récemment? Elle est là pour juste dépenser de largent des contribues!