France - Italie

08 février 2019 21:25; Act: 08.02.2019 21:28 Print

Coup de colère français: Luigi Di Maio persiste

Le vice-premier ministre italien Luigi Di Maio a défendu vendredi sa visite à des «gilets jaunes» français, à l'origine d'une crise sans précédent entre deux pays fondateurs de l'UE.

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Luigi Di Maio: «Nous, nous sommes zen. Si le gouvernement français se met en colère contre le gouvernement italien, je ne crois pas que ce soit opportun.»

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Dans une tribune adressée au quotidien français «Le Monde», Luigi Di Maio, le chef du Mouvement 5 étoiles (antisystème), a dénoncé des «recettes ultralibérales», appliquées par «des partis de droite comme de gauche et (qui) ont précarisé la vie des citoyens».

«C'est pour cette raison que j'ai voulu rencontrer des représentants des 'gilets jaunes'» mardi, s'est-il expliqué, évoquant ainsi la fronde sociale qui secoue la France depuis plusieurs semaines.

Visant directement Emmanuel Macron, élu sur la promesse d'un «ni droite ni gauche», le dirigeant italien a ironisé sur «ces partis qui se disent 'nouveaux' mais sont en réalité le fruit d'une tradition». «Nous, nous sommes zen. Si le gouvernement français se met en colère contre le gouvernement italien, je ne crois pas que ce soit opportun», a-t-il ajouté, bravache, à l'occasion d'un déplacement à Roccaraso, dans le centre-est de l'Italie.

En réponse à cette rencontre, qu'ils ne cautionnent pas, une vingtaine de «gilets jaunes» français et italiens se sont rassemblés vendredi à San Remo, dans le nord de l'Italie, pour défendre «l'Europe des peuples».

«Faire réfléchir»

Le ministre de l'Intérieur et chef de file de l'extrême droite italienne, Matteo Salvini, d'ordinaire prompt à la surenchère vis-à-vis de la France, s'est contenté de son côté d'inviter son homologue français Christophe Castaner à aller discuter des «dossiers en cours». L'exécutif français n'a pas été en reste sur le front des piques malgré la volonté affichée de sauvegarder «l'amitié avec l'Italie», partenaire clé dans la construction européenne.

«Les petites phrases de Luigi Di Maio et Matteo Salvini n'ont pas empêché l'Italie d'entrer en récession économique» fin 2018, a riposté le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux, brocardant «la lèpre nationaliste et les populismes». Rome ferait mieux de «s'occuper de sa population» plutôt que des Français, a suggéré la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau.

Certains éditorialistes italiens s'inquiètent de la spirale d'isolement dans laquelle l'Italie se retrouve désormais entraînée malgré les affinités de Matteo Salvini avec l'ultradroite au pouvoir en Pologne, en Hongrie ou même en Autriche.

De son côté, Paris réfute toutefois toute logique d'escalade. «On espère qu'il n'y aura pas de 'next step' (prochaine étape, NDLR). L'ambassadeur est à Paris pour consultations. Il va retourner en Italie», selon une source diplomatique.

(nxp/ats)