Burkina Faso

18 janvier 2019 18:10; Act: 19.01.2019 07:08 Print

Couple disparu: Trudeau les pense vivants

Alors qu'ils traversaient l'Afrique de l'Ouest, une Canadienne et son compagnon de route n'ont pas donné signe de vie depuis un mois.

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Le couple se dirigeait en voiture vers Ouagadougou à partir de Bobo-Dioulasso lorsqu'il a été vu pour la dernière fois. (Photo: Capture d'écran Twitter)

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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a dit vendredi penser que la Canadienne disparue depuis un mois au Burkina Faso, aux côtés d'un Italien avec qui elle traversait l'Afrique de l'Ouest, était vivante.

«Au meilleur de mes connaissances, oui», a répondu le dirigeant canadien à la question de savoir si la Québécoise Edith Blais était vivante. «Avec tout ce que je sais jusqu'à présent, on ne m'a pas dit autre chose qu'on croit qu'elle est en vie», a ajouté M. Trudeau en conférence de presse.

Edith Blais, 34 ans, originaire de Sherbrooke, à 160 kilomètres à l'est de Montréal, et son compagnon, Luca Tacchetto, 30 ans, originaire de Venise, n'ont pas donné de nouvelles depuis le 15 décembre alors qu'ils traversaient en voiture ce pays d'Afrique de l'Ouest en proie aux violences djihadistes.

Des policiers canadiens déployés

Quelques heures avant que ne s'exprime M. Trudeau, la ministre canadienne du Développement international Marie-Claude Bibeau avait indiqué que «toutes les options» étaient envisagées au sujet de Mme Blais.

«Nous sommes engagés sur le plan diplomatique avec nos partenaires dans la région» pour retrouver le couple disparu, a indiqué M. Trudeau, au lendemain de l'annonce de la mort par balles d'un géologue canadien, enlevé mardi sur un site minier du nord-est du Burkina Faso.

M. Trudeau a exprimé son «inquiétude» face à la «situation épouvantable que vit la famille Blais», assurant que son gouvernement faisait tout pour «comprendre ce qui est arrivé» à la Québécoise.

Des policiers fédéraux canadiens ont été déployés au Burkina Faso pour retrouver Mme Blais et mènent leurs recherches en coordination avec des enquêteurs italiens et burkinabès, a indiqué à l'AFP un haut responsable canadien sous couvert d'anonymat.

Le couple italo-canadien se dirigeait en voiture vers Ouagadougou à partir de Bobo-Dioulasso, à plus de 360 kilomètres à l'ouest de la capitale, quand leur trace a été perdue le 15 décembre, selon la famille de la Canadienne. Mme Blais et M. Tacchetto devaient se rendre en voiture au Togo pour un projet humanitaire avec l'organisme Zion'Gaïa.

Hausse des prises d'otages

Les prises d'otages se multiplient au Burkina Faso, confronté depuis 2015 à des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières. En septembre 2018, un Indien et un Sud-Africain travaillant dans le secteur minier ont été enlevés sur la mine d'or d'Inata (nord).

En janvier 2016, un couple australien, le Dr Kenneth Elliot et son épouse Jocelyn, qui dirigeaient une clinique depuis de nombreuses années, avaient été enlevés à Djibo (nord). Mme Elliot avait été libérée après un an de captivité, mais son époux demeure captif. Un Roumain, Iulian Ghergut, qui travaillait pour l'énorme mine de manganèse de Tambao (nord), est détenu par des djihadistes depuis son enlèvement en avril 2015.

Parallèlement, les forces armées burkinabè sont incapables d'enrayer les attaques attribuées aux groupes djihadistes Ansaroul Islam, Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et à d'autres groupuscules. D'abord localisées dans le nord du pays, elles se sont étendues en 2018 dans l'est et dans l'ouest. Le bilan s'élève à plus de 270 morts depuis 2015.

La capitale a elle-même été frappée à trois reprises, avec un bilan total de près de 60 morts, dont six Québécois en 2016. La dernière attaque, en mars 2018, a dévasté l'état-major général des armées, en plein centre-ville. Le chef d'état-major général des armées Oumarou Sadou a été limogé le 10 janvier.

(nxp/ats)