Royaume-uni

06 juillet 2018 13:32; Act: 06.07.2018 13:47 Print

Course contre la montre pour retrouver la source

La police tente coûte que coûte de retrouver l'objet enduit de Novitchok qui a empoisonné un couple en fin de semaine dernière.

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Les enquêteurs menaient une course contre la montre vendredi en Grande-Bretagne pour retrouver l'objet au contact duquel un couple a été empoisonné à l'agent innervant Novitchok. Cette affaire relance les tensions entre Londres et la Russie, quatre mois après l'empoisonnement des Skripal.

L'homme de 45 ans et la femme de 44 ans, hospitalisés dans un état critique, ont été exposés au poison «après avoir manipulé un objet contaminé», a expliqué la police londonienne. Elle n'était pas en mesure de dire à ce stade si l'agent innervant provient du même lot que celui qui avait empoisonné l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars.

«Cela pourrait être une seringue, un petit contenant chirurgical (...) qui peut facilement passer inaperçu», a estimé Hamish de Bretton-Gordon, un expert en armes chimiques.

Selon un scientifique travaillant pour le gouvernement britannique interrogé par la BBC, «le Novitchok est si toxique qu'il peut passer à travers la peau et n'a pas besoin d'être ingéré (pour faire effet)».

Risque «faible» pour la population

Les enquêteurs mènent des «recherches systématiques et méticuleuses dans plusieurs endroits», pour dénicher cet objet, a précisé la police. Six lieux fréquentés par le couple en fin de semaine dernière ont été fermés au public. Le foyer pour personnes sans abri où réside la femme empoisonnée a été évacué jeudi.

En attendant de savoir où et comment le couple a été contaminé, les autorités ont enjoint le public de ne pas ramasser d'objets inconnus. Le risque pour la population reste «faible», selon l'agence de santé publique Public Health England (PHE).

Elle a néanmoins conseillé «par précaution» aux personnes s'étant rendues aux mêmes endroits que les victimes de laver leurs vêtements et nettoyer le reste de leurs effets personnels.

Tensions diplomatiques ravivées

Ce nouvel empoisonnement ravive les tensions entre Londres et Moscou, accusée par le Royaume-Uni d'être derrière l'attaque de Sergueï Skripal et de sa fille. «Il est totalement inacceptable que nos citoyens soient des cibles délibérées ou accidentelles ou qu'on déverse du poison dans nos rues, nos parcs, nos villes», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid au Parlement, appelant l'état russe à «s'expliquer».

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a dénoncé jeudi les «sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres». «Le gouvernement de Theresa May et ses représentants auront à s'excuser», a-t-elle prévenu.

L'ambassade russe à Londres a qualifié de «déconcertante» l'attitude britannique. «La Russie a proposé une enquête conjointe sur Salisbury dès le début, la proposition reste valable. Au lieu de coopérer, Londres préfère créer de la confusion et intimider ses propres citoyens», a tweeté l'ambassade.

(nxp/ats)