Nigeria

29 juin 2014 18:30; Act: 29.06.2014 18:37 Print

Crainte d'un nouveau massacre

Des hommes armés, soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste Boko Haram, ont attaqué dimanche plusieurs églises dans le nord-est du Nigeria.

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Onze personnes avaient été tuées vendredi soir dans une maison close du quartier chaud de Bauchi. (Photo: Keystone/str)

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Les assaillants, à moto, ont lancé des bombes pendant le déroulement de l'office du dimanche dans les églises de quatre villages situés dans l'Etat de Borno, berceau de l'insurrection qui a fait des milliers de morts depuis cinq ans et ne cesse de gagner en intensité. Ils ont ensuite tiré sur les fidèles et poursuivi ceux qui tentaient de s'enfuir dans la brousse, ont affirmé des témoins.

Les villages visés se trouvent tous dans un rayon de dix kilomètres de la petite ville de Chibok, où plus de 200 lycéennes avaient été enlevées mi-avril par Boko Haram.

Plus d'une centaine de morts?

«Les assaillants sont arrivés aux églises avec des bombes et des armes à feu», a déclaré un habitant de Chibok joint par téléphone, Timothy James. D'après les informations qu'il a rassemblées, «des dizaines de fidèles, hommes, femmes et enfants, ont été tués».

Le quotidien «Daily Post» a de son côté fait état de cinq églises visées et d'un bilan de plus d'une centaine de morts. Aucune des sources interrogées par l'AFP n'a pu fournir de bilan précis et l'armée nigériane n'a pu être jointe.

Un responsable religieux chrétien de Chibok, Enoch Mark, a fourni une description similaire des faits, ajoutant que l'attaque était toujours en cours. «Nous ne pouvons pas dire combien il y a de cadavres», a expliqué M. Mark. «On m'a dit que les assaillants avaient brûlé au moins trois églises jusqu'aux fondations».

Boko Haram, qui dit vouloir créer un Etat islamique dans le nord à majorité musulmane du Nigeria, attaque des églises depuis le déclenchement de son insurrection.

Les soldats se seraient cachés

Selon M. Mark, les militaires nigérians n'ont pas répondu aux appels de détresse de la population lorsque les tueries ont commencé. «Ils sont simplement partis et se sont cachés dans la brousse», a-t-il affirmé.

Après l'enlèvement par Boko Haram de 276 lycéennes, le 14 avril à Chibok, les parents et les responsables locaux avaient déjà accusé l'armée de ne rien faire pour libérer les captives. Cinquante-sept jeunes filles avaient réussi à s'enfuir dans les jours suivant leur capture, mais 219 restent aux mains des islamistes.

Incompréhension

«Nous n'arrivons pas à comprendre que les terroristes puissent venir en plein jour pour tuer des gens» sans rencontrer de résistance de l'armée nigériane, a affirmé un dirigeant du district de Chibok, sous couvert d'anonymat.

Il a déploré que le gouvernement laisse mourir les habitants du Nord-Est au lieu de les protéger, appelant à l'intensification des opérations contre les islamistes.

Dans les semaines suivant l'enlèvement des lycéennes de Chibok, une campagne sur les médias sociaux avait finalement fait réagir le gouvernement fédéral d'abord indifférent et la communauté internationale, provoquant un intérêt sans précédent pour l'insurrection de Boko Haram.

Attaque contre des soldats

Dans l'Etat voisin de Yobe, sept soldats ont été tués samedi soir à Goniri. Les assaillants se déplaçaient en transport de troupes blindés et en camionnettes équipées de mitrailleuses antiaériennes. «Ils étaient vêtus en tenue militaire», a dit un témoin. «Ils n'ont pas dirigé leur assaut contre la population civile.»

Onze personnes ont par ailleurs été tuées vendredi soir dans une maison close du quartier chaud de Bauchi, le chef-lieu de l'Etat du même nom dans le nord du Nigeria. La cause de la déflagration n'a pas été précisée mais Boko Haram a commis plusieurs attentats dans la ville de Bauchi depuis le début de son insurrection.

(ats)