Pacifique

20 février 2019 06:28; Act: 20.02.2019 08:13 Print

Spectre d'une marée noire sur des îles paradisiaques

Du fioul s'échappe du vraquier qui s'est échoué le 5 février sur un récif du Pacifique près d'un site classé à l'Unesco.

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Du fioul a commencé à s'échapper du vraquier échoué sur un récif corallien au large de l'archipel des Salomon, non loin d'un site classé au patrimoine mondial de l'Unesco, ont affirmé mercredi des habitants.

Le MV Solomon Trader a heurté le fond le 5 février alors qu'il était en train de recevoir un chargement de bauxite sur l'île Rennell, le plus grand atoll surélevé du monde, dont le tiers sud-est figure sur la liste du patrimoine mondial. Les conditions de mer, très formée en raison du passage du cyclone Oma, ont empêché toutes les tentatives de sauvetage du bateau de 225 mètres de long.

«Nous commençons à voir une nappe», a déclaré à l'AFP un habitant, Derek Pongi. «Elle n'est pas si grande que ça mais c'est dur à dire parce que la météo est encore mauvaise».

Longue de 85 km pour une quinzaine de large, l'île Rennell se trouve à 240 km au sud de Honiara, la capitale des Salomon.

Catastrophe écologique redoutée

M. Pongi a dit redouter une catastrophe écologique de grande ampleur. «Les gens vivent ici de la mer», a-t-il dit. «Cela leur rendrait la vie très dure».

Le vraquier transportait de la bauxite, mais tout navire de cette taille embarque nécessairement une énorme quantité de carburant, un fioul lourd particulièrement polluant.

Selon le journal «Island Sun News», le propriétaire du bateau battant pavillon hongkongais, Bintan Mining, a dépêché sur les lieux des spécialistes d'Australie et des Etats-Unis.

L'Australie a indiqué travailler avec les autorités des Salomon pour impliquer l'affréteur du navire, son propriétaire et son assureur dans l'opération de renflouement. «L'Australie a mené une inspection aérienne du vaisseau et fourni les résultats aux autorités des Salomon», a annoncé dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères. Canberra «a également dépêché un expert pour assister le gouvernement des Salomon dans les étapes suivantes».

Le Bureau de gestion des catastrophes nationales (BGCN) de l'archipel, qui selon certains médias n'a aucune expérience dans la coordination de secours maritimes d'une telle ampleur, n'a pas pu être joint dans l'immédiat.

(nxp/afp)