Grande-Bretagne

17 novembre 2019 18:28; Act: 17.11.2019 22:09 Print

Crimes de guerre: l'armée a gardé le silence

D'anciens enquêteurs accusent l'armée d'avoir couvert des meurtres et des actes de torture commis par ses troupes sur des civils en Irak et en Afghanistan.

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(Photo: AFP)

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L’armée britannique aurait-elle gardé le silence sur des crimes de guerre commis par ses troupes? C’est ce que pensent d'anciens enquêteurs en charge des investigations. Selon le Times et la BBC, les enquêteurs accusent l'armée d'avoir couvert des meurtres et des actes de torture impliquant des civils en Irak et en Afghanistan. Le ministère britannique de la Défense a démenti ces accusations.

Le ministère de la Défense met «la pression»

Les deux médias ont recueilli les témoignages d'une dizaine d'anciens membres d'organes chargés d'enquêter sur de possibles violations des droits de l'homme de la part de l'armée britannique, enquêtes auxquelles le gouvernement a mis un terme en 2017. L'un d'eux, cité par le Sunday Times, a affirmé qu'il y avait «une pression de plus en plus importante de la part du ministère de la Défense pour clore les dossiers aussi vite que possible».

Aucune intention de juger les coupables

L'un des enquêteurs de l'Iraq Historic Allegations Team a expliqué à l'émission Panorama, qui doit être diffusée lundi soir sur la BBC, que «le ministère de la Défense n'avait aucune intention de poursuivre le moindre soldat de quelque grade que ce soit à moins que ce soit absolument nécessaire».

Parmi les exactions dénoncées, le Sunday Times évoque notamment les meurtres de trois enfants et d'un jeune homme en Afghanistan en 2012 par un soldat des forces spéciales, sans que des poursuites ne soient engagées, des violences en 2003 à Bassora (Irak) sur des prisonniers, qui auraient entraîné la mort d'au moins deux d'entre eux, ou encore la mort par balle d'un policier irakien la même année.

Le gouvernement britannique avait décidé en février 2017 de mettre fin à des centaines d'enquêtes, dont de nombreuses non résolues, une décision alors vivement critiquée par Amnesty international.

(20 minutes/afp)