Amérique latine

03 décembre 2019 01:22; Act: 03.12.2019 07:17 Print

Crise au Chili: le gouvernement a un plan

Le gouvernement du Chili compte mettre plus de 5 milliards de dollars sur la table pour trouver une solution à la crise.

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Des milliers de manifestants ont défilé vendredi au Chili comme chaque semaine depuis le 18 octobre. (6 décembre 2019) Le parlement chilien a approuvé un projet de loi du gouvernement augmentant jusqu'à 50% le minimum vieillesse. (Jeudi 5 décembre 2019) Le gouvernement du Chili compte mettre plus de 5 milliards de dollars sur la table pour trouver une solution à la crise. (2 décembre 2019) Des dizaines de manifestants ont pris d'assaut mercredi un grand centre commercial à Santiago. (27 novembre 2019) Rien ne semble entamer la détermination des manifestants chiliens, 40 jours après le début d'un mouvement réclamant des mesures sociales qui tardent à se concrétiser. (Mardi 26 novembre 2019) Le gouvernement chilien a lancé vendredi un appel au calme. (Samedi 23 novembre 2019) Pour Amnesty International, les forces de l'ordre ont mis en place une «politique pour punir» les manifestants. Le gouvernement chilien a rejeté ce rapport. (Vendredi 22 novembre 2019) La police chilienne a annoncé mardi suspendre l'utilisation de munitions controversées qui ont provoqué de graves lésions oculaires chez plus de 200 manifestants. (19 novembre 2019) Les Chiliens ont commémoré lundi les neuf mois de la contestation qui secoue le pays. (18 novembre 2019) Le président Sebastian Piñera a condamné dimanche pour la première fois les violences commises par la police depuis le début du mouvement de contestation. (17 novembre 2019) En pleine crise sociale au Chili, plusieurs manifestations ont eu lieu jeudi pour commémorer la mort d'un jeune Indien mapuche tué il y a un an lors d'une opération policière dans le sud du pays. (14 novembre 2019) Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont une nouvelle fois descendus dans les rues mardi au Chili, une persistance de la crise sociale qui commence à peser sur l'économie du pays. (12 novembre 2019) Le siège d'une université de Santiago a été incendié vendredi au cours de violents incidents en marge d'une grande marche pacifique. (Vendredi 8 novembre 2019) Les manifestations de contestation sociale qui durent depuis près de trois semaines au Chili et au cours desquelles 20 personnes ont été tuées se sont étendues mercredi aux quartiers aisés de la capitale Santiago. (6 novembre 2019) Le président chilien Sebastian Pinera a affirmé mardi qu'il n'allait pas démissionner malgré les violentes manifestations contre son régime qui secouent le pays. (5 novembre 2019) Un cocktail Molotov met le feu à une policière des forces anti-émeutes, à Santiago. (Chili, 4 novembre 2019) Une policière des forces anti-émeutes court alors que son équipement prend feu lors d'affrontements avec des manifestants, à Santiago. (Chili, 4 novembre 2019) Affrontements entre forces de l'ordre et manifestants pour la 3e semaine de contestations au Chili. (4 novembre 2019) Troisième semaine de contestations au Chili. (4 novembre 2019) Les manifestations dans la capitale chilienne ont été émaillées de nombreux incidents. (4 novembre 2019) Une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi laquelle de nombreux étudiants, s'est rassemblée lundi soir à Santiago, sur la plaza Italia, lieu emblématique du mouvement de colère initié le 18 octobre.(Chili, 4 novembre 2019) Le mouvement social, débuté il y a plus de trois semaines, ne faiblit pas au Chili. (4 novembre 2019) Le mouvement social, débuté il y a plus de trois semaines, ne faiblit pas au Chili. (4 novembre 2019) Quelque 1305 personnes ont été blessées à ce jour lors des manifestations. (Chili, 4 novembre 2019) La crise sociale, provoquée le 18 octobre par une augmentation du prix du ticket de métro (depuis annulée), a fait 20 morts. (Chili, 4 novembre 2019) Déguisés en clown ou en «Joker», les manifestants défient la police. (Chili, 4 novembre 2019)

Une faute?

Le gouvernement chilien a mis lundi 5,5 milliards de dollars (5,45 milliards de francs suisses) sur la table pour tenter de résoudre la crise sociale sans précédent qui agite le pays, où l'activité économique s'est effondrée en octobre, date à laquelle le mouvement de protestation a éclaté.

Le ministre des Finances Ignacio Briones a annoncé un plan de soutien à l'économie, avec au programme une augmentation des dépenses publiques en 2020 de quelque 3 milliards de dollars (2,97 milliards de francs suisses), une aide financière de 1,9 milliard de dollars (1,88 milliard de francs suisses)aux PME (petites et moyennes entreprises) et 525 millions de dollars (521 millions de francs suisses) de mesures diverses, comme la reconstruction du métro de la capitale Santiago, très endommagé depuis le début de la crise, le 18 octobre dernier.

Le plan gouvernemental devrait permettre de créer 100'000 emplois supplémentaires, selon le ministre, et entraîner une augmentation de 9,8% des dépenses publiques en 2020 par rapport à 2019. Le déficit budgétaire, quant à lui, pourrait atteindre 4,4% du PIB.

Recours à l'épargne

«Comme n'importe quel foyer chilien face à une situation difficile et imprévue, nous aurons recours à notre épargne et à notre capacité d'emprunt, en sachant que ces deux éléments ont des limites à ne pas dépasser», a expliqué Ignacio Briones, en soulignant que ces mesures étaient rendues possibles par «les années de responsabilité budgétaires de tous les gouvernements» précédents. Les besoins de financement pour l'année prochaine sont estimés à 16,6 milliards de dollars (16,46 milliards de francs suisses), financés par une émission de dette à hauteur de 9 milliards.

L'annonce gouvernementale est intervenue le jour même où la Banque centrale chilienne annonçait un fort repli de 3,4% de l'activité économique du pays, la pire performance depuis celle enregistrée en 2009 (-3,5%), au plus fort de la crise financière internationale. Cette chute de l'activité, largement supérieure aux attentes du marché qui anticipait une baisse autour de 1%, est notamment imputable à la quasi-paralysie des commerces et des services depuis le début de la crise, selon l'institut monétaire. Cette forte contraction a conduit les autorités à revoir à la baisse leurs estimations de croissance du PIB pour 2019 à 1,4% contre 2,5%, et pour 2020, où elle devrait s'établir entre 1% et 1,5%.

«La crise a provoqué une décélération très brusque de la croissance et le quatrième trimestre devrait être dans le rouge. Le taux de chômage devrait repartir à la hausse et les banques ont commencé à limiter les crédits», a déclaré à l'AFP l'économiste Francisco Castañeda. La Banque centrale du Chili avait annoncé fin novembre l'injection de 20 milliards de dollars dans l'économie, pour freiner la dégringolade du peso, impacté par la crise.

23 morts

La crise sociale s'est déclenchée le 18 octobre, avec des manifestations d'étudiants contre une hausse du prix du ticket de métro, qui se sont ensuite muées en une révolte sociale d'ampleur, la plus grave depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Les Chiliens n'ont pas cessé de protester contre les inégalités qui règnent dans un pays à l'économie prospère et où l'État est selon eux défaillant dans les domaines de l'éducation, de la santé et des retraites. Après 46 jours, le mouvement a fait 23 morts, dont cinq après l'intervention des forces de l'ordre, et plus de 2000 blessés. Après une mobilisation historique le 25 novembre, qui avait réuni 1,2 million de personnes, des manifestations plus ou moins suivies se poursuivent pour réclamer plus de justice sociale.

La crise a aussi contraint le gouvernement chilien à renoncer à accueillir la conférence de l'ONU sur le climat COP 25 - transférée à Madrid - et le sommet du forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) mi-novembre.

(nxp/afp)