Diplomatie

19 janvier 2020 06:36; Act: 19.01.2020 06:36 Print

Crise iranienne: Berne a un «rôle actif et influent»

L'ambassadeur d'Iran en Suisse estime que Berne participe aux efforts de paix entre l'Iran, les États-Unis et l'Arabie saoudite.

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Ignazio Cassis, chef de la diplomatie suisse, accueille l'ambassadeur d'Iran en Suisse, Haji Karim Jabbari, lors d'une réception le 15 janvier 2020 à Berne. (Photo: Keystone)

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Berne joue un rôle actif et influent dans le conflit qui oppose Téhéran à Washington, estime l'ambassadeur d'Iran en Suisse, Haji Karim Jabbari. Elle s'efforce actuellement de limiter tout risque d'escalade.

Il se dit surpris d'entendre que certaines personnes décrivent ce rôle comme celui d'une «boîte aux lettres», indique-t-il dans un entretien au «SonntagsBlick». Cela ne lui rend pas justice: la transmission de messages entre deux pays qui n'entretiennent pas de relations amicales n'est pas une tâche facile.

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Cela exige au contraire beaucoup d'expertise. En outre, la Suisse a proposé un certain nombre de plans utiles qui contribuent à la paix et à la sécurité dans la région, ajoute l'ambassadeur qui évoque en particulier les efforts de paix entre l'Iran, les États-Unis ou l'Arabie saoudite.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis et le ministre iranien des affaires étrangères Javad Zarif se sont rencontrés à plusieurs reprises. Le président iranien Hassan Rohani s'est rendu à Berne pour une visite officielle en juillet 2018. «Nous avons eu des discussions intensives sur les intérêts de nos pays et sur les affaires internationales», déclare encore Haji Karim Jabbari.

Position de confiance

L'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey estime également que ce canal de communication ne doit pas être sous-estimé dans le conflit actuel: les Américains ont pu expliquer, via ce réseau, qu'ils ne souhaitaient pas d'escalade, contrairement à ce que des propos publiés sur Twitter laissaient penser. Cette position de confiance a permis à Berne de réussir là où d'autres ont échoué, souligne encore Micheline Calmy-Rey.

Téhéran et Washington n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980. Depuis, c'est la Suisse qui représente les intérêts américains en Iran, alors que le Pakistan représente les intérêts iraniens aux États-Unis. Ainsi lorsque Washington veut communiquer avec les dirigeants iraniens, l'ambassade suisse se transforme en messagère.

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont renforcées après l'élimination du général Soleimani à Bagdad, suivie de représailles et du crash d'un Boeing ukrainien abattu par erreur par l'Iran.

(nxp/ats)