Syrie

07 janvier 2016 16:09; Act: 07.01.2016 16:28 Print

Damas autorise l'accès à Madaya, menacée de famine

Dans la ville proche de la frontière libanaise, quelques 40'000 personnes meurent de faim, piégées par un siège maintenu depuis octobre par les forces du régime.

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Les résidents de Madaya disent avoir commencé à consommer des feuilles et de l'eau mélangée à des épices pour survivre. «Les gens sont en train de mourir petit à petit», avertit Louay, un assistant social interrogé par le Guardian. (Photo: Keystone)

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Le régime syrien a autorisé jeudi l'ONU à acheminer de l'aide humanitaire à la ville rebelle de Madaya, près de Damas, assiégée par l'armée.

Dans un communiqué, l'Onu précise préparer la livraison d'une aide humanitaire à Madaya, ville rebelle près de Damas où 42'000 personnes sont au bord de la famine, dans les prochains jours. Elle entend porter aussi secours à deux villages chiites de la province d'Idlib (nord), Al Foua et Kefraya, encerclés par la rébellion.

Au moins dix personnes sont mortes de faim à Madaya au cours des six dernières semaines, d'après le décompte de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Treize autres ont été tuées par l'explosion des mines posées par les forces du régime ou par des francs-tireurs en tentant de quitter la localité pour trouver de la nourriture, précise cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

Des militants de l'opposition parlent eux de dizaines de morts, chiffre que Reuters n'est pas en mesure de confirmer.

«Rapports crédibles»

Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), «l'ONU a reçu des rapports crédibles sur des personnes qui meurent de faim et qui ont été tuées en essayant de quitter la ville».

Même si ce sont les rebelles qui peuvent autoriser l'accès aux localités de Foua et Kafraya qu'ils encerclent, les aides de l'ONU doivent partir de Damas et traverser des zones sous contrôle du régime.

La dernière fois que des convois humanitaires ont pu atteindre les villes rebelles de Zabadani et Madaya ainsi que les localités de Foua et Kafraya remonte au 18 octobre. Depuis, «l'accès à Madaya était impossible en dépit de nombreuses demandes en ce sens», selon l'ONU.

Campagne sur les réseaux

Une vaste campagne s'est développée sur les réseaux sociaux pour permettre l'alimentation de cette population affamée.

«En fait, il manque de tout» à Madaya, résume Pawel Krzysiek, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui y est entré lors de la dernière livraison d'aide en octobre. «Les gens sont depuis trop longtemps sans aliments de base, sans médicaments de base, sans électricité ni eau (...) J'ai réellement vu la faim dans les yeux des gens».

(nxp/afp)