Lyon

16 septembre 2019 23:27; Act: 17.09.2019 07:36 Print

Décrocher un portrait de Macron jugé «légitime»

Un juge a relaxé lundi deux écologistes ayant décroché des portraits du président français pour dénoncer son manque d'action sur le dossier climatique.

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Des militants écologistes avec un portrait d'Emmanuel Macron qu'ils viennent de décrocher à la mairie de Saint-Ouen, le 11 septembre 2019. (Photo: AFP)

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Décision inédite au tribunal correctionnel de Lyon: le juge unique a invoqué lundi «l'état de nécessité» et le «motif légitime» pour relaxer deux «décrocheurs» d'un portrait d'Emmanuel Macron en février dernier, poursuivis pour vol en réunion.

«C'est une première et un très très bon signal pour nous», a déclaré à l'AFP une porte-parole du mouvement Action non violente-COP21 qui a salué cette «décision historique» actant «le non-respect des objectifs climatiques de la France et la légitimité des actions de désobéissance civile face à l'urgence climatique».

Le parquet a annoncé lundi soir avoir fait appel de la décision. Le 2 septembre, ce dernier avait requis une amende de 500 euros contre les deux militants, un homme et une femme âgés de 32 et 33 ans, qui avaient décroché le portrait du président de la République dans la mairie du 2e arrondissement de Lyon. «Le vol est constitué et il ne règle en rien le dérèglement climatique», avait alors estimé la procureur Rozenn Huon.

Valeur symbolique

Dans sa décision, lundi, le juge a reconnu que le vol de «l'objet d'une valeur fortement symbolique» était bien matérialisé. Mais, selon lui, la réalité du dérèglement climatique «affecte gravement l'avenir de l'humanité», ce qui légitime «d'autres formes de participation» des citoyens, «dans le cadre d'un devoir de vigilance critique».

Pour lui, l'intrusion d'une vingtaine de militants dans la mairie d'arrondissement a troublé l'ordre public de manière «très modérée». Le magistrat a estimé que l'action des militants a finalement constitué une interpellation légitime du président de la République.

«Le décrochage et l'enlèvement sans autorisation de ce portrait dans un but voué exclusivement à la défense de cette cause (...) doit être interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la république et le peuple», a-t-il encore indiqué.

«C'est la reconnaissance de plusieurs années de militantisme», a salué très émue la jeune femme relaxée, à la sortie de la salle d'audience.

«L'indiscutable urgence climatique»

L'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot avait défendu lors de l'audience début septembre «un acte citoyen au sens le plus noble du terme» et un scientifique du CNRS avait exposé «l'indiscutable urgence climatique».

«Cette décision doit sonner l'arrêt de l'acharnement judiciaire que (la Garde des Sceaux) Nicole Belloubet et ses procureurs font subir depuis plusieurs mois aux militants écologistes», a déclaré le chef de file de La France insoumise dans un communiqué. «Le jugement d'aujourd'hui est un point de marqué pour la défense de l'intérêt général humain mais aussi dans la bataille contre la dérive autoritaire du pouvoir», a relevé Jean-Luc Mélenchon.

Le porte-parole d'EELV Julien Bayou s'est également réjoui sur Twitter d'une «victoire symbolique extrêmement forte». «Le tribunal a reconnu à la fois l'insuffisance des politiques publiques et la légitimité des actions de décrochage de portrait dans une démocratie en panne.»

Devoir moral

Le premier procès de «décrocheurs» s'était tenu fin mai à Bourg-en-Bresse. Un militant écologiste avait été condamné à une peine d'amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis. Deux semaines plus tard, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois militants qui avaient brièvement décroché un portrait du chef de l'État dans une mairie du Bas-Rhin.

La semaine dernière, huit militants écologistes jugés à Paris ont défendu cette action de désobéissance civile pour dénoncer «l'inaction climatique» au sommet de l'État, invoquant un «devoir moral».

«Nous espérons que les jugements des prochains procès percevront également le tournant historique que nous sommes en train de vivre et reconnaîtront que ce type d'action est nécessaire pour lancer l'alerte», a déclaré Cécile Marchand, porte-parole d'ANV-COP21, qui fait partie des militants poursuivis à Paris. Deux procès sont notamment prévus à Mulhouse et Nancy le 9 octobre, selon ANV-COP21.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • John Connor le 17.09.2019 08:10 Report dénoncer ce commentaire

    qwertz

    Il faudrait le décrocher lui...

  • Renaudi le 17.09.2019 08:07 Report dénoncer ce commentaire

    Indépendance de la justice ?

    Le juge s'est dégonflé sous la pression; triste "justice" qui en vient à condamner des femmes battues mais acquitte des activistes.

  • Ursu le 17.09.2019 08:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et Maudet

    toujours accroché ?

Les derniers commentaires

  • Marie le 17.09.2019 08:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A méditer

    Ce que c'est lassant, ces écoterroristes sont les politiciens de demain. Pour éviter qu'ils ne nuisent à la société toute leur vie, il convient de les mettre hors d'état de nuire et surtout de leur infliger des amendes exemplaires avec travaux d'intérêt publique pour les remettre dans le droit chemin. Chez nous on autorise même le rassemblement de extinction rébellion, ces désoeuvrés qui prônent la désobéissance civile avec le consentement des autorités. Continuez ainsi et vous verrez ce que ça veut dire l'extrême droite au pouvoir qui n'est que la réponse à votre laxisme ignorant

  • Gerard le 17.09.2019 08:23 Report dénoncer ce commentaire

    Normal

    Et bien une décision de justice française qui fait plaisir. Encore heureux. Car personne ne se fait condamner quand on brûle le drapeau français, et ça arrive toute l année depuis longtemps.

  • Ursu le 17.09.2019 08:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et Maudet

    toujours accroché ?

  • John Connor le 17.09.2019 08:10 Report dénoncer ce commentaire

    qwertz

    Il faudrait le décrocher lui...

  • Renaudi le 17.09.2019 08:07 Report dénoncer ce commentaire

    Indépendance de la justice ?

    Le juge s'est dégonflé sous la pression; triste "justice" qui en vient à condamner des femmes battues mais acquitte des activistes.