France

02 juillet 2018 21:11; Act: 02.07.2018 21:28 Print

Dégradations homophobes d'une exposition de photos

L'exposition en plein air d'Olivier Ciappa, intitulée «Les couples de la République», a été vandalisée pour la troisième fois en un mois à Metz.

storybild

Les graffitis contiennent des références au groupuscule d'extrême-droite Action française. (Photo: Capture d'écran Twitter/@OlivierCiappa)

Sur ce sujet
Une faute?

Un photographe français a dénoncé lundi «un acharnement homophobe» et regretté «une banalisation» de l'homophobie après de nouvelles dégradations, pour la troisième fois en un mois, sur des photographies de son exposition «Les couples de la République» à Metz, dans l'est de la France.

«On sent une vraie banalisation»

Dans la nuit de samedi à dimanche, douze photographies en noir et blanc d'Olivier Ciappa, accrochées sur un quai le long de la Moselle, ont été recouvertes du mot Non en lettres rouges. Sur certaines, le sigle AF -- Action française, groupuscule d'extrême droite -- a été apposé. Des autocollants de l'Action française ont aussi été découverts sur des bâches.

«Ce qui est le plus choquant, c'est qu'on sent une vraie banalisation. On a accepté que l'exposition soit abîmée à nouveau», a réagi auprès de l'AFP Olivier Ciappa.

Une attaque qui inquiète

Une autre série de photos, exposée en plein air dans un square, a été dégradée à deux reprises en juin. Des tags homophobes ont été inscrits en rouge au début du mois puis les clichés ont été retirés de leur support, et déchirés la semaine dernière.

L'exposition, organisée en plein air par l'association LGBT «Couleurs Gaies», montre des couples enlacés, LGBT anonymes, hétérosexuels et de stars.

Le président de l'association, Matthieu Gatipon-Bachette, s'attendait que cette exposition dérange. Mais qu'elle fasse «l'objet d'une attaque ciblée, revendiquée, c'est plus inquiétant», a-t-il estimé.

Visibilité dans l'espace public

«C'est un acharnement homophobe», a dénoncé M. Ciappa. «Les homosexuels, c'est 5 à 10% de la population et il y a 350'000 familles homoparentales en France. Quand on essaie d'exister un peu sur l'espace public, de faire partie de la société, il y a des personnes qui tentent de nous effacer», a-t-il regretté.

Les dégradations à répétition posent «la question de la visibilité des personnes LGBT sur l'espace public», a renchéri M. Gatipon-Bachette.

En 2015, cette même exposition avait déjà été vandalisée à Toulouse. Selon une récente enquête, 53% des personnes en France se définissant comme homosexuelles, bisexuelles ou transgenre ont déjà été victimes d'une agression homophobe.

(nxp/afp)