Brésil

08 novembre 2019 02:40; Act: 08.11.2019 03:24 Print

Demande de «libération immédiate» pour Lula

Une décision de la Cour suprême brésilienne a rendu une décision jeudi rendant possible la libération de l'ex-président. Ses avocats vont en faire la demande.

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Libéré vendredi, l'ex-président brésilien Lula a été accueilli par une véritable marée rouge de militants de gauche à sa sortie de prison à Curitiba. (Vendredi 8 novembre 2019) Un juge brésilien a autorisé vendredi la sortie de prison de l'ex-président Lula, qui va être libéré après un arrêt rendu la veille par la Cour suprême. (Vendredi 8 novembre 2019) Plusieurs dizaines de militants, regroupés sous les fenêtres du siège de la Police fédérale où Lula est incarcéré, criaient «Bonjour président Lula!». (8 novembre 2019) Luiz Inacio Lula da Silva, qui purge depuis plus d'un an et demi une peine de 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, pourrait sortir de prison dès ce vendredi. (8 novembre 2019) Les avocats de Lula ont annoncé tard jeudi qu'ils allaient demander sa «libération immédiate». Ils s'appuient sur une décision de la Cour suprême. (7 novembre 2019) La Cour suprême du Brésil reprend jeudi ses débats avant un jugement très attendu qui pourrait aboutir à la libération de l'ancien président Lula, (7 novembre 2019) Le parquet anticorruption brésilien a requis vendredi que l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva bénéficie d'un régime de semi-liberté pour purger la fin de sa peine. (Samedi 28 septembre 2019) Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise, a «puisé de l'énergie» auprès de l'ex-président brésilien Lula, emprisonné pour corruption, auquel il a rendu visite jeudi. (5 septembre 2019) La Cour suprême du Brésil a suspendu mercredi l'ordre de transfert de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva vers un centre pénitentiaire de l'Etat de Sao Paulo (sud-est). (7 août 2019) La Cour suprême du Brésil a rejeté mardi deux demandes de libération de l'ex-président de gauche Lula. (Mercredi 26 juin 2019) La Cour suprême brésilienne a reporté sine die l'audience prévue mardi pour l'examen d'une demande de remise en liberté. (Mardi 25 juin 2019) Le cour suprême du Brésil a reporté sine die le jugement d'une demande de libération de Lula prévu mardi. (11 juin 2019) La cour suprême du Brésil a décidé lundi de rouvrir le débat sur la demande de libération de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, au lendemain des révélations qui ont jeté le doute sur l'enquête anticorruption. (11 juin 2019) Les responsables de l'enquête anticorruption Lavage express au Brésil ont manoeuvré pour empêcher le retour de l'ex-président de gauche Lula au pouvoir l'an dernier, rapporte The Intercept. (Dimanche 9 juin 2019) La peine de prison pour corruption de l'ex-président Lula a été réduite de 12 ans et 1 mois à 8 ans et 10 mois. Il pourrait pourrait bénéficier d'un régime semi-ouvert de détention dans quelques mois. (Mardi 23 avril 2019) L'ancien président brésilien Lula va pouvoir sortir provisoirement de prison pour l'enterrement de son petit-fils. (Samedi 2 mars 2019) L'ex-président de gauche du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis avril, a été condamné à 12 ans et 11 mois de réclusion pour corruption et blanchiment dans le cadre d'une autre affaire. (Mercredi 6 février 2019) Frappé par la mort de son frère, Lula a demandé à pouvoir sortir provisoirement de prison pour pouvoir assister aux obsèques. (29 janvier 2019) Même depuis sa cellule, Lula aura influencé la campagne présidentielle brésilienne et aura joué un rôle dans le premier tour, qui aura lieu dimanche. (Jeudi 4 octobre 2018) Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro consolide son avance au 1er tour de la présidentielle et Fernando Haddad, substitut à gauche de l'ex-président Lula, décolle, selon un sondage. (Vendredi 14 septembre 2018) Le candidat de la gauche brésilienne, Fernando Haddad, croit en ses chances d'attirer les électeurs de l'ex-président emprisonné Lula, qui l'a nommé mardi pour le remplacer. (Jeudi 13 septembre 2018) Lula a officiellement renoncé mardi à être candidat à l'élection présidentielle du 7 octobre. Il a passé le relais à son colistier, Fernando Haddad, qui devient officiellement le candidat du Parti des travailleurs (PT). (11 septembre 2018) Jair Bolsonaro, blessé par arme blanche lors d'un meeting, est en tête des intentions de vote pour la présidentielle. (Lundi 10 septembre 2018) Un juge de la Cour suprême du Brésil a rejeté jeudi un recours présenté par Lula contre l'invalidation de sa candidature à la présidentielle d'octobre. (Jeudi 6 septembre 2018) Fernando Haddad, colistier de Lula à la présidentielle, a été formellement accusé de corruption par le parquet de Sao Paulo. (Mardi 4 septembre 2018) Lula va déposer deux recours, l'un devant l'ONU et l'autre devant la Cour suprême brésilienne, pour tenter d'être candidat à la présidentielle après son invalidation par la justice électorale. (Lundi 3 septembre 2018) L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva sera fixé sur sa possible exigibilité pour la présidentielle du 7 octobre. (Vendredi 31 août 2018) La demande de libération de Lula, candidat à la présidentielle, sera étudiée en septembre par la Cour suprême. (Lundi 27 août 2018) L'ex-président Lula est toujours plus fort dans les sondages pour l'élection présidentielle d'octobre. Mais la justice pourrait invalider sa candidature. (Mardi 21 août 2018) Le Parti des Travailleurs a officiellement déposé auprès du Tribunal supérieur électoral la candidature de son chef historique emprisonné Lula. (15 août 2018) Près de 40 manifestants, des Brésiliens de Suisse ou d'autres personnes ont manifesté leur soutien à l'ex-président Lula sur la Place des Nations mercredi soir à Genève. Celui-ci, qui est actuellement incarcéré pour corruption, s'est dit candidat à la présidentielle d'octobre. (15 août 2018) Importante mobilisation pour soutenir Lula à la présidentielle alors que celui-ci est actuellement en prison pour corruption. (14 août 2018) Le premier débat télévisé de l'élection présidentielle d'octobre au Brésil se tenait jeudi soir, sans Lula, grand favori des sondages, en prison. (9 août 2018) Un juge brésilien a fait sensation en ordonnant la libération de l'ex-président Lula, avant d'être contredit par un autre juge de la même cour d'appel, mais il insiste pour que Lula sorte de prison au plus vite. (Dimanche 8 juin 2018) Les sympathisants de Lula étaient venu soutenir celui qui reste le favori des sondages pour la présidentielle d'octobre, malgré son emprisonnement. (Mardi 1er mai 2018) Emprisonné depuis le 7 avril, l'ex-président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a perdu du terrain dans la campagne présidentielle. Mais il reste en tête des intentions de vote. (Dimanche 15 avril 2018) Luiz Inacio Lula da Silva (veste grise) à son arrivée à la prison de Curitiba. (Samedi 7 avril 2018) Des manifestants célèbrent l'arrestation de l'ex-président Lula. (Samedi 7 avril 2018) L'ex-président Lula salue la foule depuis le siège du syndicat des métallurgistes. (Samedi 7 avril 2018) Les supporteurs de Lula, opposés au départ de leur leader pour la ville de Curitiba (sud) et la cellule qui l'y attend, ont empêché le véhicule de l'ex-président de démarrer. (Samedi 7 avril 2018) L'ancienne présidente Dilma Rousseff a rejoint son prédécesseur Lula pour une messe en l'honneur de la femme de ce dernier, décédée l'an dernier. (Samedi 7 avril 2018) Retranché au siège d'un syndicat entouré de milliers de partisans, Lula négociait vendredi soir avec la police les conditions de son arrestation. (Vendredi 6 avril 2018) La plus haute juridiction d'appel brésilienne a rejeté vendredi l'appel de l'ex-président Luis Inacio «Lula» da Silva contre son placement en détention. L'ancien président ne s'est pas présenté à la justice comme exigé. (Vendredi 6 avril 2018) Le juge anticorruption Sergio Moro (photo archive à Lima) a sommé Luis Inácio Lula da Silva de se rendre à la police fédérale de Curitiba. Il a interdit qu'on lui passe des menottes. (Vendredi 6 avril 2018) Luiz Inacio Lula da Silva doit purger une peine de 12 ans et un mois de prison pour avoir reçu un luxueux appartement de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics. (Mercredi 4 avril 2018) La Cour suprême a donné son feu vert à l'incarcération de Lula. (Mercredi 4 avril 2018) Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues du Brésil mardi pour réclamer l'emprisonnement de Lula, condamné pour corruption.(3 avril 2018) Les gens sont dans la rue pour demander l'emprisonnement de leur ancien président condamné pour corruption. (3 avril 2018) La Cour suprême a appelé au calme, à deux jours d'un jugement crucial pour l'ex-président qui pourrait aller en prison. (Lundi 2 avril 2018) Malgré sa tournée politique dans le sud hostile, l'ex-président brésilien a promis jeudi de revenir au pouvoir. (28 mars 2018) Un autocar de la caravane de Lula a été touché par un tir, affirme le candidat à la présidentielle. Il n'y a pas eu de blessé. (Mardi 27 mars 2018) La Cour suprême brésilienne a décidé d'ajourner ses débats sur l'ex-président jusqu'au 4 avril. D'ici là, il restera libre. (Jeudi 22 mars 2018) Un juge a ordonné que le passeport de l'ex-président brésilien Lula, confisqué la semaine dernière après sa condamnation, lui soit rendu. (Vendredi 2 février 2018) L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a été reconnu mercredi coupable de corruption et de blanchiment par la Cour d'appel de Porto Alegre. Deux des trois juges ont confirmé sa condamnation à de la prison. (24 janvier 2018) Trois juges doivent décider dans la journée si l'ancien président brésilien Luiz Inacio da Silva est bien coupable de corruption passive et de blanchiment. (Mercredi 24 janvier 2018) L'ex-président brésilien Lula a clamé haut et fort son innocence, lors de son second face-à-face avec le juge anticorruption Sergio Moro, qui l'a déjà condamné à près de dix ans de prison dans une autre affaire. (13 septembre 2017) Les ex-présidents brésiliens Luis Inácio Lula da Silva et Dilma Rousseff ont été inculpés de corruption et de formation d'un cartel. (Mardi 5 septembre 2017) Malgré ses déboires avec la justice, l'ex-président brésilien Lula semble se diriger vers une candidature à la présidentielle de 2018. (Jeudi 17 août 2017) Roberta Luchsinger, 32 ans, petite-fille d'un banquier suisse installé au Brésil, a décidé de faire un don de 132'000 euros à l'ex-président brésilien. (Photo d'archives) L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, condamné récemment à près de dix ans de prison, a été inculpé pour corruption et blanchiment d'argent dans le cadre d'une autre affaire. (Mardi 1er août 2017) Lundi 31 juillet, le parquet fédéral du Brésil (MPF) a fait appel de la condamnation de Lula à 9,5 ans de prison, réclamant une peine plus lourde. Le parquet estime que Lula devrait aussi être condamné des irrégularités concernant le stockage d'objets personnels accumulés durant sa présidence. (Image prétexte - 20 juillet 2017) Seuls quelques milliers de manifestants ont répondu dans les grandes villes du Brésil à l'appel des mouvements de gauche à soutenir l'ex-président Lula. (Jeudi 20 juillet 2017) La justice a bloqué plus de 600'000 réais (181'000 francs suisses) dans les comptes de Luiz Inacio Lula Da Silva et saisit trois appartements, une semaine après sa condamnation pour corruption, dont il a fait appel. (Mercredi 19 juillet 2017) L'ex-président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a été condamné à neuf ans et six mois de prison pour corruption et blanchiment d'argent, a annoncé mercredi le tribunal du juge Sergio Moro, à Curitiba (Sud). (Mercredi 12 juillet 2017) Lula est accueilli par ses partisans alors qu'il arrive au tribunal, pour une audience qui durera plus de cinq heures. (Mercredi 10 mai 2017) L'ex-président est visé par cinq procédures judiciaires liées à l'opération «Lavage-express». Cette enquête tentaculaire a révélé un vaste réseau de corruption orchestré par des entreprises du bâtiment pour truquer systématiquement les marchés publics, notamment ceux du géant pétrolier étatique Petrobras. (Mercredi 3 mai 2017) Mais pour éviter tous débordements entre pro et anti-Lula, les forces de l'ordre ont aussi été déployées. (Jeudi 4 mai 2017) Plusieurs dizaines des soutiens de Lula ont même campé sur place, dans des tentes plantées sur le bord de la route. (Mardi 9 mai 2017) L'icône de la gauche latino-américaine a déjà reçu le soutien de plusieurs milliers de partisans, qui ont afflué tout au long de la journée de mardi à Curitiba, ville du sud du Brésil où aura lieu l'audience. (Mardi 9 mai 2017) Lula va faire face pour la première fois mercredi au juge anticorruption Sergio Moro. Mais il peut compter sur le soutien du Parti des Travailleurs. (Vendredi 5 mai 2017)

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L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis plus d'un an et demi pour corruption, pourrait sortir prochainement de prison à la faveur d'un arrêt rendu jeudi soir par la Cour suprême.

Les magistrats de la plus haute juridiction du Brésil ont mis fin à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l'épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel, considérant qu'elle était inconstitutionnelle.

La décision des 11 juges de la Cour suprême était très attendue et a été obtenue, après de longs débats, sur un score serré de 6 à 5 voix, et pourrait impliquer la libération de près de 5000 autres détenus. Ces libérations ne sont pas automatiques, chaque juge d'application des peines étant tenu d'appliquer la décision de la Cour suprême au cas par cas.

Lula, qui purge une peine de 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, a été incarcéré en avril 2018, peu après sa condamnation en appel, même s'il dispose encore de recours devant des tribunaux supérieurs.

«Lavage Express»

Immédiatement après le rendu de la décision, les avocats de la figure historique de la gauche brésilienne ont annoncé qu'ils allaient demander la libération de «l'ancien président emprisonné de manière injuste depuis 579 jours».

Parmi les détenus qui pourraient être également élargis prochainement figurent des dizaines de personnes condamnées comme l'ex-président âgé de 74 ans dans le cadre de l'enquête anticorruption «Lavage Express».

Les procureurs chargés de cette enquête ont immédiatement affirmé dans un communiqué que la décision de la Cour suprême allait à l'encontre «du sentiment de rejet de l'impunité» et de l'importance «du combat de la corruption, qui sont des priorités de notre pays».

Lula a été accusé d'avoir bénéficié d'un triplex dans une station balnéaire proche de Sao Paulo en échange de l'octroi de contrats à une compagnie du BTP. Depuis sa cellule de la Police fédérale à Curitiba (sud), il n'a cessé de clamer son innocence, se disant victime d'un complot pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

«Rude coup» pour Sergio Moro

Le juge Gilmar Mendes, un des six magistrats de la Cour suprême qui ont considéré que l'incarcération devait attendre l'épuisement de tous les recours, a affirmé jeudi lors de son vote que le cas Lula avait «contaminé les débats» en raison de la forte «polarisation» de la société brésilienne sur le sort de l'ex-président.

Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs (PT), fondé par Lula en 1980, a célébré la décision de la Cour suprême sur Twitter, considérant qu'elle avait «renforcé la démocratie et la Constitution, menacées par le gouvernement d'extrême droite» du président Jair Bolsonaro.

Durant la campagne électorale, Jair Bolsonaro n'avait pas caché son souhait de voir l'ex-président de gauche, sa bête noire, «pourrir en prison». Lula était donné favori des sondages pour la présidentielle d'octobre 2018, à laquelle il n'a finalement pas pu participer, assistant impuissant à la victoire de Jair Bolsonaro. Ce dernier a justement choisi pour ministre de la Justice Sergio Moro, ex-juge qui avait condamné Lula en première instance en juillet 2017.

La décision de la Cour suprême «est un rude coup pour Sergio Moro, qui était encore omnipotent il y a six mois», a tweeté jeudi soir le journaliste américain Glenn Greenwald, dont le site The Intercept Brasil est à l'origine de révélations remettant en cause l'impartialité de l'ancien juge.

Ce site d'investigation a commencé à publier en juin des échanges de messages montrant une connivence entre Sergio Moro et les procureurs chargés de l'opération «Lavage express».

Une libération de Lula rebattrait les cartes politiques au Brésil où l'opposition reste inaudible depuis l'entrée en fonction du président Bolsonaro en janvier. Le Parti des Travailleurs (PT) cofondé par Lula, n'a pas enterré son chef historique et a toujours besoin de Lula, qui garde des millions de sympathisants, notammment dans le nord-est défavorisé, et n'a visiblement pas renoncé au combat politique.

(nxp/ats)