Slovénie

27 janvier 2020 11:21; Act: 27.01.2020 15:34 Print

Le Premier ministre slovène démissionne

A la surprise générale, l'ancien acteur slovène Marjan Sarec a déclaré lundi qu'il quittait son poste de chef de gouvernement.

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Le Premier ministre slovène Marjan Sarec lors d'un sommet de l'Union européenne à Bruxelles (13 décembre 2019). (Photo: AFP/archive)

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Le Premier ministre slovène pro-européen Marjan Sarec a présenté lundi sa démission surprise en appelant à des élections, pour mettre un terme aux tensions qui déchirent son gouvernement de centre gauche et tenter de garder la main alors qu'il mène dans les sondages, selon les analystes.

«Avec les membres actuels du parlement et cette coalition, je ne peux pas faire ce qu'attendent de moi les gens, je pourrai le faire après les élections», a indiqué devant des journalistes cet ancien comédien âgé de 42 ans, à la tête depuis 2018 d'un gouvernement minoritaire, composé de cinq partis.

M. Sarec ne dispose que de treize députés dans ce pays membre de l'Union européenne et de l'Otan. Il n'a pas réussi à former une majorité parlementaire pour tenir avec ses alliés l'une de ses principales promesses de campagne: réformer le système de santé, jugé défaillant par les électeurs.

Son ministre des finances, en désaccord sur ce dossier, a annoncé sa démission presque au même moment que lui, succédant à cinq de ses collègues en quelques mois seulement.

Eviter un scrutin anticipé

Le président slovène Borut Pahor dispose désormais de trente jours pour éviter la mise en place d'un scrutin anticipé. Il doit entamer des consultations avec les neuf partis représentés au parlement, afin de voir si l'un d'entre eux est en position de former une nouvelle coalition.

Marjan Sarec était arrivé en seconde position d'un scrutin législatif anticipé le 3 juin 2018, avec 12,7% des voix seulement. Il avait mené une campagne contre les élites et surfé sur sa réputation de satiriste politique, réussissant à mener à bien des négociations pour faire émerger sa coalition fragile d'un parlement très éclaté.

Outsider de la politique aux lunettes sages et aux costumes stricts, il s'était également assuré le soutien jusqu'à la fin de l'année dernière sans participation au gouvernement du parti de gauche Levika, qui dispose de neuf sièges à la chambre.

Il a ainsi privé l'opposition de la possibilité de le mettre en minorité dans ce pays de 2 millions d'habitants.

En tête des sondages

L'ancien Premier ministre conservateur Janez Jansa était arrivé en tête du scrutin avec 25% des voix. Toutefois, il s'était coupé de plusieurs alliés potentiels en adoptant un discours clivant et xénophobe, inspiré du Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban.

«A moins qu'il pense que le moment est propice à l'appel d'élections, Marjan Sarec tente peut être de former de manière tactique une nouvelle coalition avec un agenda clair», a expliqué à l'AFP le politologue Vlado Miheljak, de l'université de Ljubljana.

Un sondage mené auprès de 770 électeurs et publié dimanche par une télévision privée slovène a montré une hausse dans les intentions de vote du parti de M. Marjan, qui arriverait en tête en cas d'élections avec 15,1% des suffrages, devant M. Jansa à 14,1%. «Des élections anticipées constitueraient de loin l'issue la plus probable», a réagi M. Jansa, ajoutant qu'elles devraient si elles avaient lieu se tenir dans la deuxième partie du mois d'avril, ce qu'a confirmé le président du parlement.

Père de famille catholique ayant remisé il y a dix ans son costume d'imitateur TV à succès pour cultiver une image d'exploitant agricole proche des réalités du terrain, Marjan Sarec s'est efforcé comme élu local de se forger une réputation de bon gestionnaire.

(nxp/afp)