Drame dans le Pacifique

10 août 2018 17:57; Act: 11.08.2018 08:10 Print

Depuis 15 jours, Tahlequah porte son petit décédé

Une maman orque maintient depuis deux semaines à la surface la carcasse de son bébé. Les scientifiques s'inquiètent.

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Le petit de J35 est décédé le 24 juillet dernier. Depuis, sa mère s'exténue à remonter son corps à la surface de l'eau.

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Nous en avions déjà parlé il y a 15 jours, Tahlequah, une orque aussi connue sous le nom de «J35», avait parcouru pas moins de 240 kilomètres le long de la côte pacifique son bébé mort sur le nez pour qu'il ne coule pas.


Vendredi, l'épaulard femelle n'avait toujours pas lâché son petit décédé le mardi 24 juillet quelques heures après sa naissance, rapporte notamment «CBS».

Deuil étonnamment long

Le fait que les cétacés prennent soin de leurs défunts, notamment pour les protéger des prédateurs, est un comportement connu des scientifiques.


Toutefois, la réaction de Tahlequah semble hors normes. Car mercredi dernier, Michaël Milstein, porte-parole de la NOAA (National oceanic and atmospheric administration) indiquait que l'orque avait de nouveau été repérée par des scientifiques le long de la péninsule olympique, non loin de Seattle. Et l'orque s'accroche toujours au cadavre de son petit.

Inquiétudes

«Je n'arrive pas à croire qu'elle s'accroche toujours à son petit», commente Deborah Giles, dans les colonnes du «Seattle Times». La scientifique de l'ONG Wild Orca est même très inquiète en ce qui concerne la santé physique et mentale de l'orque: «Même si sa famille chasse pour elle et lui procure à manger, je m'inquiète de sa capacité à se nourrir suffisamment pour récupérer le poids qu'elle a perdu pendant sa grossesse et pendant cette période de deuil.»

L'ONG s'inquiète également de la santé d'un autre jeune épaulard de la même famille, «J50», âgé de 3 ans et demi, et qui semble très amaigri. La NOAA tente de monter une opération pour venir le soigner.

Peu de nourriture

Depuis trois ans, aucun bébé orque n'a survécu au sein de la population des épaulards résidents du Sud. Ce déclin serait dû en particulier à la raréfaction du saumon, probablement liée à la surpêche et au changement climatique, indique le New York Times. D'autres causes telles que la consanguinité, les nuisances sonores liées au trafic maritime, ou encore les déchets chimiques sont avancées pour expliquer ce drame.

(jfe)