Retraites en France

16 décembre 2019 04:10; Act: 16.12.2019 12:19 Print

Les routiers sont également en grève

Alors qu'une nouvelle manifestation d'ampleur est prévue mardi contre la réforme des retraites, les routiers posent aussi leurs revendications.

Sur ce sujet
Une faute?

Blocage d'entrepôts, opérations escargot, barrages filtrants: une grève d'une journée des routiers, à l'appel de quatre syndicats de leur branche pour réclamer de meilleures conditions de travail et de salaires, complique lundi la situation déjà difficile sur les routes en plein conflit social sur les retraites.

«Les blocages se sont mis en place à partir de 4h00 du matin, à Lille, Vannes, Toulouse, Lyon, Nancy etc.», a précisé à l'AFP Charles Morit, de l'UFR-CFDT, premier syndicat du transport routier et logistique, à l'origine du mouvement et rejointe par FO (3e), la CFTC (4e) et la CGC (5e). «Les voitures particulières ne sont pas concernées» par les barrages filtrants, a-t-il ajouté.

Augmentation des salaires, 13e mois conventionnel, permis professionnel, les mots d'ordre sont spécifiques et la mobilisation prévue de longue date, avant la grève contre la réforme des retraites. Les routiers défendent aussi leur congé de fin d'activité, redoutant que ce dispositif, qui permet à certains conducteurs de partir à la retraite plus tôt, ne disparaisse avec la réforme.

Nombreux barrages routiers

La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne, qui a la tutelle sur les transports, a assuré lundi sur France 2 que «le gouvernement leur a confirmé que ce congé de fin d'activité sera maintenu, il faut maintenant qu'il y ait des discussions avec les organisations patronales».

Un rassemblement doit se tenir à Paris devant le siège de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) dans le XVIIe arrondissement, où les routiers doivent être reçus en fin de matinée.

Des chauffeurs-routiers bloquent les accès au marché de gros de Corbas près de Lyon. Vers 10h00, environ 300 chauffeurs venus de toute la région Rhône-Alpes y participaient, selon Nicolas Peyrot, responsable du syndicat CFTC chez XPO-Logistics.

Opérations escargot

«Il y a aujourd'hui un manque de dialogue social au niveau de la convention collective, alors qu'on se retrouve avec des taux horaires au niveau du Smic. Il manque 50'000 personnes dans la profession et pour qu'elle soit attractive, il faut revaloriser les salaires et améliorer les conditions de travail», estime-t-il.

Une centaine de routiers qui bloquaient depuis 4h00 du matin la plateforme logistique «Clesud» à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, a été délogée par les gendarmes. Une cinquantaine d'entre eux se sont alors rabattus vers la zone industrielle de Saint-Martin de Crau, où ils empêchaient la sortie des camions venant d'enseignes comme Maison du monde, Amazon ou encore Castorama.

Dans le Pas-de-Calais, quelque 200 personnes ont bloqué dès 5h00 l'accès à la zone industrielle de Douvrin, une importante base logistique au nord de Lens, puis ont entamé une opération escargot jusqu'à l'A1 qui devrait «durer jusqu'à la mi-journée», a précisé Henri Talleu (CFDT). Au sud de Nancy, environ 150 routiers organisent des barrages dans la zone industrielle de Ludres depuis 03h30 et a priori jusqu'à la mi-journée.

En Alsace, une opération escargot est également menée depuis tôt lundi sur l'A35/A4 par une vingtaine de camions occasionnant un trafic très ralenti au sud et au nord de Strasbourg. Dans l'Ouest des blocages ont été mis en place à Vannes (Morbihan) et à l'entrepôt ID Logistics de Derval (Loire-Atlantique), avant une manifestation prévue à Nantes en début d'après-midi. En banlieue parisienne, des blocages ont été installés en Seine-et-Marne et à Gennevilliers (Hauts-de Seine).

Transports parisiens bloqués

Les transports parisiens restaient bloqués lundi matin, avec huit lignes de métro fermées et un trafic très perturbé des trains de banlieue. Sur les routes en région parisienne, plus de 620 kilomètres de bouchons étaient enregistrés contre 200 à 350 km en temps normal. Un tiers des trains à grande vitesse circulait et 4 trains régionaux sur 10.

Le taux de grévistes est tombé à 11,2% lundi matin à la SNCF, a annoncé la direction, en précisant que 61% des conducteurs et 41% des contrôleurs étaient en grève, au douzième jour consécutif du mouvement contre la réforme des retraites.

Parmi les personnels indispensables à la circulation des trains, 17,3% des aiguilleurs étaient en grève, selon la direction. Tous ces taux sont en baisse par rapport à vendredi (la SNCF ne publie pas de chiffres pendant le weekend). Au matin du premier jour de cette grève illimitée, le 5 décembre, plus d'un cheminot sur deux (55,6%) était gréviste (85,7% des conducteurs, 73,3% des contrôleurs, 57% des aiguilleurs), d'après un comptage de la direction.

Journée décisive mardi

Mardi sera une journée décisive. L'ensemble des syndicats appellent désormais à la grève et à la manifestation, y compris les organisations réformistes comme la CFDT, premier syndicat de France. Ces organisations sont furieuses que le Premier ministre Edouard Philippe ait maintenu une mesure d'âge dans son projet de transformation des 42 régimes de retraite existants en un système universel par points.

La fixation d'un «âge d'équilibre» (64 ans en 2027) pour encourager l'allongement des cotisations et maintenir l'équilibre financier du système signifie que chacun pourra continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais avec un malus sur sa pension et un bonus pour ceux partant après.

C'est une «ligne rouge» pour Laurent Berger, patron de la CFDT. «Pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer l'âge d'équilibre. Un point, c'est tout», a-t-il tran

(nxp/afp)