Brésil

25 février 2020 02:49; Act: 25.02.2020 06:37 Print

Dernière nuit d'un carnaval anti-Bolsonaro

Les écoles de samba défilent lundi soir à Rio dans un carnaval très critique envers le président brésilien.

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La première école de samba s'est élancée lundi soir sur la piste du sambodrome de Rio, pour la seconde nuit d'un carnaval toujours aussi féerique, mais très critique à l'égard du président Jair Bolsonaro.

Le carnaval de Rio 2020 en images

Les quelque 3000 danseurs et les chars monumentaux de l'école de Sao Clemente ont ouvert le feu avec une parade qui dénonce le flot de fausses informations ayant émaillé l'élection du président d'extrême droite fin 2018 et les scandales de corruption de sa première année de mandat.

«Le carnaval, c'est l'occasion pour s'exprimer contre tout ce qui ne marche pas dans le pays», dit à l'AFP Jaqueline Feitosa Simoes, qui défile avec Sao Clemente, «que ce soit dans la politique, la santé, l'éducation».

Après sept écoles la veille, les six dernières écoles de samba devaient se succéder jusqu'à l'aube mardi sur l'immense avenue du sambodrome conçue par Oscar Niemeyer, devant plus de 70'000 spectateurs et des dizaines de millions de téléspectateurs.

Créativité faute de subventions

Chacune des écoles dispose d'une heure pour enchanter le public, mais aussi les juges, au son assourdissant de la samba et des percussions, avec des chars allégoriques fastueux aussi hauts qu'un immeuble de plusieurs étages, des milliers de danseurs aux costumes chatoyants et des danseuses sculpturales très dénudées.

Privées de subventions du maire évangélique de Rio, Marcelo Crivella, qui ne goûte guère l'exubérance sensuelle de la plus grande fête au monde, les écoles de samba ont dû faire assaut de créativité cette année, recyclant parfois des chars du carnaval 2019.

En jeu pour les 13 écoles en lice lors de ces deux nuits de défilé, le titre très convoité de championne, enlevé l'an dernier par celle de Mangueira. Mangueira qui a encore marqué les esprits dans la nuit de dimanche à lundi avec un défilé mettant en scène un Jésus noir venant apporter la paix dans une favela où il danse avec ses disciples jusqu'à l'intervention brutale de policiers armés de matraques.

Plusieurs écoles ont ainsi dénoncé les opérations policières qui ont fait plus de 1800 tués l'an dernier, soit environ cinq personnes par jour, sous un gouvernement arrivé au pouvoir avec la promesse de réduire la violence endémique au Brésil.

«Les gens souffrent tant»

Avec son Jésus à la peau noire, Mangueira avait déjà créé la polémique avant même le défilé, une pétition en ligne d'ultraconservateurs, très en cours aujourd'hui à Brasilia, ayant demandé l'interdiction de son défilé pour «blasphème». Une autre école, Grande Rio, avait pris pour thème celui de la tolérance religieuse, avec des chars exaltant les croyances afro-brésiliennes.

Lutte pour la diversité et les droits des opprimés - Noirs, femmes ou communauté LGBT - les dernières écoles de samba devraient enfoncer le clou dans la nuit de lundi à mardi, dans un pays de 210 millions d'habitants qui a porté à sa tête un président ouvertement misogyne et homophobe et accusé de racisme.

Une fois dans l'année, «le carnaval, c'est l'allégresse pour tous, les gens souffrent tant et travaillent tant», dit Marcelo Tchetchelo de Castro, danseur de Sao Clemente. «En même temps c'est le moment pour nous de passer les messages pour une prise de conscience de tous, pour un Brésil meilleur».

Ainsi, dans une éphémère prise de pouvoir, les laissés pour compte sont traditionnellement au premier plan lors du carnaval qui puise dans ses racines indigènes, mais particulièrement cette année, an II du gouvernement Bolsonaro.

L'école la plus titrée du carnaval, Portela, avec 22 trophées, a précisément évoqué ces racines lors d'un défilé la veille qui a fait une forte impression. «Notre village ne s'incline pas devant le capitaine», disait la chanson de l'école, une référence transparente à l'ancien capitaine de l'armée Jair Bolsonaro.

Ancré dans l'actualité

Avant-dernière à défiler dans la nuit, l'école de Mocidade doit rendre un hommage à la chanteuse mythique Elza Soares, 89 ans, icône de la lutte contre le racisme et l'homophobie. Avant elle, celle de Salgueiro devait honorer Benjamin de Oliveria, premier clown noir du Brésil qui a révolutionné le cirque et le théâtre et lutté contre le racisme.

Le carnaval de Rio est également particulièrement ancré cette année dans l'actualité : la déforestation en Amazonie (elle a doublé en 2019, première année du gouvernement Bolsonaro), ou d'autres atteintes à l'environnement avec la pollution des océans, qui doit être dénoncée par l'école Unidos da Tijuca.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Roger Vogo le 25.02.2020 08:50 Report dénoncer ce commentaire

    Y a-t-il un pilote dans l'avion?

    La vidéo montre le carnaval de Olinda (dans le Nordeste) pas celui de Rio. Qui vérifie vos informations, chez 20min? Quelle bande de bras cassés!!

  • Luigi le 25.02.2020 07:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo les bresiliens,

    virez ce clown comme les Italiens ont fait avec le Matteo.

  • M. le 25.02.2020 09:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste réalité

    Jésus, un gamin aux cheveux blonds et petite moustache, mort par balles des policiers, sur la croix, ne resume pas seulement la réalité des favelas mais un gouvernement autoritaire qui considère que le pauvre = bandit. Mangueira (école de samba) a montré au monde, ce que la presse mondiale ne montre pas. Un gouvernement qui utilise le nom de Jesus pour tuer, tabasser, humilier tous ceux qui ne partagent pas les memes idées Politiques/Religieuses.

Les derniers commentaires

  • A LA SOLDE DES USA , DE LA CHINE , UE le 25.02.2020 15:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C' EST BIEN TRISTE , UN PAYS SI RICHE

    se qui ne va pas au Brasil , c ' est que chaque brésilien veut être patron de quelque chose , le problème c' est qu' il n' arrive pas à être patron de lui même . Par contre ils ont tous un portable et un chargeur . Le Brésil un si beau pays Avec une richesse incomparable , malheureusement ingouvernable. et qui a 50 ans de retard . Lula a mis le pays dans la plus grande corruption jamais connue et Bolsonaro qui ne sait pas faire un discours intelligent veut relever le pays du moins il essaie , ca fait rigoler et ça continue. Pour tout vous dire le brésilien travaille pour manger aujourd'hui demain c' est un autre jour . 23 ans que je suis au Brésil , je les connais , celui qui veut travailler il s' expatrié en Europe ou USA.

  • M. le 25.02.2020 09:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste réalité

    Jésus, un gamin aux cheveux blonds et petite moustache, mort par balles des policiers, sur la croix, ne resume pas seulement la réalité des favelas mais un gouvernement autoritaire qui considère que le pauvre = bandit. Mangueira (école de samba) a montré au monde, ce que la presse mondiale ne montre pas. Un gouvernement qui utilise le nom de Jesus pour tuer, tabasser, humilier tous ceux qui ne partagent pas les memes idées Politiques/Religieuses.

  • Zorgl le 25.02.2020 08:59 Report dénoncer ce commentaire

    Propagande

    Blablabla, en réalité Bolsonaro a une cote de popularité qui ferait rougir n' importe quel dirigeant européen.

    • Baladin09 le 25.02.2020 09:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Zorgl

      de honte

    • @Bolsonaro2022 le 25.02.2020 11:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Baladin09

      Meilleur président que le Brésil à eu depuis la république. et ça fait la mal à la gauche. pleurer c'est gratuit. haha et rire aussi.

    • Josiane le 25.02.2020 11:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @@Bolsonaro2022

      Formidable president des ultra riches. Guignol sur la scène internationale. Destructeur de la forêt amazoniene. Persecuteur des peuples primitifs. Joli bilan en effet.

    • Phil le 25.02.2020 14:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @@Bolsonaro2022

      Entière d'accord et plus de 30 ans que je vis entre la Suisse et le Brésil

  • Roger Vogo le 25.02.2020 08:50 Report dénoncer ce commentaire

    Y a-t-il un pilote dans l'avion?

    La vidéo montre le carnaval de Olinda (dans le Nordeste) pas celui de Rio. Qui vérifie vos informations, chez 20min? Quelle bande de bras cassés!!

  • Desmond le 25.02.2020 08:19 Report dénoncer ce commentaire

    Is Amazing

    Vive les LGBTIQ!!!

    • Desi le 25.02.2020 20:13 Report dénoncer ce commentaire

      @Desmond

      Je suis hétéro et je soutiens les personnes LGBTIQ