Affaire Benalla

20 février 2019 11:32; Act: 20.02.2019 16:11 Print

Des «dysfonctionnements majeurs» à l'Élysée

Une commission sénatoriale demande des poursuites contre Alexandre Benalla. Et dénonce des dysfonctionnements au plus haut niveau de l'Etat.

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«Dysfonctionnement majeur au sommet de l'Etat»: la Commission des lois du Sénat a frappé un grand coup mercredi en demandant des poursuites contre l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, mais aussi la saisine de la justice sur les déclarations des principaux collaborateurs du président.

«La sécurité du président de la République a été affectée», a affirmé le président de la commission d'enquête Philippe Bas. Il présentait le rapport de la commission d'enquête à la presse.

Après six mois de travaux, 40 personnes entendues au cours de 34 auditions, la Commission sénatoriale a rendu ses conclusions mercredi. La veille au soir, Alexandre Benalla et Vincent Crase, au centre de l'affaire la plus retentissante du quinquennat Macron, ont été placés en garde à vue après la révocation de leur contrôle judiciaire.

Un «faux témoignage»

L'étau semble se resserrer de plus en plus autour de l'ex-chargé de mission de l'Elysée. A peine quelques heures après la publication du rapport sénatorial, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert, dès la semaine dernière, une enquête préliminaire pour déterminer s'il y a pu avoir des «dissimulations de preuves» dans le cadre des différentes enquêtes visant M. Benalla et son entourage.

Dans une lettre au président du Sénat Gérard Larcher, les membres de la commission présidée par Philippe Bas (LR) demandent de «saisir le ministère public des déclarations» des deux intéressés. Ils soupçonnent un «faux témoignage» de Alexandre Benalla sur le «périmètre de ses fonctions» à l'Elysée et «son rôle dans le dispositif de sécurité du chef de l'Etat», mais aussi sur l'utilisation de ses passeports diplomatiques.

Contrat avec un Russe

Alexandre Benalla et Vincent Crase sont en outre soupçonnés d'avoir menti au sujet du contrat de sécurité privée pour le compte du russe Iskander Makhmudov. Selon les révélations de Mediapart, «Alexandre Benalla a été impliqué dans la négociation dudit contrat alors qu'il était encore en fonction à l'Elysée», précise encore la commission dans sa lettre à Gérard Larcher.

Dans l'enregistrement sonore publié par le site d'information, les deux hommes évoquent les répercussions de leurs ennuis judiciaires sur la société de M. Crase, engagée dans un contrat de sécurité avec le milliardaire russe. Contrat qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête récente du parquet national financier.

Le faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq, voire sept ans d'emprisonnement, rappelle la Commission.

Les hommes du président

Tout aussi explosif pour Emmanuel Macron, les commissaires demandent au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier «un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions» relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du chef de l'Etat.

Sont nommés le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler et le chef de cabinet Patrick Strzoda, mais aussi le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne. La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au Bureau du Sénat.

Dysfonctionnements et recommandations

D'une manière générale, la Commission pointe une série de «dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat» qui ont pu «affecter» la sécurité du président et «les intérêts» du pays. Elle évoque des «pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté» et un «sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs», en référence au contrat russe. Elle plaide pour la fin des «collaborateurs officieux» au sein de la présidence de la République.

L'affaire Benalla et ses ramifications n'en finissent plus d'embarrasser l'Elysée depuis l'identification, le 18 juillet par le Monde, de ce proche collaborateur du président en train de molester des manifestants le 1er mai à Paris. A l'Elysée, par ailleurs confronté depuis trois mois à la crise inédite des «gilets jaunes», un vaste mouvement de remaniement des équipes semble engagé.

Départs en cascade

La présidence a notamment déjà enregistré le départ de la «plume» Sylvain Fort et du conseiller spécial du président Ismaël Emelien. Le conseiller politique Stéphane Séjourné est parti diriger la campagne de La République en marche pour les européennes. Celui d'Alexis Kohler est régulièrement évoqué dans la presse. L'Elysée a par ailleurs recruté un directeur général des services, Jérôme Rivoisy.

Au plan politique, l'affaire a également entraîné l'abandon de la révision constitutionnelle, les oppositions exigeant une enquête parlementaire. Une commission d'enquête de l'Assemblée, dominée par la majorité En Marche, a fait long feu au grand dam des oppositions.

Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche, a estimé mercredi que la commission d'enquête du Sénat a «voulu faire de la politique» et crée un «précédent dangereux». La ministre de la Justice Nicole Belloubet a elle estimé que la justice n'était pas «sous pression», contrairement à ce qu'avait affirmé l'avocate d'Alexandre Benalla.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • JeanLuc le 20.02.2019 12:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est évident

    Rien de plus normal qu'il y aille des "dysfonctionnements majeurs au plus haut niveau de l'état Français". Ce n'est que copinage et passe-droit. D'ailleurs, chez nous c'est la même chose, sauf que nous fermons les yeux...

  • Etienne le 20.02.2019 12:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ah les coqs

    Et ça veux faire la loi pour l'Europe.

  • Napo le 20.02.2019 12:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    une chute probable

    Cette fois le Macron va devoir rendre des comptes et sérieusement, quel manque de vision et quel amateurisme depuis le début de son règne.

Les derniers commentaires

  • Jupiter y se prend pour qui? le 21.02.2019 08:45 Report dénoncer ce commentaire

    Marionnettes

    Jupiter , castaniette et Dupont du balai!

  • Durga le 21.02.2019 08:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tellement de bla-bla pour si peu....!!?

    Ça devient vraiment ennuyant tout ce cirque sur Benalla, Sommes toutes il n'a pas fait grand choses?! Il a aidé des policiers dans des manifs, utilisés un passeports diplomatique qu'il a reçu du gouvernement ! So what ??! Est-ce si grave qu'il faille en parler tout le temps? Des types qui n'ont pas de fonctions très claires, j'imagine qu'il y en a dans tous les gouvernements! Par contre les sur enquêtes faites sur ce personnage, le temps perdu a gérer son dossier aurait pu être utiliser à gérer d'autres problèmes plus importants! Comme sortir les gens de la pauvreté! C'est irréel tout ça !

  • jean clerc le 20.02.2019 20:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le dindon

    Il a meilleurs tant de tout balancé...il va être le dindon de la farce

  • Maggio71 le 20.02.2019 20:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un peu d'humour...

    Manquerait plus que le Venezuela s'en mêle

  • Laurent le 20.02.2019 19:40 Report dénoncer ce commentaire

    Dernier dysfonctionnement

    Un simple collaborateur (selon son employeur) dans le carré VIP de la Santé ? Belle performance !