Espagne

17 novembre 2013 15:39; Act: 17.11.2013 15:50 Print

Des Femen perturbent une manifestation

Cinq militantes féministes des Femen ont brièvement perturbé dimanche à Madrid une manifestation anti-avortement à laquelle ont participé plusieurs milliers de personnes.

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Les militantes de Femen ont été appréhendées par la police. (Photo: AFP)

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Dans le froid et sous la pluie, les cinq militantes, le slogan «l'avortement est sacré» inscrit en noir sur leurs seins nus, se sont précipitées en hurlant vers les manifestants qui portaient des t-shirts rouges avec l'inscription «droit à la vie». Rassemblés à l'appel d'un collectif d'organisations de droite, les manifestants réclamaient une interdiction de l'avortement à partir du moment de la conception.

«Nous considérons l'avortement comme un meurtre. Nous ne voulons pas d'avortements», s'exclame Jose Luis Roman, 43 ans, venu de la ville de Guadalajara, distante de 70 km, avec son épouse et ses deux enfants. Les militantes de Femen ont été appréhendées par la police lorsqu'elles ont couru vers les manifestants. Le défilé qui rassemblait plusieurs milliers de personnes de toutes générations s'est ensuite poursuivi sans incident.

«C'était un spectacle déplorable. J'ai dû retenir les enfants qui couraient en avant pour voir ce qui se passe», s'indigne Arturo Tardio, 55 ans. «Nous avons tous le droit de manifester, mais dans les limites du raisonnable», a-t-il ajouté.

La loi de juillet 2012, votée sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, autorise l'interruption de grossesse (IGV) pour toutes les femmes jusqu'à 14 semaines, voire 22 semaines en cas de malformation du foetus ou de danger spour la santé de la mère. Auparavant, l'avortement n'était dépénalisé en Espagne que sous certaines conditions.

La loi socialiste avait été critiquée par la droite et l'Eglise catholique. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a promis une réforme du droit à l'avortement, mais la présentation de ce projet a été reportée, apparemment en raison de dissensions au sein du Parti populaire (PP) au pouvoir. «Cela me contrarie, mais cela ne me surprend pas. Ils veulent plaire à tout le monde», confie Jose Luis Roman à l'AFP.

Le gouvernement n'a pas précisé quelles modifications exactes il voulait apporter à la loi, mais le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, chargé de la réforme, a indiqué que l'avortement serait interdit en cas de malformation du foetus.

(ats)