Chine

03 décembre 2011 09:37; Act: 03.12.2011 10:05 Print

Des Tibétains exhibés avec des pancartes au cou

Les forces de l'ordre chinoise ont exhibés des Tibétains dans une position humiliante, après leur arrestation.

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Des Tibétains arrêtés par les forces de l'ordre chinoises ont été exhibés avec des pancartes au cou indiquant leurs noms et les crimes dont ils sont accusés, selon des photos publiées samedi par l'organisation Free Tibet.

Ces clichés ont été pris dans les préfectures autonomes tibétaines de Kandze (Ganzi en chinois) et de Ngaba (Aba), affirme le site dissident chinois Boxun.com qui les a postés vendredi, sans plus d'informations sur les lieux précis ni les dates auxquels ils ont été pris, rapporte l'organisation de défense des Tibétains dont le siège est à Londres.

Ces régions tibétaines de la province du Sichuan ont été depuis le mois de mars le théâtre d'une série d'immolations de moines et de nonnes tibétains dénonçant la répression dont ils sont victimes.

Sur une des photos, des policiers des forces spéciales anti-émeute, fusil d'assaut en bandoulière, poussent des moines hors d'un bâtiment en les tenant par la nuque, tête baissée et pancarte au cou.

L'un d'entre eux, Lobsang Zopa, a son nom écrit en chinois (Luorang Zuoba) sur la pancarte, affublé de la mention «séparatiste», un chef d'accusation passible de la prison à vie, selon Free Tibet.

Moines pliés en deux

Sur une autre photo, des policiers rangés deux par deux relèvent les bras dans le dos de civils pour leur faire baisser la tête, tandis qu'un troisième cliché montre des Tibétains agenouillés, pancarte au cou, avec leur noms, toujours écrits en chinois, assortis de l'accusation «séparatiste» ou «rassemblement pour attaquer des institutions étatiques».

Une quatrième photo montre un camion sur lequel des moines pliés en deux, la tête dépassant de la plate-forme de chargement, sont maintenus dans cette position par des membres des forces paramilitaires, là aussi pancarte au cou.

Enfin, trois photos, dont Free Tibet a pu établir qu'elles ont été prises dans la ville d'Aba, montrent respectivement un barrage de police, un important rassemblement de forces de l'ordre et une patrouille lourdement armée.

Jusque dans les années 1980 au moins, il était courant en Chine d'exhiber de la sorte à la foule les condamnés. Lorsqu'il s'agissait de condamnés à mort, leur nom était barré d'une croix.

La Chine, qui affirme avoir «libéré pacifiquement» le Tibet en 1951, contrôle très étroitement cette région autonome ainsi que les provinces limitrophes du plateau tibétain.


Tibet: histoire d'une tragédie

(Source: youtube)

(ats/afp)