Médecine

14 juin 2011 11:36; Act: 14.06.2011 11:41 Print

Des Zurichois percent une défense du VIH

Des chercheurs zurichois ont découvert comment le virus du sida protège son enveloppe des attaques de notre système immunitaire.

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Une avancée qui pourrait contribuer au développement d'un vaccin, selon ces travaux publiés dans le «Journal of Experimental Medicine».

Le VIH, ressemble à une boule hérissée d'une douzaine de piquants appelés spicules. Formés par les protéines de l'enveloppe du virus, ils sont à la fois son arme et son point faible, a indiqué mardi le le Fonds national suisse (FNS).

D'un côté, le virus en a besoin pour pénétrer dans les cellules hôtes et s'y reproduire. De l'autre, ils constituent autant de points d'attaque: les anticorps que fabrique notre système immunitaire sont en effet tous dirigés contre certaines parties de ces spicules.

Une fois dans l'organisme du patient, le virus ne cesse de se modifier pour échapper aux anticorps. Ce qui contraint le système immunitaire à créer constamment de nouveaux anticorps adaptés. «C'est le jeu du chat et de la souris», résume Alexandra Trkola, de l'Institut de virologie médicale de l'Université de Zurich, cité dans le communiqué.

Boucliers moléculaires

Avec des collègues de l'Hôpital universitaire de Zurich et de l'EPFZ, son équipe a démontré que les spicules du virus sont dotés de boucliers moléculaires. Leur fonction: protéger contre les anticorps certaines structures particulièrement importantes pour le virus.

Ces boucliers sont composés de deux parties flexibles d'une protéine de l'enveloppe qui s'enroulent comme des boucles lâches autour des spicules. Dans le cadre d'essais menés sur des virus génétiquement modifiés, l'équipe d'Alexandra Trkola a découvert que lorsque ces boucles manquent, le système immunitaire humain peut inhiber sans problème le virus.

Autre élément: on ignorait jusqu'ici la position exacte de ces boucles - en dépit des efforts intenses déployés dans le monde entier pour obtenir des informations à partir de protéines virales cristallisées.

Chemin encore long

Les chercheurs zurichois ont opté pour une approche complètement différente. Ils ont reconstruit un spicule, qui est en principe composé de trois protéines identiques, à partir de deux variantes génétiquement modifiées de cette protéine: l'une avec et l'autre sans boucles protectrices.

Ceci leur a permis de conclure que les boucles protectrices s'étendent jusqu'à la protéine voisine. Or, connaître cette position exacte est important dans la perspective du développement d'un vaccin préventif contre le sida. «Mais le chemin pour y arriver est encore long», prévient la chercheuse.

(ats)