France - justice

02 janvier 2011 09:37; Act: 02.01.2011 10:38 Print

Des braquages pour financer Al-Quaïda

Huit hommes comparaissent devant la cour d'assises de Paris. Ils sont suspectés d'être engagés dans des actions permettant de financer le terrorisme islamiste, mêlant jihad et banditisme.

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Huit hommes comparaissent à partir de lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris dans un dossier de financement présumé du terrorisme islamiste, mêlant jihad et banditisme, fanatiques et caïds de banlieue. L'un des accusés, Ouassini Cherifi, un Franco-Algérien de 36 ans, a déjà été condamné en 2002 à cinq ans de prison pour un trafic de faux passeports en lien avec des réseaux islamistes.

Dans le dossier jugé jusqu'au 28 janvier par la cour d'assises spéciale (composée uniquement de juges professionnels), Cherifi, dit «le Turc», est présenté par l'accusation comme la tête pensante d'un groupe de malfaiteurs dont les braquages devaient servir à financer les réseaux d'Al-Qaïda.

Un restaurant comme QG

L'arrière-salle d'un restaurant de Clichy-sous-Bois (banlieue nord de Paris), acquis par Cherifi, «Le Rendez-vous gourmand», aurait servi de base logistique aux membres du groupe qui, selon des témoignages, tenaient des propos violents, proféraient des menaces ou se proposaient de mourir en martyr.

Aux côtés de Cherifi seront jugés trois autres accusés détenus, Mourad Feridhi, un Tunisien de 39 ans déjà condamné trois fois, notamment pour vol avec arme, Manoubi Ben Hadj Brahim, Tunisien de 34 ans, et Hichem Ezzikouri, Français de 31 ans. Les quatre autres accusés comparaissent libres, sous contrôle judiciaire.

Braquage raté

Dans cette affaire, remontant à 2005, le palmarès attribué à la bande consiste en un braquage raté d'une société de transport de fonds de Beauvais (nord de Paris) et un vol de sacs de documents dans un site de transport de colis (Chronopost) de Fretin (nord).

A Beauvais, les braqueurs, au nombre de trois ou quatre, portant cagoules et armes, étaient arrivés à bord de trois véhicules, dont un avait servi à enfoncer un portail. Ils avaient fait exploser une charge contre le mur de la salle des coffres, mais la brèche s'était avérée trop étroite pour le passage d'un homme, et ils étaient repartis bredouilles.

A Fretin, trois hommes avaient rassemblé sous la menace de leurs armes les salariés et chauffeurs présents sur le site de Chronopost, avant de s'emparer de sacs contenant des documents de l'imprimerie nationale.

Arsenal fourni

Sur les indications fournies par un des accusés après son interpellation, les enquêteurs découvraient dans un box de Clichy-sous-Bois un véritable arsenal: dynamite, TNT, fusil d'assaut Kalachnikov, un autre de type Famas, trois revolvers, des chargeurs et plusieurs centaines de munitions, un poste radio-émetteur, un gyrophare bleu et une plaque «police», un pull-over «gendarmerie», des cagoules, bonnets, gants et gilets pare-balles...

Des sacs portant l'enseigne de Chronopost étaient par ailleurs découverts dans un box du «Rendez-vous gourmand».

Certains accusés ont admis leur participation à l'association de malfaiteurs et à l'opération de Beauvais, mais en niant que leur objectif était le financement du terrorisme.

Selon l'accusation par exemple, Cherifi était allé en Turquie en septembre 2005 pour y rencontrer des responsables de cellules djihadistes et s'engager à contribuer au financement de leurs opérations. Lui affirme que le but de son voyage était commercial.

(afp)