Moscou

06 novembre 2013 11:32; Act: 06.11.2013 15:35 Print

Des canots de Greenpeace face au Kremlin

Deux canots pneumatiques de Greenpeace ont traversé Moscou mercredi sur la Moskova pour réclamer la libération des 30 membres d'équipage de l'Arctic Sunrise.

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L'organisation Greenpeace International a estimé qu'il existait des «motifs suffisants» pour une «libération immédiate» de l'équipage de son navire, détenu en Russie. (Photo: AFP)

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«Liberté aux 30 de l'Arctique!», pouvait-on lire sur les drapeaux jaunes brandis par des militants de l'ONG, dont les bateaux pneumatiques oranges et noirs sont passés devant la résidence officielle du président russe, Vladimir Poutine, après avoir fait le tour de la capitale.

«Nous appelons tous ceux qui ne sont pas indifférents quant au sort des détenus à (...) exiger avec nous leur libération immédiate», a déclaré l'antenne russe de Greenpeace dans un communiqué.

Les trente membres de l'équipage du navire de Greenpeace, l'Arctic Sunrise - originaires de 18 pays différents - ont été arrêtés en septembre et placés en détention provisoire à Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, après que certains d'entre eux eurent mené une action sur une plateforme de Gazprom en mer de Barents pour dénoncer les risques écologiques liés à l'extraction du pétrole dans cette zone.

Ils ont été initialement inculpés de «piraterie», un crime passible de 15 ans de prison. Le comité d'enquête russe a annoncé le 23 octobre qu'il remplacerait ces charges par des inculpations de «hooliganisme», passibles de sept ans de détention.

Greenpeace a annoncé la semaine dernière que les 30 détenus étaient en cours de transfert vers une prison de Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie. Ce transfert n'a cependant pas encore été effectué, a indiqué le juriste de Greenpeace Russie mardi à Ria Novosti.

Des «motifs suffisants» pour faire libérer l'équipage

L'organisation Greenpeace International a estimé qu'il existait des «motifs suffisants» pour une «libération immédiate» de l'équipage de son navire, détenu en Russie, juste avant une audience du Tribunal international de la mer qui doit examiner l'affaire mercredi. «Il existe des motifs suffisants pour une libération immédiate» des 30 membres d'équipage de l'Arctic Sunrise, navire intercepté en mer de Barents par les garde-côtes russes en septembre lors d'une action de l'organisation écologiste, a déclaré à l'AFP Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace International.

«Nous espérons que dans un délai de deux semaines, le tribunal va rendre une décision, que cette décision confirmera la position que nous avons prise et que nos militants seront libérés», a-t-il poursuivi.

Les Pays-Bas ont introduit devant le Tribunal international de la mer, juridiction des Nations Unies compétente pour régler les litiges maritimes, une demande de «mesures provisoires» à prendre à l'encontre de la Russie, notamment la libération de l'équipage du navire.

L'Arctic Sunrise bat pavillon néerlandais et Greenpeace est une organisation de droit néerlandais.
L'audience du tribunal a débuté à 10h00 locales (9h00 GMT) à Hambourg (nord de l'Allemagne) où il siège. «Le navire se trouvait dans les eaux internationales lorsqu'il a été arraisonné», a souligné M. Naidoo, qui affirme qu'une telle démarche ne peut être entreprise que dans les cas de «pêche illégale», de «dommages causés à l'environnement» et dans «un ou deux autres cas».

«Nous ne tombons sous le coup d'aucune de ces prescriptions», a-t-il soutenu.
Les 30 membres de l'équipage, dont 26 non-Russes, devraient donc être prochainement transférés à Saint Pétersbourg. «Certes, cela devrait se faire, mais nous n'avons pas reçu de confirmation officielle», a indiqué M. Naidoo, estimant que ces militants devraient être «célébrés comme des héros», plutôt que d'être emprisonnés «dans des conditions extrêmement dures».

(ats/afp)