Indonésie

20 février 2019 09:56; Act: 21.02.2019 08:12 Print

Des centaines d'étudiants fuient les violences

Près de 400 personnes ont été évacuées de Papouasie, après une attaque revendiquée par l'Armée de libération nationale de l'ouest de la Papouasie.

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Certains étudiants souffrent de traumatismes. (Photo: AFP)

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Des centaines d'étudiants ont fui des villages de la province indonésienne de Papouasie, a annoncé une ONG locale, des informations non confirmées faisant état de violentes représailles de l'armée après un massacre revendiqué par des rebelles.

La province indonésienne de Papouasie est située dans l'ouest de l'île de Nouvelle-Guinée, dont l'autre moitié est occupée par la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Elle a connu une escalade des violences avec l'exécution début décembre par des séparatistes d'au moins 16 ouvriers indonésiens travaillant pour une compagnie publique sur un chantier d'infrastructure du district montagneux de Nduga. Un groupe armé, l'Armée de libération nationale de l'ouest de la Papouasie (TPNPB), a revendiqué l'attaque.

L'armée indonésienne a été accusée par les organisations de défense des droits de l'homme de graves exactions contre la population mélanésienne.

Évacuation

Des affrontements ont amené les autorités du district de Nduga à évacuer plus de 400 étudiants vers Wamena, le chef-lieu du district voisin de Jayawijaya, selon des responsables locaux, notamment de l'ONG Volontaires humanitaires pour Nduga.

«Certains étudiants souffrent de traumatismes», a déclaré à l'AFP Ence Geong, un coordinateur de l'ONG. «Quand les militaires sont arrivés à l'école, certains étudiants se sont enfuis en courant.»

Des dizaines d'autres habitants pourraient avoir fui vers d'autres districts ou dans la jungle alors que les militaires sont accusés par des habitants de meurtres, mais aussi d'actes de harcèlement à l'égard des civils.

Le colonel Muhammad Aidi, porte-parole de l'armée en Papouasie, a rejeté les accusations selon lesquelles les militaires auraient tiré sur les civils. «S'il y a des affirmations sur des victimes civiles, c'est que ce ne sont pas des civils ordinaires», a-t-il dit à l'AFP. «Ils appartiennent aux (séparatistes) qui attaquent l'armée.»

Conflit colonial

Le conflit dans la province riche en ressources naturelles remonte à la fin de la colonisation hollandaise au début des années soixante, et s'est exacerbé à mesure que la population dénonce sa marginalisation et des exactions.

Alors que l'Indonésie a accédé à l'indépendance en 1949, les Pays-Bas ont gardé la main sur la Papouasie jusqu'en 1962. Sous pression de l'administration américaine qui craignait une contagion du communisme dans la région, le territoire a été placé sous l'administration temporaire de l'ONU en 1962 puis a été cédé à l'Indonésie avec la promesse d'un référendum d'autodétermination.

Un groupe d'un millier de Papous, dont certains ont rapporté avoir voté sous la menace, s'est prononcé en 1969 pour rester au sein de l'Indonésie. Si pour Jakarta ce vote règle la question papoue, il est vu ailleurs comme une manipulation sans valeur par beaucoup.

Pour les trois millions de Papous, dont la culture est très différente du reste de l'archipel, l'Indonésie est vue comme une puissance coloniale qui veut les déposséder de leurs terres ancestrales.

(nxp/afp)