Russie

31 décembre 2011 16:03; Act: 31.12.2011 19:13 Print

Des dizaines d'interpellations à Moscou

Des dizaines de personnes, dont l'écrivain russe Edouard Limonov, ont été interpellées samedi à Moscou et à Saint-Pétersbourg par la police.

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Le rassemblement de Moscou, organisé par Edouard Limonov, opposant et homme de lettres controversé, a eu lieu sur la place Trioumfalnaïa dans le centre de la capitale. La police a empêché sa tenue en interpellant les manifestants dès leur sortie du métro juste à côté de la place. Ils tentaient de participer à une manifestation non-autorisée pour réclamer le départ de Vladimir Poutine, à 2 mois environ de la présidentielle.

M. Limonov a indiqué à la radio «Echo de Moscou» avoir été interpellé. Un autre opposant a crié «Liberté» alors qu'il était arrêté. D'autres ont scandé «La Russie sans Poutine». Une banderole, où il était écrit «mort aux occupants du Kremlin», a été brandie. La police a annoncé qu'elle avait interpellé soixante personnes.

Un important dispositif policier avait été déployé à Moscou pour quadriller les lieux de la manifestation non-autorisée, avec l'envoi notamment d'une trentaine de fourgons cellulaires.

Outre le départ de l'homme fort du pays, Vladimir Poutine, le rassemblement avait aussi pour but de réclamer comme tous les 31 des mois comptant 31 jours l'application de l'article 31 de la Constitution russe garantissant la liberté de rassemblement.


Ailleurs en Russie

A Saint-Pétersbourg également, deuxième ville du pays, une dizaine de personnes ont là aussi été interpellées alors qu'elles essayaient de manifester sur la perspective Nevski, en plein centre- ville. Plusieurs personnes ont scandé «La nouvelle année sans Poutine» ou «Nous avons besoin d'une autre Russie».

Un mouvement de foule a encore été observé dans la ville de Nijni Novgorod, dans l'ouest de la Russie, où 200 personnes se sont rassemblées, mais aucune interpellation n'a eu lieu, ont indiqué des dirigeants de l'opposition.

Cette dernière s'est engagée à organiser un nouveau rassemblement après la longue période de jours fériés en Russie, qui a lieu du 1er jusqu'au 10 janvier, mais elle n'as pas encore fixé de date.

Réagissant à ces interpellations le soir du Nouvel An, l'ancienne dissidente soviétique et militante russe Lioudmila Alexeeva a estimé que la réponse des autorités était «honteuse et stupide». «Elles doivent comprendre que l'ère de la dispersion des rassemblements est finie», a-t-elle expliqué, citée par Interfax.


Poutine insensible

Samedi, Vladimir Poutine a estimé qu'il n'y avait rien d'»anormal» à ce que «tout bouillonne» en Russie, en pleine période électorale, ajoutant qu'il s'agissait du «prix à payer pour la démocratie». Il a pourtant à plusieurs reprises récemment minimisé l'importance du mouvement de contestation et opposé une fin de non- recevoir aux appels de l'opposition à annuler les résultats des législatives.

Mercredi dernier, il avait déjà estimé qu'un dialogue avec les opposants était impossible, jugeant le mouvement actuel trop désorganisé, sans leader et dénué de programme.

Cette vague d'opposition, qui se manifeste à un peu plus de deux mois de la présidentielle, à laquelle M. Poutine est candidat pour un troisième mandat au Kremlin après ceux accomplis entre 2000 et 2008, a été déclenchée par les législatives controversées du 4 décembre, lesquelles ont été remportées par son parti Russie Unie.

(ats)