Environnement

04 mai 2019 05:46; Act: 04.05.2019 07:50 Print

«Une grande partie de la nature est déjà perdue»

Réunis à Paris, des experts de l'ONU pensent qu'il est peut-être déjà trop tard pour réparer les dégâts causés par l'homme.

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Image d'illustration. (Photo: AFP)

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Ecosystèmes ravagés, eau polluée, air vicié, des centaines de milliers d'espèces menacées d'extinction: «une grande partie de la nature est déjà perdue et ce qui reste continue à décliner». C'est le constat alarmant dressé par des experts de l'ONU réunis à Paris.

Les hommes exploitent et polluent la nature plus que jamais dans l'histoire, notent ces scientifiques après une semaine de discussions, selon un projet de rapport de 1800 pages obtenu par l'AFP. Résultat, «aujourd'hui, 75% de l'environnement terrestre, 40% de l'environnement marin et 50% des cours d'eau présentent des signes importants de dégradation».

Plus de 40% des terres sont désormais agricoles ou urbaines et seulement 13% des océans et 23% des terres sont encore classés comme «sauvages», dans des endroits souvent très reculés ou improductifs. «Plus d'un tiers des terres et trois-quarts des ressources en eau sont utilisés pour la production agricole et l'élevage», poursuit le texte. Mais la dégradation des sols a réduit la productivité agricole sur plus de 20% de la surface terrestre, affectant plus de 3 milliards de personnes.

Des «morts en sursis»

De plus, l'agriculture continue de s'étendre, surtout «aux dépens de la forêt tropicale». Entre 1990 et 2015, la couverture forestière mondiale a baissé d'environ 6%, de 4,28 milliards d'hectares à 3,99 milliards. Avec près de 60% de la population mondiale vivant en ville, les zones urbanisées ont doublé depuis 1992, prenant principalement sur des savanes et des prairies.

La pollution est plus difficile à évaluer, mais l'utilisation des engrais a augmenté. Plus de 80% des eaux usées de la planète sont déversées dans l'environnement sans traitement et dans le même temps «300 à 400 millions de tonnes de métaux lourds, de solvants, de boues toxiques et autres déchets sont rejetés dans les eaux chaque année». Ainsi, «40% de la population du globe n'a pas accès à de l'eau propre et potable».

Les océans, où se déversent chaque année des millions de tonnes de plastique, ne se portent pas vraiment mieux. Les 70'000 navires de la flotte de pêche industrielle couvrent désormais «au moins 55%» des mers. Et «près de 75% des principaux stocks de poissons» sont aujourd'hui épuisés ou surexploités.

Environ 25% des quelque 100'000 espèces passées en revue par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour sa fameuse liste rouge sont classées en danger d'extinction, et 872 se sont éteintes depuis 500 ans. Extrapolant à partir de multiples évaluations d'espèces, il est «probable qu'au moins un million d'espèces d'animaux et de plantes (...) sont aujourd'hui menacées d'extinction», juge le projet de rapport.

(nxp/ats)