Union européenne

06 avril 2019 10:46; Act: 06.04.2019 10:47 Print

Des extrêmes droites en vogue mais divisées

Un peu partout en Europe, les droites extrêmes et populistes ont le vent en poupe, à un mois et demi des élections européennes.

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La Ligue de Matteo Salvini est donnée dans les sondages à plus de 30%, d'intention de vote aux prochaines élections européennes. (Photo d'archives) (Photo: AFP)

Une faute?

Poussées par des vents porteurs et des sondages flatteurs, les droites extrêmes et populistes européennes entrent en campagne, mais peinent à dépasser leurs divisions et les vicissitudes d'un Brexit chaotique.

La première salve sera tirée samedi: l'extrême droite allemande, Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui a fait une entrée tonitruante dans le paysage politique depuis 2015, se réunit samedi à Offenburg (Bade-Wurtemberg, sud) pour lancer sa campagne pour les élections européennes.

Elle espère confirmer sa percée, longtemps impensable, avec des sondages qui la placent à 10%, même si les intentions de vote sont en baisse depuis quelques mois. Dans les Länder d'ex-Allemagne de l'Est, elle espère attirer un électeur sur 4.

En dépit de scandales financiers qui l'éclaboussent, elle continue de surfer sur les inquiétudes générées par l'ouverture en 2015 des frontières par Angela Merkel à plus d'un million de demandeurs d'asile.

«Premier pas»

Deux jours plus tard à Milan, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, patron d'une Ligue donnée dans les sondages à plus de 30%, réunit des alliés européens pour tenter de poser les bases d'un grand groupe dans le futur Parlement européen afin de peser sur les choix de la Commission.

Car dans l'assemblée sortante, les souverainistes étaient divisés en trois entités (ENL, EFDD et CRE). La Ligue, membre du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), veut ainsi tendre la main notamment aux Vrais finlandais et au Parti populaire danois, membres du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE).

La tête de liste de l'AfD, Jörg Meuthen, sera aussi présent à Milan, mais pas Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national français, qui espère arriver en tête en France le 26 mai. Mme Le Pen et M. Salvini, qui se disputent le leadership sur l'extrême droite européenne, ont eu toutefois une «rencontre cordiale» vendredi, selon la Ligue et devraient participer à une «manifestation commune» en mai.

Malgré d'évidentes similitudes - euroscepticisme, islamophobie -, l'union de toutes ces forces ne va pas de soi. Comme le relève M. Meuthen, ces partis à travers l'Europe «ont des positions identiques ou similaires dans la politique migratoire, mais très différentes dans d'autres domaines».

Entre l'AfD, adepte de l'économie de marché, et la vision protectionniste du Rassemblement national, bien moins libéral que la Ligue ou le Fidesz hongrois, l'écart est grand. De même, la Ligue ou le PiS polonais mettent en avant les racines chrétiennes de l'Europe, quand le RN, au nom de la laïcité, n'en fait pas une priorité.

Même sur la politique migratoire, des divergences profondes existent entre la Ligue, favorable à une répartition des demandeurs d'asile à travers l'Europe, et le RN ou l'AfD qui s'y opposent. Du coup ces partis ont plutôt tendance à tenter de débaucher de nouveaux alliés pour renforcer leur propre groupe.

Les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) l'ont compris. Malgré ses multiples provocations, le Premier ministre hongrois Viktor Orban n'a pas été exclu mais suspendu pour éviter qu'il n'aille renforcer un groupe souverainiste.

Psychodrame

Si les lignes risquent de bouger au Parlement européen, le tsunami nationaliste longtemps redouté par nombre d'observateurs ne devrait pas avoir lieu.

Les résultats cumulés des souverainistes devraient représenter un cinquième de l'assemblée, peu ou prou la même proportion qu'actuellement, selon une projection réalisée à partir de sondages nationaux et présentée en février par le Parlement européen.

Le psychodrame du Brexit offre de surcroît un fâcheux exemple de sortie de l'UE. Echaudés, bien des souverainistes se gardent désormais de s'en réclamer, comme Marine Le Pen qui a renoncé au «Frexit».

Il faut toutefois se garder de conclusions hâtives, prévient Sven Hutten, politologue à l'Université libre de Berlin pour qui les appels à sortir de l'UE peuvent revenir. Car les turpitudes de Brexit peuvent aussi être utilisées pour «renforcer le sentiment d'une Union européenne qui ne respecte pas la volonté des Etats ni des électeurs».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Voilier le 06.04.2019 11:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Se remettre en question

    Avec la politique de nos dirigeants actuels c'est logique que les extrêmes montent... ce qui est grave c'est que nos dirigeants refusent de se remettre en question...

  • Amédée Prougnard le 06.04.2019 10:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les erreurs de la gauche se paient cash

    Le peuple revient à la raison.

  • Jacky le 06.04.2019 11:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Extrêmes

    Leçon pour nous ici. Pourquoi les extrêmes droites ( extrêmes gauches aussi!) sont en vogue? Au lieu seulement de passé notre temps à dénoncer, on ferait bien aussi de chercher où est le mal? essayer d'y répondre. Mais malheureusement les extrêmes sont les seuls forces politiques qui arrivent à toucher les citoyens dans leur quotidien. Bonne journée à tous

Les derniers commentaires

  • Tom Granger le 14.04.2019 12:08 Report dénoncer ce commentaire

    Veritas

    En vogue mais minoritaires. Et cela ne va pas s'arranger, les gens commencent à comprendre quels sont les réels problèmes et quelles sont les chimères...

  • Psy le 08.04.2019 22:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    division

    l'union UE le UK la france allemagne espagne l'Italie souffrent comme la plus part du monde occidental du fractionnement des opinions, ,me fait penser a l'histoire biblique , la tour de Babel , la confusion des langues.. chacun parle , donne son opinion personnelle ...personne comprends

  • Le Croisé le 07.04.2019 09:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vocabulaire impropre

    Arrêtons de parler d'extrême droite, celà n'a plus de sens puisque tout ce qui se situe à droite de l'extrême gauche est considéré comme tel par les medias. Arrêtons de parler d'islamophobie, terme impropre qu'il faudrait systématiquement remplcer par peur des islamistes et de leur désir violent d'islamisation de notre civilisation occidentale.

  • Jean Créttens le 06.04.2019 19:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bizzard

    Mr Macron a tout fait pour que l'extrême droite arrive en-tête aux prochaines législatives.

    • Mendrisiotto le 08.04.2019 22:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Créttens

      Pas seulement, les gauchistes avec leurs immigrations africaines,Raison pour laquelle l' extrême droite monte en flèche partout.D' ailleurs la Norvege, L Allemagne, la Finlande la pologne,et d'autres pays du nord qui s'associe avec Salvini, Même en Espagne qui veulent sortir le President gauchiste.Guerre je n'y crois pas mais faire sauter ce parlement européen tel qu'il est ,D'ailleurs il a expliqué ce qu'il voulait le peuple d' abord avant ce peuple d' immigres africains.A ce jours c'est le seul qui se bouge le cul face à ce déferlement .1,2 million et 1,5!en allemagne et italie.un peu trop

  • Klaus le 06.04.2019 17:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Personne d'autre

    J'ai beau chercher mais je ne vois personne d'autre que Marine, Matteo, Gert, Nigel , le Hongrois, ou ...Vlad qui pourrait sauver le peu de ce qu'il reste de la civilisation européenne. Tous les autres partis ne sont que des suppôts du socialisme qui ont créé misère, immigration incontrôlée, et insécurité ces 30 dernières années...les résultats sont accablants pour les gauchistes et parlent d'eux mêmes...

    • crocodile22 le 07.04.2019 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Klaus

      Moins de dogmatisme politique et plus de lucidité ! Pour éviter l'immigration, il convient d'accentuer l'aide au développement. Exemple: le Nigéria avait 170 mio d'habitants en 2013, 190 mio en 2017 et en aura 440 mio en 2050. Taux de fécondité : 5.8 enfants par femme. 9 naissances en 10 minutes à Lagos, capitale de 12 mio d'hab en 2013. C'est le 5ème pays le plus pauvre. Les belles théories ne résolvent rien. Beaucoup d'Européens ont d'ailleurs été des migrants (par exemple vers les USA). Les pays qui se développent maîtrisent mieux leur démographie.

    • Dundee le 08.04.2019 22:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @crocodile22

      les développes ont d'autres distractions et moyens anti conception ..le pauvres n'ont que le sex nature