Australie

07 janvier 2020 19:31; Act: 08.01.2020 09:50 Print

Des hélicos vont abattre 10'000 dromadaires

Une communauté aborigène d'Australie méridionale s'apprête à éliminer une dizaine de milliers de camélidés. En surnombre, ils boivent trop d'eau et font des misères aux autochtones.

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Des tireurs professionnels s'apprêtent à mener une mission hors normes, mercredi au-dessus de l'Australie méridionale. Postés dans des hélicoptères, ils seront en effet chargés d'abattre plus de 10'000 dromadaires pour les empêcher de boire trop d'eau, rapporte ABC. L'opération doit débuter ce mercredi, sur ordre des dirigeants de l'Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara (APY), une zone d'administration locale aborigène située à l'extrémité nord-ouest de la région.

Les autochtones se plaignent du fait que ces animaux s'invitent dans leur communauté et sèment la pagaille à la recherche d'eau, s'attaquant notamment aux robinets et aux réservoirs. «Nous sommes coincés dans des conditions extrêmement chaudes et inconfortables. Nous nous sentons mal, parce que les dromadaires débarquent et brisent les clôtures, ils entrent dans les maisons et essaient d'accéder à l'eau via les climatiseurs», témoigne Marita Baker, membre du conseil d'administration de l'APY.

«Les animaux morts contaminent d'importantes sources d'eau»

Ces animaux posent également un problème de gaz à effet de serre: leurs émissions de méthane équivalent à une tonne de dioxyde de carbone par an. Un porte-parole du Département de l'environnement et de l'eau d'Australie méridionale confirme que le nombre grandissant de dromadaires dans la région est une source d'inquiétude. «Ils causent des dommages importants à l'infrastructure, représentent un danger pour les familles et les communautés, mettent les pâturages sous pression. (...) Certains dromadaires meurent de soif ou se piétinent pour avoir accès à l'eau. Et dans certains cas, les animaux morts contaminent d'importantes sources d'eau et des sites culturels», explique le département.

La mission d'abattage devrait durer cinq jours, écrit news.com.au. Les carcasses des animaux seront laissées dans la nature le temps qu'elles sèchent, avant d'être brûlées ou enterrées. Sans cette opération, la population de dromadaires doublerait tous les huit à dix ans. Cette information est relayée alors que l'on apprenait il y a quelques jours qu'environ un demi-milliard d'animaux sauvages ont péri dans les incendies ravageant le pays. L'écologiste australien Chris Dickman explique toutefois au Huffington Post que cette estimation ne prend pas en compte les chauve-souris, les batraciens et les invertébrés. Si tel était le cas, le nombre d'animaux morts dépasserait allègrement la barre du milliard.

(joc)