Acte 18 des «gilets jaunes»

16 mars 2019 18:56; Act: 17.03.2019 07:08 Print

Une femme et son bébé sauvés des flammes

Le mouvement français de contestation a connu, samedi, de nouveaux débordements violents, surtout à Paris.

Sur ce sujet
Une faute?

Boutiques et restaurants pillés et incendiés sur les Champs-Elysées, affrontements avec les forces de l'ordre: pour son acte 18, la mobilisation des «gilets jaunes» a été marquée par un très fort regain de violences à Paris, où 237 personnes ont été interpellées.

Au total 32'300 personnes se sont mobilisées dans toute la France selon l'Intérieur, mais 230'766 selon le décompte des «gilets jaunes» posté sur Facebook. Beauvau avait dénombré 28'600 personnes la semaine précédente.

Quatre mois après le début du mouvement et au moment où s'achève le grand débat national, cette journée était présentée comme un «ultimatum» au président Macron, qui a annoncé dans la soirée écourter son séjour dans les Pyrénées où il était parti se «ressourcer» après sa tournée en Afrique. Il se rendra vers 22H30 à la cellule de crise au ministère de l'Intérieur à Beauvau.

Dans l'après-midi, c'est le Premier ministre Edouard Philippe, venu soutenir les forces de l'ordre, qui était monté au créneau, estimant les violences «inacceptables». «Ceux qui excusent ou qui encouragent» de tels actes s'en rendent «complices».

Auparavant le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait promis «la plus grande fermeté» contre les «professionnels de la casse et du désordre» ayant «infiltré les cortèges».

Le Fouquet's pillé et incendié

Paris était annoncé comme l'épicentre de la contestation et pendant plusieurs heures tout s'est déroulé sur les Champs-Elysées. Autour de la place de l'Etoile, vers laquelle 10'000 manifestants avaient convergé, la tension est rapidement montée à partir de 11 heures.

Des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche ou casque sur la tête, ont lancé pavés et pierres sur les forces de l'ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Sur les Champs-Elysées, des casseurs ont systématiquement détruit des vitrines et pillé de nombreux magasins.

Dans l'après-midi, ils ont mis le feu à plusieurs enseignes, notamment celle du restaurant Fouquet's, avant une intervention des forces de l'ordre qui a ramené un calme relatif. Mais d'autres commerces -- du modeste kiosque à journaux au maroquinier Longchamp -- ont subi le même sort.

Des scènes d'émeutes urbaines que l'on n'avait plus vues depuis les mobilisations de début décembre, dont les images avaient fait le tour du monde. «Alors Macron, elle s'essouffle la mobilisation?», lançait une manifestante au plus fort des pillages.

Quelque 237 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué vers 19H30 par le préfecture de police de Paris. Parmi elles, 144 se trouvaient en garde à vue à 21H00, a indiqué le parquet de Paris.

En début d'après-midi, un incendie s'était déclaré dans un immeuble près des Champs-Elysées, faisant onze blessés légers. Une femme et son bébé «coincés au deuxième étage», ont été sauvés de cet incendie, parti d'une banque au rez-de-chaussée, ont indiqué les pompiers à l'AFP.

D'après la préfecture de police, 17 membres des forces de l'ordre ont été blessés ainsi qu'un pompier et 42 manifestants. Un journaliste de l'AFP a pu voir l'un d'entre eux, victime selon les street medics d'un tir de flashball dans l'oeil.

«Faire le siège de l'Elysée»

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a condamné «avec la plus grande fermeté» ces «insupportables exactions», tandis que François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux Européennes, appelait à «mettre fin à l'impuissance de l'Etat».

La chef du Rassemblement national, Marine Le Pen a condamné «les Black Blocs» qui «détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité». Espérant un «regain de mobilisation», cette journée d'action avait été annoncée comme cruciale après plusieurs semaines en demi-teinte.

Eric Drouet, l'une des figures du mouvement, avait invité dans une vidéo les sympathisants à converger vers la capitale. Maxime Nicolle, une autre tête connue des «gilets jaunes», promettait une journée «mémorable», «un week-end parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation».

Sur les réseaux sociaux, un même objectif était affiché: «Faire le siège de l'Elysée». Si les Champs-Elysées étaient l'épicentre de la manifestation, un groupe de manifestants a remonté les grands boulevards vers la place de la République en fin d'après-midi, incendiant poubelles et scooters.

«Trop gentils jusqu'ici»

Un autre groupe s'est rendu dans le quartier des Halles, où le Forum (vaste centre commercial) a été fermé, et une voiture de police incendiée devant le commissariat. Quelque 5000 membres des forces de l'ordre et six blindés de la gendarmerie avaient été déployés dans la capitale.

«On a été trop gentils, c'est pour ça que c'est violent aujourd'hui», dénonçait Jean-François Bernard, un manifestant employé dans l'entretien d'espaces verts.

Parallèlement plusieurs dizaines de milliers de manifestants pour le climat ont défilé dans le calme à travers la France à l'appel de la «Marche du siècle». A Paris le député insoumis de la Somme François Ruffin a plaidé pour une «jonction» entre «gilets jaunes» et défenseurs de l'environnement.

Dans les régions, 2000 «gilets jaunes» ont manifesté à Montpellier, 800 à Marseille, et ils restaient mobilisés à Bordeaux. A Toulouse, autre place forte des «gilets jaunes», plusieurs milliers de personnes ont défilé avec des heurts sporadiques aux forces de l'ordre.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Kk le 16.03.2019 12:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Misère

    Ils vont arrêter quand ? Ça devient vraiment n importe quoi . Pauvre gaulois dans un pauvre pays

  • Yoyo le 16.03.2019 12:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Shopping

    Le 93 fait déjà ses emplettes de Pâques ?

  • Canaris le 16.03.2019 12:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    XX

    Une honte

Les derniers commentaires

  • Française Expatriée le 18.03.2019 08:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plus de mobilisation

    Il faut qu'ils continuent mais se ne sont pas les commerces qu'il faut casser mais les préfectures, les impôts, tout ce qui appartient à l'état. Les pauvres commerçants n'y sont pour rien dans tout ça. Ne lâchez pas maintenant, allez jusqu'au bout, le petit Macron va finir par céder. Les suisses prenez en de la graine. Arrêtez de dire oui à tout.

    • TuNeMeritesPasLaFrance le 18.03.2019 18:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Française Expatriée

      que ta voiture ou ton commerce brûle et tu changeras de ton! C'est une chance de payer des impôts ou de pouvoir être assisté en cas de besoin. N'en abuse pas

  • lol le 17.03.2019 20:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la facture

    Et qui est-ce qui va payer pour la casse ? (et se plaindre d'une hausse du coût de la vie) J'ai jamais rien eu contre la France, c'est un pays intéressant surtout historiquement mais il y a un moment où il faut savoir revendiquer de manière claire, précise et surtout pacifiste. Ou si vous voulez casser quelque chose, évitez de mettre les vies de vos concitoyens en danger ou de détruire la vie de quelqu'un qui n'a rien fait de mal ( je pense au propriétaire du kiosque à journaux qui aura une perte de gain enorme).

  • J.P.B le 17.03.2019 14:38 Report dénoncer ce commentaire

    Le savoir faire Francais

    Le savoir faire Français. Champion du monde

  • quinette le 17.03.2019 09:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ça c'est la realité

    j'ai discuté récemment avec un bi nationale qui est gérant d'une lunetterie en Suisse... il a honte d'être français car ils ne savent que ronchonner, jamais content, ils disposent de la gratuité sur pleins de choses, contrairement aux suisses qui doivent tout payer ... sa fille vit en France avec un gars qui a plus de 35 ans, qui n'a jamais bossé et qui s'en sort très bien avec les aides qu'il reçoit de l'etat !!!! ce gérant songe et va rendre son passeport français....

    • Willy le 17.03.2019 11:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @quinette

      Le gars rejete ses racines au premier soucis. Il y a 75 ans il aurait couru rejoindre les nazis.

    • Sébastien D. le 17.03.2019 16:29 Report dénoncer ce commentaire

      C'est inqualifiable @quinette...

      Ce père est trop laxiste avec sa fille... Car si j'avais été ce gérant de lunetterie et que ma fille voulait vivre avec ce fainéant qui n'en fout pas une et qui se royaume avec diverses aides sociales en vivant très bien, j'aurais refusé que ma fille aille vivre avec lui et j'aurais été dire les 4 vérités à ce petit profiteur.

  • Le peuple qui fait non le 17.03.2019 09:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Contestation et polémique

    Pour faire taire un Français, il suffit de lui dire qu'on est d'accord avec lui.